MASSACRE DES MONTAGNARDS EN PROVENCE
Poultier, Guérin, Isnard, Cadroy, rentrés dans Toulon sans coup férir, avaient traduit les chefs du soulèvement devant une commis- - sion militaire séant à Marsèille et jugeant à huis clos ?. Quarantesept individus, ouvriers, marins ou soldals, furent condamnés à mort; et les thermidoriens de Marseille qui, à la nouvelle du 1° prairial, s'étaient enfuis dans leurs maison de campagne, se ruèrent à la plaine Saint-Michel pendant trois jours pour voir guillotiner les vaincus. Ils n’osaient croire encore à la réalité de leur triomphe, et à la fin du troisième jour un cri de « Voici les Toulonnais », déterminait * chezles 40,000 spectateurs des exécutions un sauve qui peut général ?. L’extermination légale se compléta de tueries effectuées dans les - prisons par les royalistes organisés en Compagnie du Soleil. Déjà le 22 floréal, à Aix, quarante-quatre individus impliqués dans l’'émeute de Marseille du 5 vendémiaire précédent avaient été égorgés, «effet d'une trop excusable impatience » écrivait Chambon, Le 6 prairial, on massacre les terroristes enfermés dans le fort de Tarascon. Le 17 prairial, au fort Saint-Jean à Marseille, vingt-cinq Jacobins sont hachés dans un cachot, trente milraillés et brûlés dans un autre, quatre-vingts en tout sont supprimés. L’assassinat a raison des mon- ‘Lagnards qui restent ; dans les rues de Marseille, suivant l'occasion, en plein jour, à toute heure, bien après le 17 prairial, des hommes, | des femmes sont tués froidement #. C’est peut-être parce qu'ils ne < manquaient pas de besogne sur place que les thermidoriens de Toulon et Marseille oublient Jeanbon, et ne joignent pas leurs clameurs à celles des Brestois et des Montalbanais contre lui. Du moins l’armée, la marine sont épurées, el lon destitue Bellanger et Desfosses, les 2 deux derniers qui fussent restés en place parmi les agents de l’admi- - nisiration de la marine venus de Brest et Lorient auprès de Saint- André #.
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1. Moniteur,t. X XIV, pp. 586 et 634, Précis de quelques faits remarquables arrivés à Toulon par Pierre Rochas (Biblioth. nat., LKk7, no 9691); Lauvergne, pp. 653- 655, Brun, t. 11, pp. 269-273, rapport Chambon déjà cité. Sur le jugement et la condamnation, voy. Esquisses historiques : Marseille depuis 1789 jusqu’en 1815 par un vieux Marseillais. Marseille, 1844, 2 vol. in-&, t. I, pp. 10-24; L 108 district, Arch. des Bouches-du-Rhône, et Journal de Marseille par Ferréol Baugeard, 5 thermidor an III (Bibl. commun. Marseille).