‹ Le Conventionnel Jeanbon Saint-André 1749-1813Chapitre 752 sur 889 · LA RÉACTION A MONTAUBAN · texte numérisé non relu

LA RÉACTION A MONTAUBAN

‘Sur certains points cependant, l'impulsion première subsiste. La

digue de Portrieux, par exemple, est achevée , et Armand Verteuil

écrira de Brest, le 29 vendémiaire, à Jeanbon : « Les Représentants travaillent, ils ont même fait de bonnes choses, je ne crois pas qu'ils lâchent le pied, mais j'ai peur qu'ils arrivent au but par un chemin trop long; et encore, en tout ceci, y a-t-il probablement plus de la faute des circonstances que de la leur ?. »

Le désarroi, évidemment, n’est pas encore complètement établi dans le courant de vendémiaire, mais il est tout au moins visible. Quel sujet d’amères réflexions pour Jeanbon qui, par ses amis de Brest, est au courant de la situation. De loin, nous l'avons dil, Saint-André s'efforce d'intervenir, sans résultat appréciable d’ailleurs. Et ce n’est pas seulement son orgueil, son patriotisme qui souffrent en apprenant que son œuvre à Brest est menacée. Au Port la Montagne même, son action subit déjà l’effet de la désorganisation générale. Le deuxième jour sans-culottide de l'an IT, le Comité de Salut public a interdit de distraire, sans son assentiment, aucun des marins de Brest pour les autres ports *, et ceci entrave le recrutement par Jeanbon de la marine de la Méditerranée. Sans doute, le Comité a raison de vouloir garder à Brest un personnel suffisant pour les armements; mais, si les ouvriers et marins étaient maintenus à Brest en

- grand nombre comme par le passé, le Comité n’aurait pas besoin de

prendre ces dispositions.

À Montauban et dans la région voisine, mêmes symptômes. Les Montagnards, encore maîtres de la situation dans les premiers jours de fructidor, s'inquiètent bientôt du changement d’attitude de la Convention. Le 14 fructidor (31 août), la municipalité écrit à Jeanbon que tous les citoyens de Montauban sont enchantés des mesures vigoureuses et promptes adoplées par la Convention contre Robespierre, mais qu’il est « fort important qu’un système de Terreur propre à comprimer les ennemis de la liberté ne se ralentisse point ». Le 16, le club exprime à la Convention ses inquiétudes sur « les dispositions à énerver tout gouvernement révolutionnaire », dispositions que quelques-uns des décrets récemment rendus « semblent confirmer ». Le 17, dans une circulaire aux Sociétés afiliées, le club s’écrie : «Il est donc vrai que l'aristocratie et le modérantisme cherchent à faire tourner à leur profit la Révolution qui vient d’anéantir le dernier tyran », et il s'associe à l'adresse de la Société de Dijon, il déclare comme elle que la liberté de la presse ne profite qu'aux contre-révolutionnaires. Le premier jour sans-culotlide, il nomme une commission chargée d’étudier la siluation politique de la République et de présenter les moyens les plus propres à faire triompher la liberté, l'égalité et la République une et indivisible; dans

1. BB! 8, fol. 213. Des projets du Comité de Salut public pour développer Rochefort et Granville (AF1r 295) sont renvoyés à l'examen de commissions et il n’en sortira rien.

2, Verteuil à Jeanhon, 29 vendémiaire.

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