Arch. commun. Toulon, série D
2. BB? 16, fol. 4. 11 restait 28 bâtiments de toute catégorie, dont plusieurs inachevés ; parmi ceux-ci Le Sans-Culotte de 120 canons ; on retrouva aussi quantité de matériel plus ou moins détérioré.
3. Ingénieur en chef de la marine, service des ouvrages des ports et arsenaux, en 1790 (État de la marine de 1790). Sur lui, voy. BB: 51, fol. 362.
4. Voy. sur lui rapport de Le Roi du 8 fructidor an HI, BB5 840.. FRE
5.13, 18 et 22 nivôse : Jeanbon envoie les lieutenants La Palisse, Khrom; Etienne Louit, pour servir comme capitaines, les enseignes Foucaud, Girardin, Gachinard, Bouraud, Lunel Duminy, Cambon pour servir comme lieutenants avec Bouscar et Bachelot déjà lieutenants (Dxv1 n° 1. Arch. nat.). Sur Martin, voy. ch. xu1, pp. 531-532.
maisons d’émigrés, on réunit quelques ressources ; on fit état ‘aussi de toutes les menués épaves qu'on put repécher dans la rade : mâtures, embarcations, câbles et ancres; on épura les brais et goudrons détériorés par l'incendie 1: on établit à Arles un service de transbordement des bois, charbons, chanvres et fers expédiés de l’intérieur sur Toulon par le Rhône. Les ouvriers affluèrent. Le Comité de Salut public avait borné les démolitions prescrites par le décret du 14 nivôse à la destruction des demeures des individus ayant fait partie du Comité des Sections ?. En dehors de Toulon, Carnot s’efforça de développer le port de Bouc avec l’aide de l'ingénieur Groignard etdu capitaine de vaisseau Castagnier *. Les conventionnels Saliceti, Moltedo stimulaient les travailleurs. Tous deux étaient Représentants de la Corse à la Convention, ils savaient Saint-Florent, Bastia, Calvi, les dernières places des Français dans l’île, cernés par les Paolistes et . les Anglais, etils auraient voulu aller les délivrer le plus tôt possible *.
En pluviôse, le retour de Jeanbon au Comité de Salut public détermina une recrudescence d’activilé au Port la Montagne.
: «Se rendre maître de la Méditerranée » était l'idée fixe du Comité *. Tandis que le Représentant Maignet, chargé d’organiser le gouvernement révolutionnaire dans le Var et les Bouches- du-Rhône, tout en faisant LAPDBIES Barras et Fréron fort suspects de concussions o
1. BB2 16 fol. 76, Brun, Guerres maritimes de la France, port de Toulon, (LE ES pp. 254-256. Voy. Cottin, Toulon et les or en 1793, p. 348 sur les ressources laissées par les Anglais.
2. Brun, t. II, pp. 247-248, Lauvergne, Histoire de lu Révolution française Adi le Var, p. 592.
3. Aulard, Actes du Comité de Salut public, t. IX, p. 512. Sur For auteur des formes de radoub à Toulon, ingénieur général de la marine, directeur des constructions avec rang de capitaine de vaisseau en 1790, voy. Henry, Le Guide Toulonnais, p. 130. Toulon, 1851, in-80..
4. Voy. Jollivet, La Révolution française en Corse. Paris. 1892, 1 vol. grand in-&, Saliceti au Comité de Salut public, de Toulon, 3 pluviôse (Aulard, Actes du Comité de Salut public, t. X, p. 393). Saliceti, destiné à une mission en Corse, avait été arrêté en route et attaché à l’armée devant Toulon dans les premiers jours de septembre; le 4 nivôse Moltedo avait été envoyé à Toulon pour expédier des secours en Corse (Aulard, t. IX, P- 624). L’impossibilité de réaliser ce projet (voy. p. 918) le maintint à Toulon jusqu’en prairial (AF11 144). Saliceti (Christophe) né à Bastia en 1757, avocat au Conseil supérieur de ta Corse, député du Tiers- État de Corse aux États- Généraux, procureur général syndic de la Corse, député de la Corse à la Convention et aux Cinq- Cents, ministre de la police générale du royaume dé Naples en 1806 sous Joseph, mort en 1809 (Aulard, t. IL, p. 25). Moltedo (Jean-André-Antoine), né à Vico en 1751, grand vicaire de l’évêque constitutionnel de la Corse, membre de l’administration départementale, député de la Corse à la Convention puis aux Cinq-Cents, consul à Smyrne de 1797 à 1:98, directeur des droits réunis dans les Alpes-Maritimes en 1802, conseiller à la cour d’Ajaccio de 1805 à 1814, mort à Vico en 1829 (Aulard,t. IX, p. 264 note 4). Saliceti avait promis formellement à Lacombe Saint-Michel assiégé dans Bastia de le secourir un mois après la reprise de Toulon (Lacombe à la Convention, 23 germinal, Aulard, t. XII, p. 548).
5. Ces mots sur -une note sans date, de l'écriture de Barère (collection Maurice Loir). « Quand le Comité de Salut publie m'a envoyé ici, il m'a dit : «11 faut que la République devienne maîtresse de la Méditerranée » (Jeanbon à Barère, de Toulon, 7 thermidor. Archives de la Guerre : armée d'Italie).
6. Maignet en est chargé le 9 nivôse (Aulard, Actes du Comité de Salut public
continuait l’œuvre d’exlermination qu’ils avaient entreprise, les marins et ouvriers étrangers arrivaient en tel nombre que l’on pouvait à peine les loger ‘. Martin fut nommé par la Convention le 3 pluviôse (22 janvier), commandant en chef des forces navales de la Méditerranée, à la suite d’un rapport de Barère qui exaltait en lui le démocrate ayant débuté comme malelot et pilote, puis ayant conquis successivement tous les grades par dix-neuf ans dé navigation sur les vaisseaux de l'État ?. Le 28 pluviôse (16 février), Jeanbon prit un arrêté pour réaliser une idée qu'il avait déjà proposée de Bresil au ministre : « faire retirer de la mer les coques des vaisseaux brûlés par Sydney Smith, et les employer, soit en rétablissant par des allonges leur batterie basse pour faire des frégates portant du 36, soit de toute autre manière ». Le 29, le Comité mettait à la retraite le capitaine Castellan qui, incarcéré par les royalistes toulonnais lors de la révolte, avait été nommé à ce titre commandant des armes après la reprise de la ville, mais était notoirement insuffisant *. Jeanbon le remplaca par le vice-amiral Thévenard, le vieil officier expérimenté et dévoué qu’il avait soustrait à l’échafaud à Brest, qu’il n'avait pu maintenir dans le premier port de l'Océan, mais auquel il conservait toute sa confiance. L'arrêté qui nomma Thévenard ajoutait : « comme les circonstances où se trouve actuellement ce port exigent de grands travaux de mécanique et autres non moins intéressants, soit pour relever les vaisseaux brûlés, soit pour rétablir les établissements maritimes de toute espèce, le citoyen Thévenard sera spécialement chargé de la direction et de l'inspection de tous ces objets, et en attendant qu'ils soient remplis, le ministre de la marine est autorisé à nommer un officier qui fera provisoirement les fonctions relatives au mouvement des
t. IX, p. 747). Barras et Fréron avaient été adjoints le 23 octobre à Gasparin et Saliceti près l’armée devant Toulon: sur leurs exactions, voy. Hamel : Robespierre, : t. LI, p. 402 et les Mémoires de Barras, t. 1, p. 147, Paris, 1897, 4 vol. in-8; ils sont rappelés le 4 pluviôse (Aulard, t. X, p. 400). Maignet Etienne- Christophe, né à Ambert (Puy- -de-Dôme), en 1758, avocat, administrateur du Puy-de-Dôme, député de ce département à la Législative et à la Convention, rentré dans la vie privée, proscrit en 1816, mort à Ambert le 15 octobre 1834 (Aulard, t. IIT, p. 539); Barras (Paul-François-Jean-Nicolas, vicomte de), né à Fox-Amphoux (Var), le 20 juin 1755, capitaine au régiment de Pondichéry, un des vainqueurs de la Bastille, haut juré à la Haute-Cour d'Orléans, membre de l’administration du Var et député du Var à la Convention, membre du Directoire, persécuté sous l’Empire, mort à Chaillot le 29 janvier 1829 (Aulard, t. LI, p. 214); Fréron (Louis-Marie-Stanislas), né à Paris en 1754, fondateur en 1789 de l Orateur du Peuple, prit part au 10 août, député du département de Paris à la Convention, élu aux Cinq Cents par la Guyane et invalidé, employé dans: l'administration des hospices par Bonaparte, amant de Pauline Bonaparte, sous-préfet à Saint-Domingue, y mourut en 1802 (Dictionnaire des Parlementaires).
1. AFu 144, arrêté des Représentants du 10 pluviôse (Arch. commun., Toulon). 2. Décret du 3 pluviôse (Procès-verbal, t. XXX, p. 82). Voy. ch. xvI, p. 666.
8. Sans date, de l'écriture de Barère, collection Maurice Loir. Cf. Jeanbon, Tréhouart, Laignelot à Dalbarade, 21 nivôse (BB: 61, fol. 30), et Saliceti au Comité de Salut public, 9 pluviôse, de Port la Montagne « Nous n'avons pas ici un homme de tête dans la marine. Pressez le ministre de nous en envoyer ». (Aulard, Actes du Comité de Salut public, t. X., p. 504.) Voy. ch. xvi, p. 699.
ports et autres appartenant ordinairement.au commandant des armes sous sa responsabilité ! ». L’officier à qui Dalbarade confia les mouvements du port sous la direction de Thévenard fut le contreamiral Tréhouart. L’ingénieur Touffaire fut adjoint à Thévenard pour les grands travaux dont le vice-amiral était spécialement chargé, Abauzir garda les constructions navales avec le titre de chef des travaux ?. à : :
« Les officiers venus avec moi de Brest ou de Rochefort, écrivait Martin au ministre, ont été répartis dans tous les ateliers pour y propager l'esprit public, la saine morale . .. en préchant souvent l'amour du travail et de la patrie ». L’amiral demandait que l’on employât le moins possible au Port la Montagne « les officiers de ce département qui peuvent prendre du service dans nos ports septentrionaux »; on le lui avait fait espérer à son départ de Brest, disait-il; et « il est d’une nécessité indispensable, déclarait-il en conclusion, que la masse des ouvriers et autres employés soit prise dans les marins el ouvriers des ports de Brest, Rochefort, Lorient ; les administrateurs doivent suivre la même marche si tu veux éloigner de ce port les intrigants et les commérages ......;jai remarqué beaucoup d’insouciance dans les travaux de la part des citoyens (ou qui se disaient tels) du Port de la Montagne ». En conséquence, il désignait pour les faire envoyer à Toulon auprès de lui des ofliciers des côtes de l'Océan qu’il connaissait personnellement. On doit reconnaître qu’il voyait juste : « les gens de ce pays-ci. ....... . veulent toujours être dans leurs foyers et non à leur devoir....... , les marins ne désirent que d’aller à terre, manger, boire et être payés », disait un officier. L’amiral réclamait enfin des journaux qui répandraient dans les ateliers et sur l’escadre les principes révolutionpaires *. ;
Pour nourrir la population qui s’entassait au Port la Montagne et l’armée d'Italie, le Comité de Salut public combinait des achats de blés en Barbarie et dans le Levant par l'intermédiaire de la Compa-
1. 29 pluviôse (Aulard, Actes du Comité de Salut public, t. XI, p. 212).
2. Tréhouart de Beaulieu François Florian (sans doute parent du Représentant), né le 31 décembre 1757 à Saint-Malo, oflieier du commerce, enseigne pour la campagne sur le vaisseau le Sévère dans l’Inde, 2 janvier 1779, puis sur le vaisseau Le
: Sphinx jusqu’au 29 avril 1784 dans l’escadre de Suffren, assiste ainsi aux combats de 1782 et est blessé au genou à la prise de Trinquemale, capitaine de brulôt en pied le 15 juillet 1784, lieutenant de vaisseau le 12° maï1786, en campagne à l’île de France de 1788 à 1789, et sur la frégate l’Inconstante à Saint-Domingue de 1791 au 16 avril 1793, capitaine de vaisseau le 1tr janvier 1793, commande la frégate La Surveillante escortant un convoi venu de Saint-Domingue du 28 avril 1793 au 12 novembre, commandant des armes à Toulon du 3 mars 1794 au 5 juillet 1795 (13 ventôse an Il, 17 prairial an II1), non compris dans l’organisation définitive du 22 septembre 1796, admis à une pension de retraite de 2,000 livres en raison d’infirmités contractées au service le 14 mars 1801, mort à Saint-Servan le 14 février 1828 (Arch. Marine). Sur Touffaire, voyez rapport de Le Roi du 8 fructidor an 1II (BB* 840). Touffaire est ingénieur en chef de la marine, service des ouvrages des ports et constructions. en 1790 (Etat de la marine).
3. Martin à Dalbarade, 25 pluviôse (BB# 42, fol. 40); le lieutenant Le Ducy commandant la Junon à Marseille au même (BB 22, fol. 251).
gnie d’ Afrique, et il négociait avec l'Ordre de Malte ‘. On se procurait les matériaux, même ceux des pays du Nord, par des bâtiments neutres qui, à la faveur d’expéditions feintes pour Livourne, s’'approchaient de nos côtes et se laissaient emmener à Toulon par nos frégates ?. Déjà les opérations maritimes reprenaient. Jeanbon prescrivit la concentration dans Toulon des bâtiments mouillés à Marseille et Villefranche. Le 27 pluviôse (15 février), par un arrêté déjà cité il ordonna une prochaine sortie des premiers bâtiments réparés et armés, soit 5 vaisseaux, 4 frégates et 4 corvettes, pour favoriser l'apport des subsistances de Gênes %. Il recommandait d’ailleurs à Martin placé à la tête de cette division d’agir avec une extrême prudence, et de se dérober à tout engagement avec l’escadre anglaise, il ne visait qu’à infliger une leçon aux corsaires d’Oneille et à chasser la division anglaise mouillée aux îles d'Hyères #. Avant que ces forces fussent prêtes à appareiller, Saliceti reçut du Comité de Salut public l’ordre de prendre Oneille par terre avec l’armée d'Italie, et l’entreprise fut exécutée sans peine *. La victoire du commandant en chef de l’armée d'Italie, Dumerbion, à Saorgio le 29 avril (10 floréal) sur les Austro-Sardes, éloigna d'autre part momentanément le danger
ps
d’une attaque de Toulon à revers. Le retour heureux du capitaine Vence, de Tunis à Marseille et Toulon, avec un convoi de vivres et le vaisseau le Duquesne, donna pour un temps des subsistances f.
1. C’est la Compagnie d’Afrique ou du Bastion de France constituée à Marseille en 1560, affermie par une convention de 1694, ayant dans la Régence d’Alger le privilège de la pêche du corail, et celui de l’exportation en France des cires, laines, cuirs, blés, de l’importation dans la Régence des produits français. Sur les achats du Comité de Salut public, voy. arrêté du 20 pluviôse (Aulard, Actes du Comilé de Salut public, t. IX, p. 24, t. X, p. 771 et AF1r 30). Sur les achats par l'intermédiaire de l’Ordre de Malte, voy. Aulard, t. XI, p. 386, arrêté du 7? ventôse, conforme à une offre du même jour faite au Comité de Salut public par un Français grand-croix de Malte (celle-ci dans la collection Maurice Loir), et Manuscripts of J. B. Fortescue, t. IT, p. 573 où ces négociations sont mentionnées, bien que de façon peu exacte. Autre arrêté du 14 ventôse sur les mêmes (Aulard, t. XI, p. 527). Jeanbon fera plus loin allusion aux offres de l'Ordre de Malte.
2. Brun, t. IL, p. 265. Arrêté du Comité de Salut public du 25 pluviôse pour lexploitation des bois de mâture en Corse (Aulard, t. XI, p. 111). Autre du 7 pluviôse pour fortifier Toulon (Jbid., t. X, p. 457).
3. Arrêtés du 29 et du 27 pluviôse (Aulard, Actes du Comité de Salut public, t. XI, pp. 214 et 158). Voy. ch. xvi, p. 699.
4. Ceci ressort de l'arrêté du 27 : « favoriser l’arrivage des subsistances venant de Gênes », et d’un arrêté du 10 (Aulard, t. X, p. 506) prescrivant au ministre de faire chasser la division anglaise mouillée aux îles d'Hyères et dont une partie croise entre la Corse et le continent. Or, c’est cette division anglaise et les corsaires d'Oneille qui arrêtent les subsistances venant de Gênes.
5. Aulard, Actes du Comité de Salut public, t. XI, p. 604. Compte rendu de Saliceti à la Convention. Biblioth. nat., Le?9, n° 239. Voy. aussi Aulard, t. XII, pp. 167, 434, 480.
6. Voy. Maurice Loir : Jean-Gaspard Vence. Vence entre à Marseille le 29 ventôse, et le 12 germinal il fait entrer un convoi de blés dans Toulon. Moltedo le nomme contre-amiral le 13 germinal, le Comité de Salut public reporte son entrée en jouissance du grade au 26 brumaire précédent et l'envoie à Brest (Voy. ch. xvir, p. 783). Quatre des frégates de la station de Tunis étaient rentrées avant lui en France en échappant aux Anglais. Voy. Aulard, t. XII, pp. 66 et 379.
Mais la Corse nous échappait complètement. Le 17 pluviôse (5 février), Saint-Florent était pris par les Paolistes et les Anglais. Dès lors ces derniers possédaient une magnifique base d'opérations en face de la route de la Corniche et au milieu de la Méditerranée t.
Saliceti se décida à tout risquer pour amener la division de Port la Montagne au secours de Bastia. Il aurait même voulu faire venir des vaisseaux de Brest pour renforcer cette. faible escadre ?. Le 22 germinal, il signifia l’ordre de sortir à Martin. Retardée par l’apparition des Anglais en nombre supérieur, contremandée pour ce motif le 2 floréal, prescrite à nouveau par arrêté du Comité de Salut public du 19 floréal *, cette téméraire entreprise devint sans objet quand
le 3 prairial, on apprit la chute de Bastia. Calvi seule restait maintenant à la France, et Saliceti assurait que cette place pouvait .
résister à toutes les forces des Anglais dans la Méditerranée #. Martin “Reste donc Saliceti à surseoir à toute sortie de sa petite escadre à peine reconstituée sur une mer couverte d’ennemis. Bien que le Représentant avouât sa parfaite incompétence dans les questions relatives aux opérations maritimes, il n’en obligea pas moins le contre-amiral à appareiller le 17 prairial (5 juin), avec 7 vaisseaux, 5 frégates et 3 bricks ‘. Une division anglaise qui se tenait en observation sur nos côtes alla prévenir en Corse la flotte de Hood, elle accourut, et Martin n’eut que le temps d’aller le 23 prairial (11 juin), s'embosser au golfe Jouan. La position était totalement dépourvue d'ouvrages défensifs : que l'Anglais y suivit Martin, et nos bâliments étaient perdus 6 ! Hood se contenta de bloquer étroitement
. 1. Jollivet, op. cit., Degouy, La stratégie navale, déjà cité. Sur la Corse voy. aussi Aulard, Actes du Comité de Salut public, t. XII, pp. 168, 257, 548, 575.
. 2. Lettre de Saliceti à Lacombe Saint-Michel, 15 germinal (Guerre : Corse). Note de Saliceti au Comité de Salut public, 18 ventôse (AF1I 82).
3. Moltedo au Comité de Salut pubiie, 20 et 22 germinal (AFn 144, Aulard, t. XII, pp. 496, 528); arrêtés du Comité de Salut public du 2 et du 7 fioréal (KT 4435); autre du 19 (Guerre : Corse) et lettre à Lacombe Saint-Michel à la suite. L’espion des Anglais auprès du Comité de Salut public place à la date du 4 juin (16 prairial) une scène violente dans le Comité de Salut public : Robespierre attaque les auteurs de l’ordre de sortie de l’escadre, Saint-Just en particulier ; Lindet aurait riposté:en reprochant à Robespierre d'envoyer, malgré le Comité et pour complaire à Saliceti, l’escadre au
/Secours de la Corse, tandis que Saint-Just avait fait décider de l’expédier sur Gênes (Manuscripts of J.-B Fortescue, t. Il, p. 584). Nous n'avons aucun renseignement sur ce fait.
4. Guerre : Corse. Lacombe Saint-Michel ne voulait pas d’ailleurs de l'envoi de Martin au secours de Bastia, il considérait que ce serait le livrer à la flotte angloespagnole (ibid).
5. BB 62, fol. 130. Saliceti, 10 prairial au Comité de Salut public (Guerre : Corse).
Voy. BB# 42, fol. 102, BB? 77, fol. 118, plaintes rétrospectives de Mar tin contre cette -
décision de Saliceti.
6. BB* 42, fol, 66. Jeanbon dans l'Amii des Lois du 28 frimaire an IV ne 116 : « Les Anglais attaquèrent la Corse. On crut pouvoir la défendre avec 7 vaisseaux armés à la hâte. Cette escadre poursuivie par une force supérieure fut trop heureuse de se réfugier au golfe de Juan et de s’y embosser. Si l’amiral Hood l’eût suivie, s’il fut entré avec elle, elle était perdue ». Cf. Martin à Dalbarade : « On a voulu trop
promptement faire sortir cette division quand on ne devait pas douter que les enne-