Esquisses historiques, t. IL, p
8. Voy. Esquisses historiques, t..1, pp. 422-424, t. Il, pp. 22-25. (L'auteur est un feuillant, et pourtant tout ce qu’il a vu le révolte), et le Mémoire historique sur la reaction royale et sur les massacres du Midi par le citoyen Fréron ex-député à la Convention nationale et commissaire du gouvernement dans les départements méridionaux. Paris, 1834, 382 pp. in-8o (Biblioth. nat. Lh#?2, n° 168), Desgenettes, Souvenirs, t. Il. pp. 412-450. Voy. aussi Procès-verbal, t, LXI, p. 120, une lettre odieuse de Chambon.
-{. Arch. commun, Toulon.
Le'29 prairial, la Commission militaire instituée à Paris le 4 prairial, condamnait à mort Romme, Du Roy, Duquesnoy, Bourbotte, Goujon, Soubrany pour avoir soutenu le peuple au 1* prairial. Au sortir du tribunal ils se poignardaient tous du même couteau, et la guillotine, le même jour, donnait le coup de grâce à Bourbotte, Du Roy, Soubrany qu’on avait relévés respirant encore !. La Commisson militaire donna du travail au. bourreau jusqu’au 11 messidor, mais ni Jeanbon ni ses co-délenus ne passèrent devant elle. Ils n'avaient point encore été décrélés d'accusation, et, pour Jeanbon particulièrement, il était difficile que la majorité thermidorienne pût le frapper sans atteindre en même temps Bréard et Tréhouart, qui avaient été ses collaborateurs. Après la suppression de la Commission militaire, l’Assemblée fut occupée par la discussion de la. Constitution de l'an III jusqu’au 30 thermidor, elle fut effrayée au
cours de fructidor par les progrès de l'agitation royaliste qu’elle-
même avait si imprudemment favorisée. Elle laissa donc en suspens le sort des conventionnels prisonniers.
Dans sa disgrâce Jeanbon n’était point complètement abandonné : Espinasse, parent d’un de ses amis de Montauban, Labrouche, son fidèle secrétaire vinrent le voir ?. Il n’était pas isolé puisqu'il avait la société de ses collègues et compagnons d'infortune. Quels pouvaient être les entretiens de ces personnages autoritaires, naguère passionnés pour la liberté et l'égalité, naguère tout puissants, et qui,
maintenant, déchus de leur haute situation, déçus dans toutes leurs espérances, se trouvaient séquestrés du monde et à la merci d’un caprice de la majorité thermidorienne? Nous ne le savons point malheureusement. Mais Jeanbon avait retrouvé toute sa fierté, toute son énergie fanatique d'autrefois : nous en avons pour preuve, avec les dernières pages de sa Réponse à la dénonciation des citoyens de la commune de Brest, le portrait que David fit de lui le 20 messidor et que nous reproduisons en têle de ce volume. Néanmoins, ses forces physiques étaient épuisées : le 11 messidor, le Comité de Sûreté générale autorisa Baudin des Ardennes à lui envoyer un médecin, et le 28 Jeanbon lui-même demandait, « vu le délabrement de sa santé », à être transféré dans son domicile et à y rester sous caution de membres de la Convention. Le 7? Lhermidor (25 juillet), trois médecins jugeaient Saint-André atteint d’une affection à tendances scorbutiques, et sur leur attestation, le Comité de Sûreté générale arrêla qu'il serait consigné dans son domicile sous la surveillance de deux gendarmes. Ces gardes lui furent retirés le 17 vendémiaire an IV
1. Voy. Les derniers Montagnards par Claretie. 2. F7 4749, Arch, nat.