‹ Le Conventionnel Jeanbon Saint-André 1749-1813Chapitre 681 sur 889 · SES MESURES A LA SUITE DE LA CROISIÈRE · texte numérisé non relu

SES MESURES A LA SUITE DE LA CROISIÈRE

ligne se trouverait coupée sera puni de mort (art. VI). Lorsqu'un vaisseau sera forcé.de plier par le feu de l'ennemi, son matelot de l'arrière forcera de voiles pour prendre sa place; tous les vaisseaux forceront pareïllement jusqu'au serre-file, el si le vaisseau qui a plié n'est pas désemparé et hors de combat, il virera de bord et ira prendre rang dans la ligne de l’arrière- garde », Enfin, chaque capitaine de vaisseau établira à son bord pour ses officiers un cours d'instruction sur la théorie des mouvements de l’armée navale en les rassemblant tous les jours dans la chambre du conseil, et quand Ia flotte sera au mouillage, le commandant en chef et le major-général feront de même deux fois par décade à l’égard de tous les capitaines ‘. On se souvient que Jeanbon avait prescrit ces réunions d'ofliciers au début de sa mission à Brest.

Le Comité de Salut public fit sanctionner par une loi de la Convention le 1*# messidor (19 juin), la disposition de cet arrêté qui punit de mort le capitaine coupable d’avoir laissé couper la ligne ?, et cette loi est restée en vigueur dans la marine jusqu'au 10 février 1843. Le Comité rendit tous les autres articles de ce même arrêlé obligatoires pour toutes les escadres *, et le Comité qui succédera après le

9 thermidor au Comité montagnard, complétera ces dispositions par un arrêté du 27 fructidor (13 septembre) *. Le Bastard a critiqué violemment l’article de l’arrêté du 27 fructidor qui ordonnait à l'amiral, en cas de combat, de passer sur une frégate, mais nous avons dit quels précédents autorisaient ce procédé, et comment Jeanbon et Villaret avaient été amenés à l’adopter définitivement. D’autres que Jeanbon le conseillaient au Comité de Salut public Ÿ, Truguet, un homme de mer, s’y ralliera quand il sera ministre en l'an IV.

Mais il ne suffisait pas de prévenir les fautes et défaillances à venir, celles qui avaient signalé la croisière devaient être punies. Jeanbon, à terre comme sur la flotte, conservait à Villaret toute sa confiance, et l'amiral demeurait convaincu qu’il n'avait rien à se reprocher, que tous les malheurs de la campagne incombaient à certains de ses capitaines : «Jugez-les, jugez-moi, écrivait-il à Dalbarade le 1° messidor, j'attends l'issue de cette affaire avec la douleur qu’éprouvent tous les bons patriotes au plus léger échec; mais, fort de ma conscience, je l’attends avec une tranquillité et une sécurité imperturbables ©. » C'était le rôle du Représentant monté sur la flotte, comme de ses col- : lègues placés auprès des armées, de rechercher les officiers qui n'avaient pas rempli leur devoir. Jeanbon félicita donc Guezno et Topsent d’avoir fait arrêter à Rochefort « les lâches officiers du vaisseau

1. Recueil des arrétés pris par le républicain Jeunbon, He Reg. d’arrêtés des Représentants du peuple. -

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