‹ Le Conventionnel Jeanbon Saint-André 1749-1813Chapitre 720 sur 889 · Au Comité de Salut public, 12 thermidor · texte numérisé non relu

Au Comité de Salut public, 12 thermidor

3. « J’en ai dit quelque chose avant mon départ de Paris, et Robespierre le jeune, qui mieux que moi connaissait le pays, en a fait sentir la nécessité » ajoute-t-il (BB% 62, fol. 179).

4. AFn 172. Voy. aussi plus loin Tréhouart et Amable Faure au Comité de Salut public 3 vendémiaire an III, sur la nécessité du maintien d'un tribunal révolutionnaire à Brest.

En attendant la réponse du Comité de Salut public sur ces divers points Jeanbon, s’'empressa de promulguer au Port la Montagne ses arrêtés de Brest pour établir un peu d'ordre dans les services marilimes. Il fit aussi dresser par le Comité de Surveillance une liste des individus suspects, et expédia au tribunal révolutionnaire d'Orange cinq complices de l'insurrection royaliste qu’il trouva dans les prisons ‘. Il se proposait d'aller voir la situation de Martin au golfe Jouan lorsque, pour satisfaire aux demandes de vivres que lui adressait le contre-amiral, il dut partir chercher des subsistances à Marseille ?.

Il y arriva le 17 thermidor (4 août). A la même date y parvenait la nouvelle de la révolution du 9. Nous n’avons pas à raconter par suite de quels incidents, le 9 thermidor (27 juillet), Robespierre, Saint-Just et Couthon virent se liguer contre eux leurs collègues du Comité de Salut public, le Comité de Sûreté Générale et les Montagnards de la Convention inquiets pour la liberté, comment les Montagnards furent renforcés des trembleurs de la Plaine, comment ils furent soutenus par les Tallien, les Fréron, les Carrier, c'est-à-dire par tous ceux qui, s'étant souillés d’excès et de crimes au cours des missions qu'ils avaient exercées, se sentaient menacés de la vengeance nationale par celui qu’on surnommait l’Incorruptible, comment énfin le 10 thermidor, abandonné de la population parisienne, le triumvirat fut envoyé à l'échafaud. Dans le Comité de Salut public, nous l'avons dit, Jeanbon était lié de préférence avec Barèré, el rapproché par ses occupations de ceux de ses collègues qu’on nommait les gens d'examen, Lindet, Carnot, Prieur de la Côte-d'Or. Or, tous les quatre avaient aidé à renverser Robespierre. Rien pourtant, nous le répétons, ne permet de penser qu’il ait comploté à l'avance la perte du dictateur.

Avec tous ses collègues du Comité, Jeanhon s’élait soumis à l’ascendant de Robespierre parce que celui-ci avait la confiance de la Convention et que la Convention élait l’oracle, le maître tout-puissant, aux décisions duquel chacun des Représentants obéissait sans murmure: quand il apprit le 9 thermidor Saint-André s’inclina pareillement. La Convention déclarait maintenant Robespierre ennemi de la liberté, elle le mettait hors la loi et l’envoyait au supplice : Jean-

1. AFn 144, 145. Lauvergne (p.608) dit que ces individus étant arrivés à Orange après la suppression du tribunal furent sauvés.

2. Jeanbon au Comité de Salut publie, 18 thermidor (BB: 62, fol. 116). Martin à Jeanbon, 15 thermidor : « Saliceti m'avait fait espérer que ton projet était d'être à l’escadre le 15 thermidor » (BB: 62, fol. 117). Mentionnons à propos du départ de Jeanbon pour Marseille, un ordre de lui du 14 à l’administration du Var de faire réparer la route de Port la Montagne à Marseille et de l’instruire chaque décade du progrès des travaux (L137, fol, 231, Arch. du Var).

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