‹ Le Conventionnel Jeanbon Saint-André 1749-1813Chapitre 851 sur 889 · PE RP PA PT ONE FO L À ” #” SA · texte numérisé non relu

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SA NOMINATION A LA PRÊFECTURE pu MONT TONNERRE 1101

lg usurpés par la force sur la faiblesse, et par la fourberie sur l'ignorance, a rendu au peuple ses droits, aux tribunaux leur légitime indépendance, à l'éducation ses principes, à la conscience sa liberté, et aux ministres de tous les cultes leurs fonctions et leurs devoirs ‘ ». Ailleurs, Jeanbon constate que Napoléon a « réalisé le

problème longtemps contesté de la possibilité d’une éducation nationale ? ». Jeanbon a donc pu se rallier au régime napoléonien par

attachement aux idées révolutionnaires comme par goût pour l’autorité.

Mais, dira-t-on, Bonaparte avait saisi le pouvoir par un coup d’Étal militaire contre la représentation nationale, comme en avaient tenté Lafayette et Dumouriez, comme Jeanbon et ses collègues à la Convention etau Comité de Salut public en avaient redouté constamment de la part des généraux? On oublie que Jeanbon avait approuvé les coups d'Etat du 31 mai et du 2 juin, et plus tard celui du 18 fruc-

- tidor accompli avec l’aide des grenadiers d'Augereau. Bonaparte

avait fait ratifier son usurpation par les citoyens dans un plébiscite, comme la Montagne avait soumis l’attentat du 31 mai à la ralificalion des assemblées primaires, convoquées pour voter sur la Constitution de l’an I. Jeanbon, comme nous le verrons, n’admettait pas que les soldats se permissent de disposer du pouvoir, mais il regardait Bonaparte comme l'élu de la nation, et dès lors jugeait que son devoir était d’obéir. Il s'était bien soumis à la volonté nationale

représentée par la Convention après le 9 thermidor, alors que la

Convention suivait une politique contraire à ses idées, persécutait ses amis et finalement le frappait lui-même; le même dogme de l’obéissance à la volonté du peuple lui commandait d’obéir au dictateur acclamé par le vote des citoyens. Ajoutons que cette dictature fut longtemps d’apparences républicaines : le pouvoir remis par la Convention à un Comité de Salut public de douze membres, par la Constitution de l'an III à un Directoire de cinq membres, était simplement concentré par la Constitution de l’an VIT entre les mains de trois consuls. Carnot s’y laissa prendre jusqu'à l’heure où le Premier consul se fit nommer Empereur. £t même alors, Jeanbon put s’abuser sur le caractère du nouveau régime : le senatus-consulte qui consacra ce changement, prétendit simplement « confier le gouvernement de la République à un empereur », et le nom de la République ne disparut que peu à peu du sceau de l'État, des actes législatifs, des monnaies . En 1813 même, quand sera notifiée à Jeanbon son élévation au rang d'officier de la Légion d'honneur, elle lui sera présentée comme un témoignage particulier non seulement « de la bienveillance de Sa Majesté impériale et royale »,

1. Discours à la Société des Sciences et Arts de Mayence, 16 germinal an XII.

2. Discours prononcé par le citoyen Jeanbon Saint-André, préfet du département du Mont Tonnerre, le T frimaire an XII, à l'ouverture du lycée de Mayence, Mayence, impr. Wirth, 30 p. in-8&. Voy. l'Introduction.

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