‹ Le Conventionnel Jeanbon Saint-André 1749-1813Chapitre 674 sur 889 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

: Prieur de la Marne à Brest en prairial, exécution des vingt-six administrateurs fédéralistes du Finistère, mesures relatives à la marine. — Sentiments du Comité de Salut public à l’annonce des événements de la croisière. Arrêté de Jeanbon du 24 prairial sur les manœuvres à la mer, poursuites contre les capitaines inculpés de défaillances dans les trois combats, émoi de leurs collègues et des clubistes, intrigues à Brest contre Jeanbon. Reprise des travaux de la marine, la flotte immobilisée en rade par le Comité de Salut publie, rigueurs du tribunal révolutionnaire du 23 prairial au 6 messidor. Que tout ceci, joint à l’effet moral du 13 prairial, favorise les menées des clubistes contre Saint-André, il part pour Paris. État des départements bretons à la suite de sa mission. — Rapport de Jeanbon à la Convention sur la croisière, cabale à Brest contre lui, il est dénoncé à Robespierre et aux Jacobins; le Comité de Salut public renonce alors à le renvoyer à Brest et le désigne pour Toulon (17 messidor, 5 juillet). La légende du Vengeur exploitée par le Comité pour. réveiller l'enthousiasme en faveur de la marine, son retentissement. — Jeanbon passe par Montauban pour aller à Toulon. Organisation de la démocratie terroriste à Montauban, toute la population travaille pour l’État; incarcérations et excès individuels, rachetés par l’abnégation et le dévouement à la République de la classe populaire, Jeanbon adoré des Montalbanais. Son séjour à Montauban (25 au 29 messidor, 13-17 juillet).

Durant la croisière de l’escadre, Prieur de la Marne avait dans Brest suivi les mêmes errements que Jeanbon Saint-André, mais avec l’ostentation et les allures théâtrales qui lui étaient particulières. La tradition le représente s’'asseyant parfois près des mendiants pour converser avec eux, ou offrant Son bras à une porteuse de paniers pour l'emmener dîner à l'hôtel de la Représentation Nationale !. La fête de l’Être Suprême, le 20 prairial (8 juin), lui donna l’occasion de déployer son talent d’organisateur de fêtes civiques et de cortèges patriotiques : une pompe solennelle se déroula du cours d’Ajot à la place de la Liberté aux cris de : « Vive la Montagne, la Liberté, l’'Egalité! Périssent les tyrans! Mort aux Anglais ! » Prieur gravit le monument en forme de montagne qui occupait le centre de la place, et du sommet, encadré par la Liberté et l'Égalité que personnifiaient « deux grandes et belles femmes avec leurs attributs », il adressa un discours à la foule. On le vit honorer la vieillesse dans la personne d’un vieillard qu’il « couvrit de ses baisers », et donner l’accolade à un noir affranchi, à « l’un de ces hommes qui naquirent libres et qui cependant furent vendus comme de vils esclaves ». Deux baptêmes civiques furent célébrés,

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