‹ Le Conventionnel Jeanbon Saint-André 1749-1813Chapitre 668 sur 889 · Prieur au Comité de Salut publie, 23 prairial (AF · texte numérisé non relu

Prieur au Comité de Salut publie, 23 prairial (AF

laret du 14, messagères de la défaite, il avait ajouté : « La fortune et les vents ont trahi le courage des républicains, mais leur courage leur reste, il saura toul réparer, et Carthage sera détruite ! »; après

un entretien avec Jeanbon, il envoya au Comité le témoignage de son

admiration pour la valeur de Villaret, Bouvet, Nielly et des équipages, et lui répéla les accusations de son collègue contre certains capitaines, contre Gassin notamment ?. Il dut, de son côté, apprendre à Villaret et Saint-André qu'aucun vaisseau de l’escadre n’était rentré dans nos ports à l’exceplion de /’Zndomptable, du Montagnard et du Révolutionnaire ; tous les bâtiments qui manquaient à la flotte étaient donc au nombre des vaisseaux abandonnés par Villaret sur le champ de bataille du 13, et l'espoir d’en revoir quelques-uns fut bien affaibli * Mais Prieur communiqua à l’amiral et à Jeanbon une nouvelle encore plus grave : le convoi n’était pas encore entré dans Brest. On avait donc autant de raisons que par le passé de craindre pour lui la croisière anglaise d'Ouessant et la flotte de Howe. La croisière avait été pourchassée le 21, néanmoins les Français ne pouvaient savoir qu’elle rentrait maintenant à Plymouth; Jeanbon et Villaret croyaient lord Howe retourné en Angleterre et un navire neutre rencontré par un aviso de Brest assurait l’avoir vu passer à Mi-Manche, trainant ses vaisseaux très délabrés, pourtant le fait n’était rien moins que certain. Alors les deux Représentants raisonnèrent avec Villaret de la façon suivante : ou bien Howe était resté à la mer, il allait ‘se renforcer de la croisière d'Ouessant et il se trouverait dès lors en

1. I] transmet au Comité les paquets apportés par le lieutenant Siméon, commandant le Papillon, et ajoute : « la fortune et les vents ont trahi le courage des républicains, mais leur courage leur reste, il saura tout réparer et Carthage sera détruite, nos braves marins se sont battus avec une valeur au-dessus de tout éloge, et la postérité n’apprendra pas sans une admiration mêlée de respect, que, plus de deux heures après la fin du combat, nos vaisseaux démâtés conservaient tous leurs pavillons et qu'aucun ne s'était rendu, puissent-ils avoir trouvé le moyen de rétablir leurs voiles et revenir, sous quelques jours, recevoir les marques de reconnaissance que la patrie doit à leur intrépidité ». Puis, s’occupant du convoi, il dit que sans doute l’armée anglaise affaiblie sera rentrée dans ses ports, mais celle qui rôde dans les environs de Brest l’inquiète, non pas pour notre escadre : l'anglaise n’est que de dix à douze vaisseaux et cinq frégates, mais pour le convoi; il va tâcher d'envoyer à celui-ci Doré qui se dérobera, si possible, à la vue de la division anglaise. Enfin, sous le titre de « vues ultérieures », il ajoute que l’escadre ayant encore dix à douze vaisseaux, avec la division Doré qui en a sept, Le Nestor, l’Indomptable et Le Brutus, te Marat qui arrivera de Rochefort et les Droits de l’Homme de Lorient, et les deux vaisseaux de Van Stabel, cela fera une force imposante sans compter les frégates et les vaisseaux désemparés qu’on réparera. Il ajoute en post-scriptum : « une lettre de Villaret à sa femme annonce que dix vaisseaux anglais ont démâté et que deux ont coulé bas en sa présence « (collection Maurice Loir). De Rochefort, 17 prairial, Topsent avait envoyé au Comité de Salut public Brillant, commandant l’aviso l'Éveillé, qui avait vu « notre armée navale aux prises avec celle du tyran anglais », sans doute le 10 prairial (AFn 300), et le 22, Topsent envoyait au Comité de “Salut public les paquets de Jeanbon, apportés par la frégate Vigilante (AF1r 294).

Page 1