RENTRÉE DE L'ESCADRE MARTIN
En conséquence, le 12 brumaire, un rapport présenté au Comité de Salut public propose de mettre à bord de l’escadre 9,000 soldats, 1,000 autres suivront sur de-petits bâtiments, le tout sera débarqué en Corse et à l’île d'Elbe ‘. Le 13, Dumerbion est mis à la retraite par un décret, du reste élogieux pour ses services ?. Le 15, Carnot arrête, au nom du Comité, une expédition « ayant pour objet la conquête de l’île de Corse » : 12,000 hommes pris surtout parmi les réfugiés corses seront réunis au Port la Montagne,la flotte de la Méditerranée, pourvue de quatre mois de vivres, transportera ce - corps d’armée à Saint-Florent ou Ajaccio, un ou deux Représentants embarqueront avec les troupes. On tâchera d'éviter toute bataille navale avant « l’arrivée de la division qui doit partir de Brest dans les premiers jours de frimaire ». Quand celle-ci aura rejoint, «on cherchera l’occasion de livrer à l'ennemi une bataille navale décisive, et l’on tâchera d’anéantir entièrement ses forces à l’aide des nouveaux moyens d'artillerie dont les vaisseaux français sont pourvus ».- Un autre arrêté nomme le général Mouret au commandement de l’expédition, et tire les 12,000 hommes nécessaires, de : l'armée d'Italie où les remplaceront des troupes de l’armée des Alpes immobilisée par les neiges. Le 18 brumaire, le Comité de Salut public se fait autoriser par décret à envoyer en mission secrète deux Représentants, le 19, il charge Saliceli de suivre l'expédition *.
Mais la condition première pour une campagne navale dans la Méditerranée, c'était la rentrée au Port la Montagne des sept vaisseaux de Martin bloqués au golfe Jouan. Le 5 brumaire, Saint-André avait établi des signaux sur le littoral, du cap Sepet à Antibes, pour prévenir l'amiral du moment où la mer serait libre. Martin, grâce à ses belles dispositions et à celles de Saint-André : vaisseaux embossés, chaloupes ancrées à l'entrée du golfe et armées de crampons pour arrêter les brûlôts, batteries puissantes sur les îles de Lérins, avait tenu l’ennemi en respect depuis le mois de messidor. Il s’'échappa dans la nuit du 10 au 11 brumaire (31 octobre-1e" novembre 1794), et le 11 à six heures du soir il mouillait sur la rade du Port la Montagne #. Jeanbon était allé à Arles et Avignon surveiller l’arrivée des bois de construction par le Rhône, mais Auguis et Serres, en tournée dans le Var, se trouvaient présents à l’arrivée de Martin et
seph Ritter, né à Huningue, en 1760, juge au tribunal d’Altkirch, député du Haut-Rhin à la Législative et à la Convention, membre des Cinq-Cents, nommé en mai 1798 au tribunal de cassation, mort en 1811 (Aulard, Actes du Comité de Salut public, t. [1, p. 301). On se rappelle que Jeanbon a opéré en compagnie de Turreau, la marche d’Avranchés sur Rennes, avec l’armée de Sepher, en frimaire an II (voy. ch. xiv, pp. 595-598).