RECONSTITUTION DU PARTI PROTESTANT A MONTAUBAN
dans Montauban même, l’une et l’autre lie partie avec ses coreligionnaires et amis politiques dans les villes voisines, Bordeaux, Toulouse, en est soutenue et les soutient; chaque émeute dans la région provoque une convulsion dans Montauban, et toute conflagralion dans Montauban menace de gagner au loin t.
Aussi le parti révolutionnaire comprend très vite qu’il lui faut une institution qui soit dans Montauban à la fois un comité de surveillance et une permanence, et qui agisse par la propagande en ville ét aux environs, qui épie l'entente des réactionnaires de la localité avec ceux des pays voisins ou de Paris, suive leurs traces quand ils se déplacent, s'assure qu'ils n’ont pas été au dehors combiner des projets funestes, noue en un mot des relations avec les révolutionnaires sur tout le territoire. Cette institution, c’est le club avec sa correspondance qui le relie à tous les autres clubs de France et aux Jacobins de Paris, et qui, nous pouvons l’affirmer quant au Midi, était de première nécessité; il s’est constitué à Nîmes, le 11 avril 1790, dans la période des rixes entre catholiques et protestants qui préludait ‘au massacre ?, il se forme à Montauban après le massacre, le 8 septembre, de la réunion de trois sociétés antérieures *. En face de lui s’est d’ailleurs constitué un club d’aristocrates, dit «club noir », sur lequel nous ne savons malheureusement rien *.
Malgré ces conditions favorables, le parti patriote ne se soutient qu’à grand peine : il y avait eu émeute le 13 septembre ‘ ; le 15 octobre, un émissaire des aristocrates de Toulouse met aux prises Touraine et Royal Pologne ‘; deux jours après, à l’occasion de l’ar-
1. « Nos ci-devant nobles étaient émigrants, ils accourent aujourd’hui de toute part et surtout de Montauban pour se coaliser avec le parti factieux et fanatique » (adresse du club de Toulouse, 1er février 1791, L7#8, Arch. Haute-Gar.), troubles causés en février à Toulouse par M. de Chaunac, l'ex-chef du 4 bataillon qui a été la cause du 10 mai (L7#0, Arch. Haute-Gar.). Voy. ci-dessous le rôle du toulousain Marchant à Montauban, et le 9 mars 1791, la municipalité de Montauban expulse les étrangers non domiciliés (fol. 12, troisième reg. de ses délibér.). Le 14 septembre, le club de Montauban demande au district et aux commissaires municipaux une circulaire aux municipalités de la région et aux administrations de la Haute-Garonne et du Lot, pour qu'elles empêchent toute marche de citoyens armés sur Montauban. On voit que Taine se trompe en assignant, comme cause unique à l’afflux des nobles dans les villes à ce moment, la jacquerie des campagnes (Révolution, t. 1, p. 408), beaucoup y viennent pour conspirer.