‹ Le Conventionnel Jeanbon Saint-André 1749-1813Chapitre 692 sur 889 · SON RAPPORT À LA CONVENTION SUR LA CROISIÈRE · texte numérisé non relu

SON RAPPORT À LA CONVENTION SUR LA CROISIÈRE

grands dommages, pourquoi le convoi n’est-il pas à Londres? » Cette appréciation est d’ailleurs très juste. Jeanbon rappelle aussi la fuite de Montagu devant lui, et il conclut en ces termes : « Peut-être, comme moi, verrez-vous dans un revers militaire une grande victoire politique, car l’objet des deux armées était le convoi, et celle qui l’a garanti de la dent rapace du léopard anglais vous jugerez aussi que c’est celle qui a le mieux rempli les vues de son gouvernement, La marine de la République, encore à son berceau, a fait des prodiges de valeur. A es son éducation, favorisez son instruclion par tous les moyens. F

On voit que ce ot reudu est modéré de ton, qu’il est sincère, qu’il est en somme véridique. La Convention l’applaudit à plusieurs reprises, et sur la demande de Bréard, l’ancien collaborateur de Jeanbon à Brest, elle vota l'impression du rapport ainsi que du Journal de la croisière et leur envoi aux armées de la République ft, Mais, par un malencontreux hasard, immédiatement après, l'Assemblée reçut la nouvelle dela prise de Tournay et d'Ostende par l’armée du Nord, succès bien moins discutables, succès qui rouvrant la Belgique à nos armées étaient beaucoup plus riches d’espérances que la bataille navale du 13 prairial. Ils durent effacer de l'esprit des conventionnels l'effet du rapport de Jeanbon, et cependant il était bien nécessaire que la Convention, trop longtemps indifférente au développement de notre puissance maritime, gardât une impression profonde de la première campagne navale tentée par la marine révolutionnaire ?.

Jeanbon néanmoins devait être satisfait. À la Convention comme aux Jacobins nul ne songeait à récriminer sur la perte des sept vaisseaux abandonnés. Dalbarade écrivit d'autre part à Villaret le 14 messidor une lettre qui reflète évidemment les dispositions du Comité de Salut public : « conserve ton courage, la partie n’est que remise. Anime-toi de cet amour sacré de la liberté et du feu sacré que l'Être suprême inspire pour sa patrie. Que tes compagnons se pénètrent également de toutes les étincelles de ce sentiment, alors la flotte républicaine brisera tous les obstacles qu’elle pourra rencontrer, et fera route vent arrière à la victoire et à la liberté des mers. » Il lui recommandait d’extirper « le sot orgueil de la marine de France, ce vice de l’ancien régime » qui tendait « à s’incruster dans le nouveau », il lui donnait pleins pouvoirs pour rechercher de bons officiers et remplacer «les braves qui onl été tués, et ceux qui doivent l’être pour leur inertie * ». Peut-être Saint-André craignait-il un accueil moins favorable à son arrivée à Paris : on observera que durant trois jours après son arrivée il n’a signé au Comité de Salut

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