‹ Le Conventionnel Jeanbon Saint-André 1749-1813Chapitre 666 sur 889 · Prieur au Comité de Salut public, 19 prairial · texte numérisé non relu

Prieur au Comité de Salut public, 19 prairial

6. Prieur au commandant des armes à Lorient, 21 prairial (IVe Reg. de correspondance des Représentants). Le même jour, Prieur arrête l’envoi d’avisos à Villaret, « afin de le prévenir de l’apparition de l’escadre anglaise vers Ouessant » (11° Reg. d’arrêtés des Représentants).

Subitement, le 21 prairial au matin (9 juin), le hasard placa Montagu en présence de Villaret. Ce dernier en rentrant à Brest le rencontra sur sa route. Les dix-neuf vaisseaux qui restaient à la flotte française décidèrent Montagu à prendre la fuite. Villaret le poursuivit aussitôt. Jeanbon, Delmotte et Villaret passèrent sur la frégate la Proserpine.1ls avaient eu, on s’en souvient, l'intention au départ de Brest d'agir ainsi en cas de combat s'étant trouvés le 13 prairial, enveloppés dans la fumée et isolés de toute l’armée sur {a Montagne, ils jugeaient maintenant qu’en restant sur le vaisseau-amiral lors d’une nouvelle action il leur serait impossible « de saisir la position respective des deux armées pour prendre des déterminations promptes et utiles », et ils revenaient à leur idée première. La chasse, menée maladroitement par Villaret au dire de Gassin, dura jusque vers six heures du soir. Puis, Villaret y renonça. D’après Jeanbon, l’amiral craionit pour ses vaisseaux démâtés qu’il traînait à l’arrière-garde et sur lesquels l'ennemi aurait pu se porter, mouvement dont Gassin admet très bien la possibilité ; de plus, les vaisseaux français, embarrassés par leurs remorques, n’arrivaient pas à gagner l’ennemi de vitesse ‘ ; Troude dit que l’amiral français craiœnit, en continuant la poursuite, de perdre l'avantage du vent ; Rou-

vier pense qu’il eut peur de rejeter l'ennemi sur la route du convoi. :

D'ailleurs, comme Monlagu s’éleva dans l’ouest, ce qui l’éloignait du chemin de Van Stabel, Villaret et Jeanbon se rassurèrent.

Ils n'étaient cependant pas absolument tranquilles. Ayant reçu de Prieur l'avis que ?’Zndomptable était rentré à Brest, Jeanbon écrivit à son collègue de presser la réfection de ce vaisseau et du Nestor pour que, aussitôt arrivée, la tlotte pût se renforcer de tous les vaisseaux disponibles et « aller sur-le-champ débarrasser n0S côtes de cette incommode croisière ». Prieur, de son côté, rece-

vait le 21 prairial par le Papillon; la lettre de Jeanbon du 14 : -

conformément aux instructions qu’elle contenait relativement aux précautions à prendre contre la croisière anglaise d’Ouessant, il prescrivit à Doré de sortir à nouveau et de lâcher de rejoindre le convoi en se dérobant à la vue des Anglais. Mais Doré fut retenu à Bertheaume par les vents contraires, ce jour et le lendemain 22 ?. Prieur écrivit alors à Jeanbon : « Voici ce qui me paraît bon à faire : réunir les vaisseaux de la flotte en état de marcher à ceux de Doré, tomber sur la division anglaise qui est dans ces parages, la pulvé-

riser, retourner au devant du convoi, battre l’armée anglaise si elle.

1. Jeanbon au Comité de Salut public en post-seriptum à la lettre de Prieur au Comité de Salut public du 23 prairial (AFn 294).

8. Le commandant des armes à la commission de marine (l’ex-ministère), Brest 81 prairial, il expédie une corvette à Villaret pour le prévenir et demain lui en enverra une ou deux autres (BB? 51, fol. 172). Le même à la même, 22 prairial, constatant les vents contraires (BB3 51, fol. 176). Le 21, Prieur demande à Guezno et Topsent des renforts, il est très inquiet pour le convoi de la présence de la division ennemie « dont les projets sont infailliblement de l’intercepter ou de l’entamer » (IVe Reg. de correspondance des Représentants du peuple).

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