BB3 59, fol
5. Le Représentant Desacy au Comité de Salut public, 17 messidor (BB3 59, fol. 57, AFru 299).
- 6. Lettre déjà citée, BB# 37, fol. 204.
le Révolutionnaire qui ont amené le pavillon national ». Le 24,
supposant que le Montagnard était arrivé à Rochefort, Jeanbon écrivit encoré à Guezno et Topsent que Bompard avait « lâchement quitté l’armée de la République », et il les invita à faire « arréter sur le champ et traduire ce capitaine, pieds et poings liés, au tribunal révolutionnaire séant à Brest ! ». Le 26, apprenant que /e Montagnard et la Seine s'étaient joints au convoi, le Représentant ordonna l’incarcération de Bompard et Cornic, et le 28 il nomma la commission dont nous avons parlé plus haut, et qui, répélons- -le, présentait toutes les garanties d'imparlialité, pour examiner l'état de la mâture du Montagnard ?.
L'état-major de Bompard adressa au Représentant une lettre :. chante et digne en faveur de son chef. Gantheaume fit de même :
rappelant à Jeanbon le brillant combat soutenu par Bompard aux
Etats-Unis contre une frégate anglaise, et la vigoureuse attaque du Montagnard sur l'avant-garde ennemie au matin du 10 prairial, il déclarait que c'était précisément cette offensive hardie qui avait fait désemparer le Montagnard par le feu de l'adversaire, et l'avait empêché de rejoindre l’armée : « le pauvre malheureux, écrivait Gantheaume à propos de Bompard, je l’ai vu en arrivant ici extraordinairement peiné de n'avoir pu combattre une seconde fois avec ses frères », et il terminait en demandant très noblement d'aller défendre Bompard au jour du jugement : « Supposé que tu ne reconnaisses pas par toi-même son innocence, et que tu ne prononces pas son élargissement. — Tu es un des braves marins qui ont bien rempli leurs devoirs, répondit Jeanbon à Gantheaume, il s’agit de savoir si Bompard n’a pas manqué aux siens. La République est juste, elle honore le courage et la subordination et punit la désobéissance. » Quant à Bompard lui-même, il écrivit à Saint- André : « L'affaire du 10 est cause que je suis incarcéré. L'affaire du 10 prairial est celle où j'ai acquis le plus de gloire, et pour te le prouver je ne te ferai point part de ma conduite. Consulte les journaux et tables de loch du vaisseau le Montagnard, ainsi que ceux des vaisseaux le Jemappes, la Convention, le Républicain qui m'ont laissé comme des Jeanfoutre essuyer le feu de quatre vaisseaux ; tu es dans l'erreur, citoyen Représentant du peuple, à mon sujet, ou tu es l’ennemi juré de la République. Si tu es dans l'erreur, je m'empresse à l’en tirer, mais situ es un tyran je me plais à te braver; tout autre que moi choisirait cette occasion pour faire valoir ses
actions héroïques, moi je me tais et me borne à te dire que je saurai
mourir tout aussi bien que j'ai su vivre. Ton égal en droit ÿ. » A cette fière déclaration Jeanbon ne fit pas de réponse, mais tout ceci prouve l’émoi que soulevaient dans les étals-majors les pre-
1. 24 et 30 prairial IVe Reg. de correspondance des Représentants (Arch. commun. Brest). | 2. Ile Reg. d’arrêtés des Représentants du peuple; BB“ 38, fol. 235.
3. BB*38, fol. 230; IVe Reg. de correspondance des Représentants. BB? 38, fol. 209,
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