‹ Le Conventionnel Jeanbon Saint-André 1749-1813Chapitre 818 sur 889 · Baudot, Notes historiques, p · texte numérisé non relu

Baudot, Notes historiques, p

Jeanbon employa ses loisirs forcés à composer sa défense. Il nous reste effectivement de lui, datée du 20 prairial, une Réponse à la dénonciation des citoyens de la commune de Brest ‘. En réalité, il yavait contre lui deux dénonciations, l’une du 26 germinal, l’autre du 11 floréal ?. Mais la première, assez vague, n’avait de portée que par les pièces justificatives qui y étaient annexées, la seconde était nette, logiquement construite, elle répélait e: les précisant les arguments de la première eten commentait les pièces justificatives. C’est elle que vise la réfutation de Saint-André. Dans cette apologie il publie les griefs de ses adversaires, sans s’astreindre d’ailleurs à suivre l’ordre où ils sont présentés, et en regard il place sa justification. ;

La dénonciation amalgame le vrai el le faux avec une astuce

remarquable. D’après elle, Jeanbon a « insulté aux rites et aux cérémounies des paisibles catholiques de Brest », ce qui est exact, el préché l’athéisme, ce qui est faux. Il a applaudi aux atrocités de Carrier : calomnie odieuse. Il s’est entouré de personnages tarés et .immoraux, les clubistes : il est vrai qu’il s’en est servi, mais il les a tenus à distance. il a professé d’ardentes convictions montagnardes : c’est incontestable. Il a « à dessein et dans des vues perfides » représenté comme une conspiration l'insurrection sans portée de l'escadre de Quiberon : nous avons montré qu’il n’est pas certain .qu’il n’y ait pas eu conspiralion, et si Jeanbon s’est trompé c’est en toute sincérité. La dénonciation lui reproche avec raison d’avoir attribué dans cette prétendue conspiration le principal rôle à Kerve-

legan, Blad, Gomaire et autres girondins, d’avoir à ce propos desli- .

tué et incarcéré des généraux et officiers, absous le caporal Beaussard un des meneurs des révoltés ; mais, quoi qu’elle dise, Jeanbon n’a pas jeté dans les cachots ceux qu’il inculpait sans vouloir les entendre ni lire leur justificauion. Il a sollicité, dit le factum des Brestois, des dénoncialions jusque parmi les forçats : il en a du moins accueilli. Il a défendu d'imprimer la défense des accusés : c’est un mensonge. Il a rédigé « un arrêté en faveur de son secrétaire Duras, pour l’autoriser à preudre sur des bons signés par ordre dans les magasins de la République tous les objets qu’il jugerait devoir mettre en réquisition » : autre mensonge auquel Jeanbon

1. Imprimé par ordre de la Convention nationale. Impr. nat. Paris, 20 prairial an IL, 31 pp. in-8°. Les vingt premières pages sont sur deux colonnes : à gauche, les attaques, à droite, les réponses de Jeanbon (voy. l’Introduction).

2. La première, déposée au Comité de Sûreté générale le 7 prairial, contre Jeanbon et Prieur est signée de nombre de Brestois (Arch. nat. Din, n° 349), la deuxième, datée du 11 floréal, est aussi contre Jeanbon et Prieur (ibid.). Le 15 prairial, le Journal des Lois de la République française de Galleti publie cette derniêre.

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