‹ Le Conventionnel Jeanbon Saint-André 1749-1813Chapitre 846 sur 889 · BB 62, fol · texte numérisé non relu

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parut point invraisemblable à Talleyrand, alors ministre des relations extérieures, et au Directoire !.

Le consul de France à Alger était absolument abandonné à lui-même, le gouvernement français ne pouvant le soutenir d’une escadre. Mais il n’eut pas un instant de défaillance. Il considérait son poste comme un exil ?. Toutefois, du jour où il en prit possession il en remplit toules les obligations avec le même zèle qu’il apportail précédemment dans ses missions. Naguère, à Toulon, informé qu’il était déchu de sa haute situation au Comité de Salut public, il avait consciencieusement continué sa tâche ; à Alger, simple fonctionnaire, il ne pensait plus à traiter Carnot en égal, puisque la représentation nationale avait fait de Carnot un des membres du Directoire exécutif, et il lui écrivait comme à un supérieur, il ne faisait appel à leurs

relations d’autrefois que pour dénoncer directement au Directeur dont il connaissait le « zèle pour le bien public », des abus qu'il était urgent de réprimer. Il se comportail vraiment en consul de la France, c’est-à-dire en personnage chargé de veiller à nos intérêts dans la Régence. Il renseignait le ministère à Paris et sur tout ce qui se passait à Alger et sur tout ce qu'il pouvait élre utile de porter à la connaissance du Directoire : l'attitude des diverses puissances auprès du Dey, les relations de ce dernier avec les autres princes barbaresques ou avec les divers élats méditerranéens, Gênes, Venise, etc. Il faisait part à Paris des rumeurs qui circulaient à Alger, il étudiait pour ses compatriotes les conditions du trafic. Toujours vigilant, impartial, impitoyable aux fripons, il entretenait avec le ministère des relations extérieures une correspondance remarquable de bon sens et de clairvoyance où il signalait les trafics de Bacri et Busnach, et les complices qu’ils avaient jusque dans les bureaux à Paris. Il agissait d'accord avec le consul d’Espagne, correspondait aussi avec notre ambassadeur à Madrid, semble même avoir fait un voyage en Espagne. Entre temps, il prenait force notes sur l'Algérie, sur ses ressources, sur sa situation à l'heure présente.

‘Il ne réussit point dans tous ses projets. S'il maintint à la Compagnie d'Afrique la protection du Dey, s’il fit accueillir dans les ports algériens nos prises, et libérer les marins français saisis par les Algériens sur des bâtiments neutres, il ne put entrainer Hassan à se liguer avec la France et l'Espagne contre l'Angleterre. D'autre part, il semble qu'il ne put obtenir de notre gouvernement, comme il le lui demandait instamment, l'établissement d'une croisière française sur les côtes barbaresques pour intercepter les navires de commerce anglais qui suivaient cette route du détroit de Sicile au détroit de Gibraltar.

Effectivement, en l’an IV et l'an V, le Directoire ne se préoccupait point de chasser l'Anglais de la Méditerranée, il reportait la guerre

1. AFun 74 et 75 2. Lettre d'Alger à Saliceti, 12 brumaire an VI, reproduite en tête de ce volume.

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