‹ Le Conventionnel Jeanbon Saint-André 1749-1813Chapitre 691 sur 889 · Aulard, Jacobins, t. VI, p · texte numérisé non relu

Aulard, Jacobins, t. VI, p

3. Moniteur, t. XXI, p. 117, AF1r 81. Noter que dans cette séance du 14 messidor se présente une députation des sans-culottes marins de Brest, chargés par Prieur d'offrir à l’Assemblée un pavillon pris sur un navire anglais et 400 barils de beurre (Procés-verbal, t. XL, p. 346); à ce moment, c’est Elie Lacoste qui est au fauteuil

(Moniteur, t, XXI, p. 124).

Le 16 (4 juillet), Jeanbon fit à l’Assemblée son rapport sur la campagne navale. Dans les premiers moments, dit-il, on n'avait pu donner à la Convention qu'une idée générale de l’expédition; maïs lui, placé sur la flotte pour tout observer et rendre compte de tout à la Repré-

sentation nationale, il allait suppléer à l'insuffisance des premières relations « avec la simplicité et l'exactitude qui sont les caractères

essentiels de la vérité ». Son exposé est effectivement très simple, il n’a rien des brillantes carmagnoles de Barère, c'est le récit des événements dans leur ordre de succession, à peine relevé de loin en loin d’une parole énergique comme celle-ci : « Dans tous les grades, j'ai vu se montrer cet héroïsme qui n'appartient qu'aux âmes fortes nées pour la liberté. »

Est-il aussi exact que simple? On a prétendu que Jeanbon aurait soigneusement déguisé à la Convention la réalité des faits. Mais sa version du 16 messidor expose l’ensemble des faits comme son Journal et son rapport du 14 prairial, et elle n’en diffère que sur des points de détail. Ces variantes même ne doivent pas surprendre, Jeanbon a complété ou rectifié ses notions sur les événements d’après les derniers renseignements qui lui étaient parvenus. Ces renseignements : eux-mêmes étaient incomplets, car si le Représentant avait connu tous les incidents de la croisière, on trouverait dans son rapport du 16 messidor le récit de la perte du Vengeur. Jeanbon a exposé les faits le 16 messidor, tels qu’il les voyait à ce jour. Toutes les assertions importantes du récit qu’il fit le 16 messidor figurent dans le chapitre précédent, toutes, nous l’avons vu, peuvent s'expliquer, beaucoup se retrouvent dans le récit d’autres témoins, aucune n’altère sensiblement l’ensemble des événements. Enfin, Jeanbon ne dissimule point qu'il a été battu, il caractérise la rencontre du 18 prairial des mots de « revers militaire ». Il serait plus juste de lui reprocher d’avoir mis en lumière ce qui pouvait atténuer l'impression de la défaite, et ce qui pouvait donner à penser que Villaret et lui avaient tout fait pour le mieux : il insiste sur la marche de la flotte dans le nord-ouest du 11 au 13 prairial, sur ce fait que l'amiral et lui acceptèrent la bataille pour sauver le convoi. Toujours dans ce but, il caractérise ainsi l'attitude des deux armées après le combat : « l'amiral Howe a dit à sa cour qu’il avait fait fuir l'amiral français. Il aurait dû dire que cet amiral avait rallié son avant-garde et viré de bord pour courir sur les vaisseaux maltraités, que ne pouvant pas gagner. dans le vent il a mis en panne et y a demeuré au moins pendant cinq heures, et qu’il a envoyé toutes ses frégales et ses corvetles pour donner des remorques, sans que ces petits bâtiments aient été inquiétés..…. Immobiles pendant toute cette opération, nous avions l’armée anglaise au vent à nous; nous ne pouvions pas aller vers elle, mais elle pouvait venir sur nous, pourquoi ne l’a-t-elle pas fait? La vérité est que l'ennemi était plus maliraité que nous, et il est bien forcé d’avouer qu'il était hors d’état de tenir la mer. Quand il le nierait, les faits parlent. Il avait un convoi à intercepter, ce convoi était attendu à Londres... Si la flotte anglaise n’a pas reçu de

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