LA RÉACTION PÉNÈTRE AU PORT LA MONTAGNE
commune, les fit travailler de concert ‘. N'est-ce pas ce qu'avait fait
Jeanbon à Paris et à Brest, ce qu'avait établi le Comité de Salut public
d'avant thermidor ? On comprend d'après ces quelques lignes, qu'avant même de connaître l'issue de la croisière du Grand hiver, Jeanbon considère le succès de l'expédition de Corse comme impossible.
- Les événements ne laissent pas à Saint-André le 1emps de voir ses Drbvions se réaliser.
À la fin de nivôse et dans les premiers jours de pluviôse, il tombe malade et n’en continue pas moins son travail, tandis que Saliceti et Ritter, arrivés à Toulon, pressent les préparatifs d'embarquement des troupes ?. Soudain, de nouveaux troubles éclatent à Marseille où Espert a suspendu la procédure engagée contre les complices des émeutiers du 5 vendémiaire #. Le Port la Montagne est gagné par l'agitation. Des éléments thermidoriens ont fini par s’y glisser, un capitaine de la 104° demi-brigade nommé Jacquey harangue le peuple, le 30 nivôse (19 janvier 1795), dans le Temple de l'Étre Suprême et attaque la Montagne. Le 1° pluviôse, il faut incarcérer huit individus. Jeanbon use d’indulgence envers eux, les fait relâcher *. Le trouble continue, les ouvriers quittent l'arsenal pour aller pérorer et discuter dans les cafés, on redoute du tumulte au spectacle, et les Représentants, le 3 pluviôse, lancent une proclamation où ils répètent aux bons citoyens que pour eux « servir la patrie, c’est s'occuper essentiellement des travaux maritimes dont le résultat doit être la défaîte et la-destruction de ses plus implacables ennemis * ». Démarche inutile : le 8 pluviôse, des bagarres se produisent entre soldats et habitants, les volontaires de la Nièvre crient « à bas la Montagne », les ouvriers « Vive la Montagne ». Jacquey est incarcéré, destitué, traduit au tribunal criminel militaire, les Représentants prennent des mesures de police rigoureuses, défense de pousser des clameurs, interdiction des rassemblements, arrestation de tout soldat ou marin qui aura quitté son uniforme, de tout individu circulant sans lumière après dix heures du soir ‘,
1. Collection Maurice Loir : ce Mémoire se trouve avec d’autres rédigés par Truguet; de plus, Truguet est à cette époque, au Comité de Salut publie, le conseiller de Marec. Le même Mémoire dit : « Les généraux devraient réunir les capitaines dans des conférences d'instruction », c’est ce que Jeanbon avait prescrit à Brest.
2. Saliceti à la Convention Nationale, Impr. nat., Paris, an III, BB?.77, fol. 43, 25 nivôse.
3. Extrait du journal du Représentant du. Peuple Jean Espert (Le??, n° %, Biblioth. nat.) et Procès-verbal de la Convention, t. LIV, p. 106, Espert à Saliceti et Ritter, 3 pluviôse (Guerre : armée d'Italie).