‹ Le Conventionnel Jeanbon Saint-André 1749-1813Chapitre 815 sur 889 · I OI PT PO TAN EE NP PT · texte numérisé non relu

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INSURRECTION MONTAGNARDE 4 TOULON, 27 FLORÉAL-{e" pRAtRIAL 1055

en fuite ‘, Le 4 prairial, une commission militaire, tribunal d’exception digne du tribunal révolutionnaire, est instituée pour juger les fauteurs de l'insurrection. Parmi les ex-montagnards qui font du zèle et vont quémandant les suffrages de la réaction se signale Cavaignac, le collègue de Saint-André dans la dépulation du Lot ?.

Le 7 floréal (26 mai) est remise au Comité de Sûreté générale une dénonciation des citoyens de la commune de Brest contre Jeanbon lui-même, elle a été rédigée le 26 gorminal, el depuis on l’a tenue secrète en attendant le moment favorable *

Le 8 prairial, on lit à la Convention des lettres de Chiappe, Chambon et Guérin qui annoncent une nouvelle insurrection à Toulon. La ville s’est soulevée à l'instant où l’escadre allait mettre à la voile pour chercher et combattre la flotte anglaise. Le fait n’a rien qui doive surprendre. En tloréal, la famine a été terrible à Toulon, la Convention ayant supprimé les secours accordés par Jeanbon aux familles des ouvriers; les thermidoriens parlent et agissent en maîtres dans l’ancienne colonie révolutionnaire, le nom même du Port la Montagne a été remplacé par celui de Toulon, et cette substitution demandée par Saint-André a pris un tout autre caractère quand elle a été prescrite par les thermidoriens *. Aussi, le 27 floréal, lorsque onze émigrés sont amenés à Toulon, le peuple veut les massacrer, les Représentants ont grand peine à les évacuer sur Marseille. Les 28 et 29 floréal, les ouvriers, aidés d’une partie de la garnison, s’emparent des armes de l'arsenal. Le 1® prairial, ils obligent le Représentant Brunel à signer la mise en liberté des patriotes détenus. Brunel, honteux de leur avoir cédé, se suicide. La révolte continue le 30 floréal et le 1° prairial. L’escadre placée en grande rade loin de la ville ne peut soutenir l'insurrection, mais elle refuse d’appareiller, les équipages déclarent qu’ils ne veulent pas laisser Toulon exposé aux entreprises des royalistes, les discours de Niou à bord des vaisseaux pour les entraîner au large n’ont aucun succès, et seule, la division de Renaudin, arrivée de Brest, reste dans le devoir. Chambon, Guérin, Chiappe, dans leurs lettres à la Convention accusent la famille d’Escudier et leur collègue Charbonnier, en congé à Toulon, d’avoir fomenté la révolte : « d'autres députés qui l'ont précédé à Toulon y ont entièrement perverti l'esprit public, écrit Chiappe, je ne les nommerai pas encore ° ». Jean-

1. Baudot, Notes historiques, p. 286; Procès-verbal,-t. LXIT, p. 43.

2. Moniteur, t. XXIV, p. 552, le décret au Procès-verbal, t. LXI, p. 71.

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