‹ Le Conventionnel Jeanbon Saint-André 1749-1813Chapitre 775 sur 889 · Guerre, armée d'Italie, BB 62, fol. 194, AF*rr · texte numérisé non relu

Guerre, armée d'Italie, BB 62, fol. 194, AF*rr

2. Arch. commun. Toulon ; BB 62, fol. 237, 275, 277, 304, BB 57, fol. 58; Auguis et Serres au Comité de Salut publie, 11 brumaire; L 6 district, p.168, Arch. Bouchesdu-Rhône.

3. Arch. commun. Toulon, cartons relatifs à la marine, 1793- 1794, 1794-1797 ; L 248, district, Arch. Bouches-du-Rlône ; BB3 62, fol. 269 et 298.

4. Arch. commun. Toulon, carton relatif à la marine, 1794-1797, Procès-verbal, t. LIL, p.8; Jeanbon au Comité de Salut public, 7 frimaire, il a besoin de canons, de lest de fer, de chanvre : « jamais je n’ai eu de réponse sur les demandes réitérées que j'ai faites de ces objets, et les objets eux-mêmes n'arrivent pas » (collection Maurice Loir).

la Méditerranée, il faut avant tout la débarrasser des entraves dont elle est garroltée par l’amour-propre, l'ambition ou la malveillance de plusieurs autorités constituées !. » Il en réfère au Comité de Salut public, mais le Comité est aussi impuissant que lui. Enfin, les petits bâtiments armés sur la côle distraient des vivres, des munitions, des hommes qui seraient bien utiles au Port la Montagne, et l’armée d'Italie est en conflit constant avec la marine à propos du matériel. L’artillerie et le génie enlèvent à Jeanbon les meilleures pièces de chêne, un commissaire des guerres ayant besoin de voitures et les trouvant chargées de bois, fait jeter le bois sur: les chemins; il n’est pas jusqu'aux bâtiments de transports qui ne soient disputés entre les forces de terre et de mer : d’après l'administration de la guerre, tous ces bâtiments doivent être affectés au service des approvision-

nements de l’armée ?. C’est qu'il n’y a plus au dessus de l’armée et

de la marine, un pouvoir central obéi de l’une et de l’autre et contenant chacune dans la limite de ses droits.

Quant au matériel que Jeanbon parvient à réunir, il est exposé à d’autres dangers. Les dilapidations d’agrès, de vivres, etc. continuent dans l’arsenal et en rade malgré la surveillance. Des embarcations viennent accoster furtivement les vaisseaux et recéler le produit des vols. Les ouvriers, abusant du privilège qu’ils ont d’être nourris par l’État, se font délivrer plus de pain qu’il ne leur est nécessaire pour le céder à prix d'argent aux habitants, des soldats vendent leurs armes aux ouvriers de l’atelier d’armurerie, et ceux-ci les revendent ensuite au directeur. Jeanbon, le 1* nivôse, sera obligé

de réorganiser la cour martiale maritime pour réprimer les malver-

sations commises dans le port, l’arsenal et les chantiers 5.

Les travaux sont poussés avec activité. Les ouvriers, divisés en brigades de jour et de nuit, se relaient sans jamais chômer, sauf les jours de décadi. Mais l'ingénieur Touffaire, auteur avec Thévenard d’un plan de reconstruction du Port la Montagne adopté par le gouvernement, Touffaire meurt prématurément, ne laissant que des démolitions, et son successeur, Sardou, ne fait rien, les démolitions seules continueraient si Jeanbon n’y mettait un terme par un arrêté du 5 nivôse “. On relire du fond de la mer le matériel et les petits bâtiments coulés par les Anglais, et, pour exécuter le plan de Touffaire, on a négligé de relever les vaisseaux de ligne brûlés, cinq énormes carcasses émergeant dans la rade et qui s'envasent chaque

1. Jeanbon à la municipalité de Marseille, 5° jour sans-culottide (Arch. commun. Marseille, série À, n°° 53-55; L 248 district, et L 88, p. 122, Arch. Bouches-du-Rhône).

2. Brun, Guerres maritimes de la France, t. 1, p. 257; AFu 144; BB* 62, fol. 874. Jeanbon au Comité de Salut public, 12 vendémiaire.

3. BB? 57, fol. 100: Arch. commun. Toulon ; L 1757, 15 nivôse, Arch. Var ; BB? 62, fol. 306. Ajouter l’encombrement et le manque de locaux suflisants (rapport de l’ingénieur en chef des bâtiments civils à Jeanbon. Arch. commun. Toulon).

4. BB3 62, fol. 170 ; rapport déjà cité de Le Roi, le remplaçant de Touffaire; c’est Sardou qui occupait le poste avant lui et Sardou s'y était déjà montré incapable (BB3 840). Brun, t. Il, p. 262. Dxv1, n° 8, Arch. nat,

jour davantage !. Seules les constructions navales vont grand train. Les travaux sont donnés à forfait à des équipes d'ouvriers, deux vaisseaux : le Fleurus de 120, le Formidable de 80 s’achèvent, cinq autres sont en chantier, l’escadre de Martin, à sa rentrée à Toulon, trouve huit vaisseaux armés et en rade, elle-même reçoit rapidement toutes les réparations nécessaires, on construit une frégate à Marseille ?. Toutefois, ces diverses opérations ont l'inconvénient d’absorber tout le matériel disponible. Que l’escadre, après un combat, rentre au port, et il n’y aura rien pour la remettre en état. Hors de Toulon, Jeanbon travaille à la défense des côtes, notamment aux fortifications des îles d'Hyères. Il le fait de sa propre autorité et d’après ses seules lumières, attendu que le Comité de Salut public a renvoyé le plan des ouvrages à établir à la Commission des travaux publics, et que cette Commission n’a rien répondu : « le silence, un peu plus qu'étonnant qu’elle se permet, écrit le Représentant au Comité, ne peut pas étre une raison pour moi de compromettre, par une négligence semblable à la sienne, la sûreté des îles ellesmêmes et du Port la Montagne * ».

Quant aux marins, la sollicitude de Jeanbon pour eux ne se dément pas, et comme à Brest il essaie de développer dans leur âme le sentiment de la dignité, la conscience du devoir, l’amour de la République, Ils sont au premier rang dans les fêtes civiques, et celle du 20 brumaire (10 novembre), leur est spécialement consacrée. A cette date, l’armée navale reçoit le drapeau que lui envoie la Convention. Des députations de tous les bâtiments de l’escadre viennent solennellement chercher le drapeau chez le Représentant sur le quai du Port; puis, la garnison faisant la haie, un cortège solennel s’organise : derrière Jeanbon marchent l’état-major, les administrations maritimes, les députations de marins escortant le drapeau; après s'être déroulé autour de la ville le cortège se rend sur le vaisseau amiral le Sans-Culotte, à bord Jeanbon présente le drapeau aux officiers et équipages, leur fait jurer de le défendre jusqu’à la mort et d’affranchir ia Méditerranée du joug des Anglais, de tous les vaisseaux partent des acclamations patriotiques, et une salve générale salue le pavillon. Le 30 frimaire (20 décembre), la fête anniversaire de la reprise de Toulon est célébrée avec autant de pompe : Jeanbon présent au balcon de la Maison Commune, à la vue des vaisseaux en rade, déchire le drapeau blanc et l’écharpe blanche des royalistes aux cris mille fois répétés de « Vive la République # ».

1. Rapport de Le Roi. Rouvier, op. cit., p. 108, note; Lauvergne, Histoire de la Révolution française dans le Var, p. 585.

2. BB19, fol. 330; BB* 62, fol. 203, 225, 227, 235, 239 ; BB 57, fol. 36; arrêté du Comité de Salut public du 16 fructidor (AF*11 140).

3. Brun, t. II, p. 265; Jeanbon au Comité de Salut public, 4e jour sans-culottide (BB* 62, fol. 232). Il envoie aussi des pièces d’artillerie aux forts de la côte (Guerre : armée d'Italie).

4. Jeanbon au juge de paix de Port la Montagne (dispositions prises pour assurer aux capteurs tout le profit de leurs prises, AF11 144). Noms donnés par Jeanbon aux

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