‹ Le Conventionnel Jeanbon Saint-André 1749-1813Chapitre 709 sur 889 · LIVE · texte numérisé non relu

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son adversaire de facon à l'empêcher de regagner Toulon, et Martin se trouvait encore au golfe Jouan lors de l’arrivée de Saint- André dans les premiers jours de thermidor:

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A ce moment, où en était l'œuvre du gouvernement montagnard au Port-la-Montagne, et quelle élait exactement la tâche assignée à Jeanbon par ses collègues ?

Le programme formulé en nivôse avait été en partie réalisé. Il existait, installée sur les ruines de Toulon et sur les cadavres des royalistes toulonnais, une cité nouvelle et démocratique, le Port la Montagne, colonie d'ouvriers et de marins appelés dans cette rade en vue de reconstituer une flotte pour la République. En germinal de l’an II, le Port la Montagne compte 20,000 ouvriers et marins : « L'émigration qui a eu lieu dans cette commune n’a laissé pour ainsi dire que la partie indigente de ses habitants, que des vertus sans fortune » constate la municipalité ; le reste de la population est formé d'immigrés, marins et ouvriers, recrutés sur les côtes de l'Océan et dans l’intérieur ‘. Au-dessus d' eux des officiers, des ingénieurs, des employés d'administration attachés naguère à Brest, Lorient et Rochefort, envoyés au Port la Montagne sur désignation soit du ministre, soit de Jeanbon et de Laignelot, soit de Marlin, ou sur recommandation de parents et d'amis bien connus comme fervents montagnards et qui ont garanti leur civisme ?. Pour les commander, Martin contre-amiral, chef de l’escadre, Thévenard vice-amiral, chargé de la réfection du port, Francois Tréhouart contre-amiral, chef des mouvements du port et commandant des armes, les ingénieurs Touffaire et Abauzir : les deux premiers ont été expédiés de Brest par Saint-André *, le troisième a été nommé sur désignation

mis en forces infiniment supérieures seraient instruits très promptement de nos mouvements » (BB#+ 42, fol. 77).

1. AF1r 144, Arch. communales de Toulon : Registre de correspondance de la municipalité de Port la Montagne, 11 vendémiaire an III, et Registre de ses délibérations, 17 vendémiaire (ce “dernier D11). Brun, t. Il, p. 269. Les principaux ouvriers de l’arsenal sont pourtant du pays : sur 15 chefs d'équipe, adjudicataires de travaux, de thermidor an IL à vendémiaire an II, 6 sont de Marseille, ? de Toulon même, 1 des environs (BB! 9, fol. 330.)

2, Arch. nat. : Dxvi n°1; Marine BB# 79, fol. 95 et BB? 51, fol. 457. D# 9, fol, 157 verso. Arch. commun. Lorient : envoi à Toulon comme administrateur de la marine d’un des principaux clubistes.

3. Voy. Levot, p. 156, note 1, lettre de Martin de Roéhefort, 84 nivôse an IT à Jeanbon, écrite en allant à Toulon : « J’ai appris avec le plus grand plaisir que Laignelot avait été te rejoindre. Deux sans-culottes comme vous détruiront bientôt à Brest toutes les intrigues calotines. Le fameux Hugues est parti aujourd’hui. Les révolutionnaires de Rochefort l'ont vu partir avec chagrin ; ceux de Brest, je l'espère, le verront arriver avec plaisir ». L'agent maritime Pomme retour né à Marseille le

du second, et Abauzir se guide sur des plans de Sané. La colonie révolutionnaire de Brest a essaimé pour ainsi dire à Toulon. En nivôse, le gouvernement avait eu la velléité d'envoyer également de Brest à Toulon un Représentant du Peuple, Jeanbon ou Bréard, pour « y établir le même ordre qu'ici », dit une correspondance de Brest ‘. Ce projet a été abandonné, mais de Paris en pluviôse, de Brest en ventôse, Saint-André a suivi le développement du Port la Montagne, et Martin lui a rendu compte de ce qui s’y passait ?.

Cette population « sans liens de famille ni de patrie * », est naturellement enrégimentée et subordonnée à ses chefs plus complètement encore que les ouvriers des autres arsenaux et les marins des autres ports de guerre. En outre, depuis la rentrée des républicains dans ses murs, la ville est en état de siège, elle ne possède point de Société populaire #, et l'administration.y est confiée à une commission municipale. Gelte commission est composée d’un agent national et son substitut, de douze membres dont chacun exerce un mois durant les fonctions de maire, et défense est faite à ces magistrats municipaux de s’immiscer dans la police du port et de l’arsenal, dans le service de

terre et de mer, ou dans les affaires intéressant la sûreté générale. Mol-

tedo et Ricord qui ont organisé la municipalité le 27 prairial (15 juin), ont institué également une commission des domaines nationaux, une commission des monuments, sciences et arts, deux juges de paix et un tribunal de commerce *. Pour toutes ces fonctions les Représentants ont pris des petits commerçants ou des ouvriers. Un Comité de surveillance dirige la police f. L'administration du district a été transférée au Beausset, localité ultra-montagnarde, et celle du département, établie à Grasse depuis la révolte de Toulon ’, est réduite à un rôle effacé par le décret du 14 frimaire constitutif du gouvernement révolutionnaire. La population du Port la Montagne est donc absolument dans la main du gouvernement terroriste, elle lui est même plus soumise que celle de Brest, car il n’y a pas de Société populaire

1er floréal est remplacé par un certain Martin, dont nous ne savons rien, qui mourra le 12 fructidor et n’aura que des successeurs provisoires (Brun, t. II, p. 263).

1. BB‘ 38, fol. 26 déjà cité. Voy. ch. xv, pp. 642, 645, 655, 658.

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