NOUVEAUX CONFLITS AVEC NIOU
à la conduite des citoyens qui habitent cette commune, dans ces circonstances épineuses ils ont su se conserver calmes et tranquilles. Les travaux n’ont pas élé un seul instant interrompus, et chacun a compris que dans -un arsenal immense où l’on prépare les moyens de combattre avec gloire les ennemis du dehors, la meilleure preuve de civisme qu’il fût possible de donner était de ne pas se détourner de cet objet important !. » Le même jour il repartait pour Marseille; probablement pour des achats de subsistances. Il y trouvait le calmerétabli, et prenait une mesure qui pouvait hâter la pacification des esprits : la levée du sequestre mis sur les biens des négociants dont les associés élaient émigrés ou avaient été condamnés ?. : Mais un troisième conflit avec Niou l’attendait à son retour au Port la Montagne. Un arrêté de Niou du 12 fructidor ordonnait la mise en chantier de deux vaisseaux de 80 et de trois de 74. Jeanbon, le 23 fructidor, avait modifié ces dispositions : on construira, avait-il dit, trois vaisseaux de 80 et deux de 74, et l’un des vaisseaux de 80 sera construit dans le bassin de radoub. Ceci sur l'avis d'Abauzir qui jugeait une des cales de construction trop peu solide ?. Quand Niou apprit ce changement, il fut extrêmement irrité. De Nantes, puis de Lorient ïl se plaignil à Dalbarade, au Comité de Salut public, à Bréard. Il tança vertement l'ingénieur en chef du Port la Montagne : mieux valait, disait-il, augmenter le nombre des vaisseaux de 74, « plus une ligne de bataille est composée de vaisseaux uniformes et semblables, et plus les évolutions sont aisées et précises »; en outre il fallait laisser le bassin de radoub libre, pour le cas où des vaisseaux après un combat rentreraient maltrailés au Port la Montagne. Le raisonnement était spécieux, mais Niou s’exprimait au sujet de son collègue en termes tout à fait agressifs : il qualifiait les vues de Saint-André, dans la lettre qu’il écrivit au Comité de Salut public, d’ « erreur grossière », et, faisant valoir que dans une armée navale la présence d’un grand nombre de vaisseaux de 80 rendait les évolutions très difficiles, il ajoutait que Jeanbon en avait fait « la triste expérience ‘ ». Le conventionnel attaqué riposta par un arrêté du 27 vendémiaire. « Le Représentant......., considérant que la Convention nationale en envoyant des Représentants du peuple dans les porls n’a pas entendu les subordonner les uns aux autres, et augmenter le pouvoir de quelques-uns par la diminution de ceux de leurs collègues. Que le Représentant du peuple qui souffrirait un partage aussi inégal manquerait évidemment aux principes, avilirait son caractère et consentirail lâchement à la création d’une nouvelle aristocratie, d'autant plus dansereuse qu’elle aurait son siège dans le sein de la représentation pationale elle-même. Que chargé de surveiller spécialement les opérations maritimes du Port la Montagne, tous les officiers civils el
1. BB: 62, fol. 263, le commandant des armes à Dalbarade BB 57, fol. 23. 2. BB3 57, fol. 23; arrêté du 13 vendémiaire (AFr1 9).