XVIII INTRODUCTION
quefois sans s’en douter, à voir les choses sous un jour spécial qui les défigure, à mal juger ceux qui soutiennent l'opinion opposée. Le parti pris est une source d'erreurs.
Mais Philippeaux est exempt de parti pris autant qu'on peut l'être. Il étudie consciencieusement et scrupuleuse-. ment toute question sur laquelle il est appelé à se prononcer. Il ne craint pas de revenir sur son opinion premiere, quand il croit s’être trompé :
Il a manifesté son respect pour le roi avant de le combattre.
Il a soutenu les Girondins avant de se tourner contre eux.
(Il n’y a pas là un revirement subit dicté par l'intérêt : c’est un revirement lent, un changement progressif dans les idées, comme nous pouvons nous en rendre compte par son journal.) à
Il à soutenu, dans le procès de Louis XVI, l’appel au peuple; il s’est ensuite prononcé contre cette mesure, quand, par un examen approfondi, il l’a jugée dangereuse.
Il a d’abord eu de Biron une opinion favorable, qu’il ne cacha pas au Comité de salut public ; il approuva ensuite les mesures prises par le Comité contre Biron.
Donc, ce n’est pas un obstiné, attaché sans retour à une opinion. — Est-ce alors un esprit versatile, une « girouette », changeant facilement d'idées? Pas davantage : il est des questions sur lesquelles il n’a jamais varié, par exemple :
La question du partage égal des successions ;
Son opinion sur Marat : même quand il combat les Girondins, il n’aime pas Marat, il n’en a jamais dit de bien ;
Son opinion sur le projet d'attaquer les Vendéens par Nantes : il a toujours été convaincu que c’était le plan le meilleur, il l’a toujours soutenu.