RUINE DÉFINITIVE DU RÉGIME DÉMOCRATIQUE
(8 octobre 1795), sur son observation qu’il n’ avait plus le moyen de les payer !.
En somme, il faut le dire; Jeanbon avait bénéficié d’une certaine indulgence de la part du Comité de Sûreté générale, et la détention
lui avait été grandement adoucie.
Mais pendant ce temps, ce qui subsistait encore de l’œuvre du
| gouvernement montagnard el de l’œuvre propre de Saint-André,
achevait de disparaître.
Des décrets du 5 et du 13 fructidor (22, 30 août), qui rendaient inéligibles les conventionnels mis en arrestation frappèrent ses collègues de la Montagne et lui-même de déchéance politique ?. La Convention vota la Constitution de l’an IIT, qui substituait au régime du suffrage universel le régime censitaire, qui remplaçait par la
‘prépondérance de la fortune et de la bourgeoisie la prépondérance
de la classe populaire, de la démocratie; cette Constitution, d’autre
“part, opposait le Directoire investi: du pouvoir exécutif aux Conseils des Cinq Cents et des Anciens investis du pouvoir législatif, el par suite
Ôtait d'avance toute force d'action au gouvernement qu’elle établissait.
- La démocratie était aussi définitivement écrasée à Montauban, à Brest, à Toulon, et la puissance navale édifiée avec sa collaboration était réduite à néant. Ce ne fut pas toutefois sans de nouvelles et violentes convulsions qui atlestèrent la vitalité du régime que la Terreur et Jeanbon avaient fondé.
Dans Montauban, au club, le 29 prairial, la lecture de la Réponse de Jeanbon à la dénonciation des citoyens de la commune de Brest, encouragea les amis du Représentant. L’impr'ession de cette brochure fut demandée, un tumulte extrême suivit la motiou, et l'impression fut décidée. Le lendemain, il est vrai, la Société revint sur sa décision. Comme les scènes de trouble se succédaient entre partisans et adversaires de Saint-André, le club fut fermé par la municipalité, probablement le 4 messidor 5. Dans les rues l’agitalion n’était pas moindre, il y eut des farandoles, des cris séditieux. Une adresse fut
envoyée de Montauban à la Convention, par des gens qui se plai-
gnaient d’être gouvernés comme avant le 9 thermidor, qui dénoncaient le juge de paix Gautier, qui déclaraient : «aux yeux de nos terroristes quiconque n’est pas montagnard et Jeanboniste est ennemi de la République », et qui félicitaient la Convention « d’avoir rendu à
1. F7 4749, lettre du 28 messidor analysée au catalogue Et. Charavay, Moniteur, t XX V, p. 558.