et 23 prairial AFr1 295, AFu
2. Moniteur, t. XX, p. 719, 24 prairial. Nous n’avons pas retrouvé ces journaux.
rons, activons notre marine, réunissons toutes nos forces, et que.
l'Anglais soit le point de mire de tous les canons républicains. Les annales de Rome nous retracent trois guerres puniques, les annales de la République ne doivent en tracer qu’une, et sa durée doit être jusqu’à la destruction de la monarchie anglaise !. » Ce rapport de Barère contenait des inexactitudes de détail, maïs il était très habile. En faisant valoir que le but de la sortie avait été atteint il disait vrai, et il atténuait l'effet de la perte probable de sept vaisseaux. En déclarant que dans les idées du Comité la bataille du 13 n’était que le premier engagement d’une guerre qui devait être aussi terrible, aussi longue peut-être que les trois guerres par lesquelles Rome avait terrassé la Carthage antique, il disait également vrai, et du même coup il diminuait l'importance de cette bataille. L'argumentation de Barère réussit : la Convention salua son rapport des plus vifs applaudissements et en ordonna l'impression.
Mais la lettre que le Comité adressa le lendemain à Jeanbon par courrier extraordinaire, trahit ses secrètes pensées : « Tu peux, lui écrit-il, juger par nos longues sollicitudes sur l’arrivée de la flotte marchande venant de l'Amérique de la vive sensation qu’a produit, dans la Convention nationale, la bonne nouvelle que tu nous as donnée hier. L’esprit public y a gagné en confiance autant que la République en moyens d’approvisionnements. On a applaudi aux vues (ces deux mots sont biffés dans le texte du Comité), à l’intrépidité qui t'ont dirigé pour livrer un combat aussi décisif pour la sûreté du convoi. » Ici, Barère intercale, de sa main, quelques réflexions sur la supériorité qu’aurait eu l’escadre si elle avait possédé des fourneaux à réverbère, c’est-à-dire employé des boulets rouges. Puis la lettre reprend ainsi : « la fermeté de la vigoureuse défense du vaisseau /a Montagne, attaqué avec des forces aussi supérieures, a répondu à la dignité de la Représentation nationale, le résultat de cette action navale est très bon, puisque nous avons reçu le convoi de l'Amérique. Ilest très politique puisqu'il assure dans nos escadres
la haine des brigands de l'Angleterre. Il est surtout très avantageux.
pour la régénération de la marine française, puisqu'il t'a fait distinguer les bons marins de ceux qui sont inutiles ou dangereux à la République. L'assurance que tu nous donnes que dans peu de jours nos forces navales seront en état de reprendre la mer, et que les opérations du gouvernement ne seront ni dérangées, ni retardées,
nous était nécessaire; avec ton activilé et ton patriotisme nous -
sommes assurés que Ja marine sera bien purgée, que les travaux des ports seront accélérés, et que la République possédera bientôt une marine complète et formidable à lancer contre ces exécrables An-
glais. Aussitôt que tu auras des nouvelles des sept vaisseaux démâtés -
et qui n'ont pu rentrer avec les autres vaisseaux, fais-nous les connaitre : cette perte inquiète les citoyens et nous voudrions pouvoir les tranquilliser sur ce point auquel s’attachent les malveillants,