‹ Le Conventionnel Jeanbon Saint-André 1749-1813Chapitre 778 sur 889 · BB · texte numérisé non relu

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4. Jeanbon au Comité de Salut public, 28 brumaire (BB3 62, fol. 293). On n'a pas assez de frégates parce que toutes les ressources sont employées à la construction de vaisseaux. Sur les croisières voy. BB# 42, fol: 105, AFn 896, BB: 57, fol. 39, Procésverbal, t. LI, p. 85, BB3 62, fol. 279 et 284, BB* 79, fol. 33, rentrée de la division Perrée, le 8 nivôse avec 25 prises; Procès-verbal, t. LUI, p. 55, prises des bricks rentrés le 1°" nivôse. Brun, t. IT, p. 260. Le Procés-verbat écrit « Lindet », serait-ce un parent de Robert Lindet ?

pent aux coalisés, certains même passent avec hardiesse au travers de la flotte anglaise, la nuit, tous les feux éteints 1.

Evidemment notre marine de la Méditerranée s’est relevée depuis la reprise de Toulon sur les Anglais, mais, privée du concours du gouvernement central, elle n’a pu grandir au point de disputer la mer aux Anglais. A plus forte raison lui est-il difiicile de protéger efficacement un débarquement en Corse. Quand le Comité de Salut public et Dalbarade jugent que 6 vaisseaux de Brest suffiront pour mettre l’'escadre de Toulon en état de tout braver, ils se font complètement illusion.

IVe

Le 26 brumaire, Jeanbon accuse réception à Dalbarade d’une lettre où celui-ci lui expose le plan relatif à la Corse : « Je ne sais, dit-il, qu'obéir aux ordres du gouvernement », et il esquisse les premières mesures qu’il va prendre. « Mais après avoir rempli mon devoir, ajoute-t-il, il doit m'être permis de faire mes observations sur l’opération en elle-même et sur les moyens d'exécution. Je persiste à penser que ce n’est pas par la conquête de la Corse que nous devions débuter dans la Méditerranée. Notre premier objet devait être une guerre purement maritime, et c’eut été véritablement se rendre maître de cette île que de chasser les Anglais. D’autres personnes pensent différemment, mais leurs motifs particuliers ne sont peut-être pas suffisamment connus. Je vois, j'observe tout ce qui se passe autour de moi, et par tout ce que j'entends, je crois pouvoir affirmer que les Corses, sans en excepter un seul, sont bien éloignés d’être patriotes ; ils ne veulent point être républicains français, et le grand objet auquel ils visent, c’est l'indépendance de leur île. Trois partis existent parmi eux, celui des Anglais qui n’est pas à beaucoup près le plus nombreux, celui de Paoli, et celui d’un autre. chef que l’avenir fera connaître. Mais la République n’a pas de partisans, et tout ce que l’on débite à cet égard au Comité de Salut public est bien éloigné de la vérité. Les Corses veulent que vous les rameniez chez eux, et, quand ils y seront, ils se proposent de faire le coup de fusil entre eux pour savoir quelle faction triomphera. Que fera-t-on alors ? On surveillera cette île, on y entretiendra pour la retenir dans l’obéissance une force navale et militaire imposante. Mais votre attention et vos soins seront partagés. Les ennemis seront là qui occuperont votre armée navale, et vos efforts partagés en auront plus de peine d'atteindre leur but. Si l’on débute au contraire par se débarrasser des Anglais, que vous importent alors les divisions des Corses ? Vous y entrez en maîtres, vous écrasez toutes

1. Martin au ministre. BB* 79, fol. 33, Guérin, p. 462, note 2.

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