‹ Le Conventionnel Jeanbon Saint-André 1749-1813Chapitre 96 sur 889 · Révolution française, t. XXI, p · texte numérisé non relu

Révolution française, t. XXI, p

5. L'auteur de son Oraison funèbre dit naïvement : « lors même qu'il énonçait un sophisme, il le présentait avec tant d’art, avec une telle apparence de vérité, que, sans une forte conviction du contraire, il était presque impossible de ne pas l’adopter ».

6. Lettre à la municipalité, Paris, 3 juin 1792, Arch. commun AA, 5; voy. la suite du récit.

7. Voy. Jeanbon à Lasource, 7 février 1792, Révolution française, t. XXI, p. 358, et les témoignages de Beugnot, Puymaigre, sur la vieillesse de Saint-André, ch. xxur.

8. « Sa conversation était si vive, si pure, si spirituelle qu’en l’entendant parler le sentiment d'admiration qu’on éprouvait empêchait de trouver des expressions pour lui répondre « (Oraison funèbre).

9. Par exemple, lettre de Paris, 22 avril 1792 à la municipalité (Arch. commun, AA, 5); le 8 juin suivant, la municipalité le chargeant de réclamer au gouvernement des avantages excessifs, il répond : « cela ressemble trop à l’ancien régime où chaque ville était contente non seulement de ce qu’elle obtenait pour elle-même, mais encore de ce qu’elle ravissait aux autres » (ibid.); chargé d’une autre demande, il répond qu'elle n’a pas réussi : « et je me fais un devoir d’avouer que cela devait être parce que je n'avais pas la vérité pour moi » (6 juin, ibid.). Voy. la lettre au Consist. du 27 avril 1792 : « fidèle à mes principes, je ne m'en écarterai jamais ». {1 écrit à la municipalité qu’il fait « profession de penser qu’il n’y a rien de si dangereux que de ne faire le bien qu’à demi » (Paris, 13 avril 1792, Arch. commun. AA, 5).

10. Voy. p. 101 la lettre qu'il rédige au nom du elub de Montauban pour la Société des Feuillants, après la scission entre celle-ci et les Jacobins.

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homme d’État, il était che d’ameuter le club et de le discipliner. Beaucoup d’autres pasteurs, servis par la même éducation politique et les mêmes principes, portés comme lui aux affaires par l’expansion des réformés, auront dans la Révolution un rôle; sauf Rabaut Saint-Elienne et Lasource, aucun ne l’aura aussi considérable à;

Jeanbon débuta le 3 avril 1791 à la tribune du club ?, nous ne savons à quelle date il y était entré, antérieurement sans doute, car nous allons voir que la motion qu’il fit en ce jour était d'importance, et il devait lui avoir préparé les voies en se créant sourdement un parti. C’était le moment où l’Assemblée nationale achevait la Constitution et se préparait à céder la place à un autre corps de représentants ; le 29 octobre 1789, elle avait fixé le mode

des élections et les conditions d'éligibilité *, du 16 au 27 mai, elle allait reprendre et terminer la discussion relative à la convocation de la nouvelle assemblée ÿ. Dans cette séance du 3 avril, Jeanbon proposa une adresse du club aux citoyens, afin de « leur démontrer la futilité des richesses les inviter à les considérer moins que le mérite lors des élections © ». L'adresse fut votée, mais dès lors Jeanbon compta dans le .club- +: ennemis acharnés. Les bourgeois qui avaient obtenu par le décret du marc d'argent le privilège de recruter

1. « Boute-feu infatigable...… bon instrument de tyrannie, mais par sa résolution et son audace en état de s'élever aux premiers rangs » (Mallet du Pan, à la date du 8 mars 1794, Mémoires et Correspondance, 1. II, p. 45).

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