‹ Le Conventionnel Jeanbon Saint-André 1749-1813Chapitre 756 sur 889 · BBt 8, fol · texte numérisé non relu

BBt 8, fol

2. Signé Bréard, C.-A. Prieur, J.-B. Delmas, Merlin d. D., Treilhard, Eschasseriaux, Carnot, R. Lindet, Charles Cochon, P. Laloy, Fourcroy, Thuriot (collection Maurice Loir). SE IS dE

3. BB3 838. La lettre de Tilly y est jointe, datée de Gênes, 10, vendémiaire ; il a interrogé un déserteur anglais : sur les 21 vaisseaux venus dans la Méditerranée, 8 sont

retournés en Angleterre, Hood va en ramener 2 ainsi que 3 ou 4 frégates en escortant Je convoi de Livourne, les vaisseaux français pris à Toulon sont déjà en Angleterre, et

À la vérité Hood ne repartait pas encore pour l'Angleterre, il avait toujours l’idée d’effectuer sur nos côtes une descente combinée avec les opérations des Austro-Sardes. Mais, au recu de la lettre du Représentant, Dalbarade fit au Comité de Salut public un nouveau rapport où il concluait, comme dans le précédent, que 6 vaisseaux de l'Océan étaient tout l'effectif nécessaire dans la Méditerranée, Sa grande raison était qu'il fallait garder dans l'Océan des forces navales imposantes !, Il ne répondait pas à l’argument donné dans la lettre de Jeanbon du 19, à savoir qu’on devait avoir construit 10 ou 12 vaisseaux sur l'Océan depuis la dernière campagne. Ce que nous avons dit du ralentissement des travaux sur le littoral Atlantique depuis thermidor, ce que nous en dirons plus loin pour les mois de vendémiaire et brumaire explique le silence de Dalbarade sur ce point.

Après réflexion, le Comité de Salut public résolut de combiner le plan de Saint-André el son propre plan, de tenter également une descente en Corse et une bataille navale dans la Méditerranée. Il admit l'envoi proposé par Jeanbon d’un renfort de l’escadre de l'Océan à celle de la Méditerranée, mais en réduisant ce renfort . aux proportions indiquées par Dalbarade, il assigna à la flotte de Toulon ainsi renforcée la mission d’abord de protéger la descente en Corse, puis, comme le demandait Jeanbon, d’expulser les Anglais. Par contre, le Comité écarta l’idée d’un retour aux plans de Robespierre jeune, c’est-à-dire le projet d’une campagne offensive en Piémont, proposition que lui faisaient à nouveau deux Représentants à l'armée d'Italie, Ritter et Turreau, le 22 vendémiaire et le 11 brumaire, et bien que ces Représentants lui démontrassent qu’il fallait empêcher une attaque combinée sur notre littoral par les Austro- Sardes et par la flotte de Hood. Le Comité espérait détacher le roi de Sardaigne de la coalition, et Saliceti, revenu à Paris, encourageail

ses espérances et ses illusions sur le patriotisme et le républicanisme des adversaires de Paoli en Corse ?. Ritter et Turreau lui écrivaient, il est vrai, dans leur lettre du 11 brumaire : « peut-être cherchera-ton à attirer vos soins sur l'expédition de Corse, nous serons maîtres de la Corse quand nous voudrons, ayant des succès en Italie », et ils le mettaient en garde contre les décisions « que des intérêts particuliers peuvent chercher à faire naître » . Leur lettre arriva trop tard, et probablement, d’ailleurs, elle n’eût rien changé.

il ne restera aux Anglais que 11 vaisseaux et 12 frégates avec des équipages peu nombreux et malades. D’autre part, il n’y a que 8 à 900 hommes de garnison anglaise en Corse, d’ailleurs harassés et malades (BB 838).

1. Rapport déjà cité BB* 42, fol. 35. D’après BB? 60, fol. 52, Bréard songe aussi à une entreprise sur Minorque.

8. Sorel, l’Europe et la Révolution, 1v® partie, pp. 167, 172, 200. Saliceti est revenu de l’armée d'Italie à Paris en vendémiaire, an IL (Compte rendu de Saliceti à la Convention).

3. Guerre : armée d'Italie. Turreau a été envoyé le 4 fructidor, et Ritter le 20, près les armées d'Italie et des Alpes (Procès-verbal, t. XLIV, p. 53, XLV, p. 115). Ils arrivent à Nice, le cinquième jour sans-culottide (Krebs et Moris, p. 206). François-Jo-

Page 1