‹ Le Conventionnel Jeanbon Saint-André 1749-1813Chapitre 780 sur 889 · NOUVEAU CONFLIT AVEC NIOU · texte numérisé non relu

NOUVEAU CONFLIT AVEC NIOU

en vue de faciliter à ces négociants les transactions, il rouvre la Bourse de Marseille fermée depuis la rentrée des Républicains dans cette ville ‘. Il presse aussi l'achèvement de deux vaisseaux de 80 pour les avoir dans la ligne le plus tôt possible.

Peut-être faut-il voir dans cette décision la cause d’un nouveau conflit qui éclate entre lui et Niou. Tout d’abord, à des arrêtés de Niou du 6 brumaire, Jeanbon a répondu par l'interdiction aux chefs de service de suivre les dispositions adoptées par son collègue. Le Comité de Salut public, pour arranger les choses, a envoyé à Niou, malgré Jeanbon, un ingénieur du Port la Montagne qu’il réclamait pour Lorient, et d'autre part il a expédié dans les ports conquis sur l'Espagne, Niou qui se proposait de revenir à Toulon ?. Le 18 frimaire, Jeanbon écrit à Dalbarade, en réponse à une lettre de ce dernier que nous n'avons pas : « Ce que je ne sais pas faire malgré ce que tu me dis, c’est de souffrir que la représentation nationale soit avilie en ma personne par un de mes collègues. Le Comité m'’écrivit par la lettre qui me retint ici au moment où j'en partais, que Niou venait pour agir de concert avec moi, c'était très bon et conforme aux règles. Depuis, cet homme, parti d'ici, sachant que j'y étais, correspond avec tout le monde, hors avec moi, défend aux agents de la marine d’obéir à d’autres qu’à lui, ce qui emporte le pouvoir de me désobéir, pouvoir dont j'ai vu quelques agents de la marine passablement tentés d’user; je n’ai pas dû souffrir ce renversement de tout ordre et j'ai contenu chacun dans son devoir. Mais celui qui m'a méprisé assez pour autoriser des subordonnés à me manquer, n’aura jamais de mission commune avec moi. Au reste, il n’y a eu aucune querelle entre Niou et moi, il ne m'a point écrit, et s’il m’écrivait, il y a tout à parier que je ne serais pas tenté de lui répondre. Je répète que, si le Comité croit convenable aux intérêts de la République de l’envoyer ici, il y a un moyen simple d’arrangement, c’est de m’en retirer, car aussi bien j'en partirai au moment qu’il arrivera * ». Le Comité de Salut public sans doute se le tient pour dit, car Niou ne reparaîtra dans Toulon qu'après le retour de Jeanbon à Paris.

Jeanbon, le 14 frimaire (4 décembre), ordonne de mettre l’armée en appareillage, et le 15, de lui fournir sous trois jours tout ce qui lui fait défaut. À ce moment, Vidal et Delbrel, Représentants à l'armée des Pyrénées-Occidentales, lui demandent une division navale pour seconder le siège de Rosas. Jeanbon refuse de rien détourner, sans l’ordre exprès du Comité de Salut public, des effectifs nécessaires à l'expédition maritime ‘*. Dans une lettre du

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