INTRODUCTION XVII
Tel est le cas de Levasseur lorsque, en pluviôse an II, il accuse Philippeaux d’être un Girondin parce que celui-ci, en décembre 1793, a dit du bien de Roland, de Carra, de Gorsas; mais il évite soigneusement de dire que Philippeaux revint, et assez rapidement, sur l’opinion qu'il avait exprimée dans le numéro incriminé de son journal.
b) Examinons maintenant le cas où il est impossible de contrôler les dires de Philippeaux.
Nous devons alors nous demander quels motifs il a pu avoir d’altérer la vérité, soit volontairement, s’il y a mensonge, soit inconsciemment, s’il y a erreur.
Ces motifs peuvent être :
1° L'intérêt. Philippeaux a été un homme politique; il ‘a été choisi par les suffrages de ses concitoyens, comme officier municipal, comme juge, comme député à la Convention. Il peut avoir eu intérêt à parler de lui avantageusement, à donner de sa conduite ou de son caractère une idée qui lui aurait valu une estime imméritée.
Mais nous avons un certain nombre de preuves de son désintéressement :
Il soutient le partage égal des successions, bien qu'ayant intérêt à le combattre.
Il préconise l’attaque des Vendéens par Nantes, alors que son intérêt, qui est de les faire attaquer par Saumur, devrait le rallier au plan Choudieu.
Il s’attaque au terrible Comité de salut public, sachant très bien le danger que cette attitude lui fait courir, et que son intérêt lui commande de se taire.
2° Le préjugé. Il a vécu à une époque où les opinions étaient nettement tranchées, divisées entre aristocrates et partisans de la Révolution, — entre Montagnards et Girondins, — entre partisans de Robespierre et indépendants. Quand on soutient une opinion, on est amené, quel-