BB* 37, fol
public aucun arrêté, n’a point pris la parole à la Convention, et qu’il a attendu cinq jours pour faire à l Assemblée son PADDREL sur la campagne navale.
Cependant l'orage grandissait à Brest contre lui. Il n’entrait plus de prises dans la rade, car les bâtiments légers de l’escadre retardés par: l'épidémie qui décimait leurs équipages n'étaient point encore partis pour leurs nouveaux postes de croisières ?. L'armée navale demeurait à l’ancre, et le Comité de Salut public le 8 messidor lui intimait derechef l’immobilité, sans doute dans l'éventualité d’une attaque imminente sur le territoire anglais ÿ. Cette nullité apparente de nos forces navales ne pouvait qu'augmenter le mécontentement et accréditer dans l'esprit de la population de Brest l’idée d’une irréparable défaite. Enfin, le départ du Représentant permettait aux langues de gloser tout à l'aise, malgré la présence du tribunal révolutionnaire, de Dubois-Crancé et de Prieur de la Marne.
Ce dernier, chose curieuse, n’avertit point Saint-André de ce qui se passait; peut-être montrait- il la même condescendance pour les démagogues brestois que naguère pour les clubistes de Lorient ‘. Mais le 12 messidor (30 juin), Villaret écrivit à Jeanbon : « Quelques imbéciles de l’armée frondent (dit-on) ton Journal, tes opinions, ma conduite, celle de Bouvet, celle de Nielly, et grande cabale connue sous le nom de cabale des partisans des patriotes, journellement à bord depuis 7 heures du matin jusqu’à 7 heures du soir que je me rends auprès de Prieur pour lui rendre compte des opérations de la rade; fort de ma conscience, je méprise si fort toutes ces menées que je n’ai pas encore daigné m'occuper un seul instant d’éclaircir les inculpations qu’ils peuvent alléguer; quant à toi, ou pour mieux dire quant aux dénonciations qu’ils méditent contre toi, j'espère qu’elles serviront à faire connaître l'esprit de ces pygmées. » Cette lettre qui, comme nous l'avons dit, rend l'arrêté du 30 prairial inexplicable, était inquiétante pour Jeanbon en dépit de l'assurance qu’affectail Villaret. De plus, elle se terminait ainsi : « Les Représentants Prieur et Crancé, ainsi que la femme de ce dernier ont dîné aujourd’hui à bord de {a Montagne avec le tribunal révolutionnaire et le bon
. 1. Remarquer aussi que Jeanbon ne signe aucun arrêté au Comité de Salut public le 15, le 16, le 17, le 18 messidor, il en signe un le 19 messidor (F7 4437), puis on ne trouve plus trace de lui dans le recueil des arrêtés du Comité; le 19 et le 21 il fait à la Convention deux rapports au nom du Comité, mais deux rapports peu importants. 2. Villaret à Jeanbon, 12 messidor (BB*# 37, fol. 211), Prieur à Jeanbon, 14 messidor (1Ve Reg. de correspondance des Représentants du peuple).
3. Prieur à Pinet, Cavaignac et Garrau, 14 messidor : il a reçu « un courrier du Comité de Salut public qui m’a apporté un arrêté du 8 portant que l’armée navale de la République qui est dans le port de Brest ne pourrait mettre à la voile que d’après un ordre exprès du Comité, n’exceptant de cette mesure que les bâtiments qui auraient eu ou qui auraient des ordres pour se rendre à des destinations particulières ou des croisières » (IVe Reg. de correspondance des Représentants du peuple. Arch. commun. Brest). Songer que c’est le 11 messidor que le général Moulin accuse réception de l’ordre de fournir 20,000 hommes pour l'expédition de Saint-Malo.
4. Prieur à Jeanbon, 14 messidor : « Il n’y. a rien ici de nouveau depuis ton départ, cher collègue. »