‹ Le Conventionnel Jeanbon Saint-André 1749-1813Chapitre 770 sur 889 · LE PORT LA MONTAGNE ASILE DES MONTAGNARDS · texte numérisé non relu

LE PORT LA MONTAGNE ASILE DES MONTAGNARDS

et Bellanger une de chef provisoire dans l'administration de la marine. Il en vient de la région de Montauban, Colombié, par exemple, obligé de fuir Moissac. Il en arrive des départements voisins, et Auguis et Serres se plaignent à leur collègue, le 2 frimaire, que le ui la Montagne renferme beaucoup d’agitateurs « de tous les pays ! ». Ces nouvelles recrues sont un appoint précieux pour la de du Port la Montagne. Celle-ci est, d’ailleurs, assez forte numériquement : au 25 brumaire, le district compte 60,000 individus, dont 40,150 de population fixe, le reste comprenant les réfugiés corses, les ouvriers qui arrivent journellement, les troupes de passage ?.

La colonie est bien organisée. La commission municipale a été, modifiée dans sa composition par Saint-André, l’agent national complice de la trahison de Toulon a été incarcéré, celui qui le remplace et son substitut sont pris parmi les immigrés, tous les membres de la commission reçoivent une indemnité journalière *. Pour éviter les friponneries et concussions, Jeanbon fait une enquête sur la fortune de tous les administrateurs publics du district avant la Révolution, et compare leur avoir passé à ce qu’ils possèdent actuellement ‘. Cette commission municipale est composée d’ardents montagnards. Elle donne aux rues de la ville des noms significatifs : Pelletier, Brutus, Chalier, Marat, la Montagne, Bonnet Rouge 5. Elle développe l’éducation civique de ses administrés par le culte de l’Être Suprême, par le théâtre, par les fêtes civiques célébrées chaque décadi. Jeanbon organise le théâtre, oblige les acteurs des deux scènes de Marseille à venir renforcer le cas échéant la troupe du Port la Montagne : « des artistes vraiment patriotes et jaloux de la perfection de leur art, devant bien moins consuller l'intérêt propre ou une rivalité déplacée que le désir de se rendre utiles au développement de l’esprit public ». Les enfants des écoles assistent par ordre aux fêtes du décadi, les acteurs et actrices y figurent, et comme « la loi veut que les fêtes décadaires soient célébrées avec pompe et que le peuple en sortant du Temple de l’Être Suprême soit dans l’allégresse », la municipalité réclame le concours de la musique militaire : « Nous comptons sur ton lyrisme ; écrit-elle au commandant de la place à ce propos ‘.

1. Arch. commun. Toulon; Moniteur, t. XXIV, p. 575 (reproches de Blad à Jeanbon à ce propos, 9 prairial an INT); BB? 62, fol. 235 verso; Arch. nat. Dur 134; 5° Reg, du club de Montauban.

Page 1