INTRODUCTION VII
population : bien des hommes ont été dans son cas, ont pensé comme lui, évolué comme lui. Son exemple sert à nous faire comprendre comment les Français passèrent de l'amour pour Louis XVI, pour ainsi dire universel en mai 1789, à la Laine, non seulement du roi, mais de la royauté.
Dans la seconde partie, nous le suivons à la Convention. Là, c’est un indépendant, il n'appartient à aucun groupe, à aucun parti. Il garde, comme il le dit luimême (1), l'attitude d’un « observateur attentif et impartial », également éloigné de toutes préventions comme de tout engouement. Il n’est inféodé à aucun personnage. Son amitié pour un collègue ne l'empêche pas d’en parler librement, de le juger sévèrement au besoin (2).
Aussi impartial qu'il était possible de l’être en ces circonstances de guerre civile, Philippeaux est amené, par l'expérience et par un mouvement d'opinion, à adopter peu à peu la politique de la Montagne, lui qui avait été d’abord sympathique aux Girondins; mais, même alors, il n’aliène pas pour cela sa liberté de jugement, il ne s’astreint jamais à suivre en tout les opinions d’un homme ou d’un groupe d'hommes.
Sa participation aux travaux de la Convention : procès de Louis XVI, œuvre constitutionnelle, juridique, économique, nous fait aborder quelques-unes des questions dont l'Assemblée eut à s'occuper. Les idées qu’il développe à leur sujet, qu’elles soient adoptées (3) ou repoussées (4), offrent toujours de l'intérêt.
(1) Lettre du 5 novembre 1792 à la Société populaire du Mans. V. p. 88, n.2.
(2) C'est le cas pour Camille Desmoulins. V. p. 97.
(3) Comme les mesures qu'il propose relativement aux subsistances, adoptées pour la plupart dans le décret du # mai 1793 ; sès efforts pour faire admettre le partage égal des successions, couronnés de succès.
(4) Par exemple, ses idées sur le Tribunal révolutionnaire. M. Wal-