‹ Le Conventionnel Jeanbon Saint-André 1749-1813Chapitre 678 sur 889 · EFFET DE LA CROISIÈRE SUR LE COMITÉ DE SALUT PUBLIC · texte numérisé non relu

EFFET DE LA CROISIÈRE SUR LE COMITÉ DE SALUT PUBLIC

fort judicieuses qu’il prit, de concert avéc le commandant des armes et Doré, pour seconder les opérations de Villaret et Saint-André. Le Comité de Salut public, de sôn côté, disposa tout pour assurer à l’armée navale un prompt ravitaillement lors de sa rentrée au port t.

Jeanbon était à Brest le 23 prairial. Mais il n’y rentrait pas en vainqueur. De ce fait, la situation allait y devenir difficile pour lui. Les embarras ne lui vinrent pas, à vrai dire, du Comité de Salut public. |

Précisément à ce moment, dans une discussion consécutive à la loi du 22 prairial, Barère disait de Jeanbon à la Convention : « C’est lui qui est à la tête de notre marine », et, d’après des articles de journaux anglais, il montrait Pitt dirigeant contre le délégué du Comité de Salut public à la marine ses poignards et ses calomnies ?. Le Co- mité connut le 28 prairial (16 juin) les événements du 13, et en

même temps la nouvelle de l’arrivée du convoi, probablement apportée par courrier extraordinaire. Barère en rendit compte de suite à la Convention. ,

Il établit d’abord que la sortie de la flotte avait eu pour but la protection du convoi : « Le salut de la patrie, l'entretien des armées de terre et de mer et la nourriture du peuple tenaient à l’arrivée de celte flotte nourricière, les coalitions de nos ennemis du dedans tenaient aussi à cet événement maritime ». Les Anglais voulant intercepter le convoi, la flotte française reçut la mission d’aller « s’interposer entre les bâtiments utiles de l'Amérique et les vaisseaux rapaces de l’Angleterre », mais avec l’ordre d’éviter tout engagement qui ne serait pas commandé par le salut du convoi. « Notre flotte, quoique inférieure de quatorze vaisseaux, quoique placée sous le vent de l’ennemi, n’a pu oublier qu’elle était française, et que, pour des républicains combattre des Anglais c’est doubler les moyens et centupler les courages.........…… Si plusieurs de nos vaisseaux ont été démâtés, un plus grand nombre de vaisseaux anglais ont subi le même sort, et trois vaisseaux anglais ont été coulés bas. Si sept de nos vaisseaux démâtlés ne sont pas rentrés, et s'il y a lieu de craindre que l'Anglais ne s’en soit emparé, du moins les pertes de sa marine seront senties à l’amirauté de Londres, et l’objet du Comité a été rempli. La floite nourricière est sauvée....… Citoyens, voilà le premier essai de la marine républicaine, * de la marine régénérée et dépouillée de ces traîtres nobles, de ces marins aristocrales qui n’ont laissé à notre marine l’année dernière que la honte et les dangers de l’inertie à Quiberon... Prépa-

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