VIII INTRODUCTION
Les trois mois et demi que dure sa mission dans les départements du Centre et de l'Ouest — mission qui fait l’objet de la troisième partie de cette étude — sont un moment décisif dans sa carrière politique. C’est la partie de sa vie qu'ont le plus étudiée les historiens. Il est impossible de n’en pas tenir compte à qui s'occupe de la guerre de Vendée (1). Incapable de se taire en présence des maux dont il est le témoin, des abus dont il s’indigne, il les signale, il les dénonce. Il désapprouve la direction donnée à la guerre, il s'élève contre certains hommes à qui cette direction est confiée, Il se trouve en contradiction avec. d’autres représentants, avec des généraux : il entre en lutte avec eux.
Ses contradicteurs, Rossignol, Choudieu, ont laissé des écrits qui ont. été livrés au public dans ces derniers temps (2). Choudieu surtout s’est montré l'adversaire acharné de Philippeaux. Ayant eu cette fortune de survivre à la tourmente révolutionnaire, il n’a pas tenu compte de ce fait, que celui qu'il continuait d'attaquer n’était plus là pour se défendre. Dans des notes restées longtemps manuscrites, il l’a non seulement contredit, mais injurié avec autant d’âpreté que si Philippeaux eût été encore vivant, en état de répondre. Par la publication récente de ces documents, le public a été mis au courant de l'attaque; il nous semble juste que la défense lui soit également
lon s'étonne que ce député, en somme modéré, ait réclamé avec tant de persistance un tribunal sans jurés. L'étonnement cesse quand, pour étudier la question à fond, on ne se contente pas des quelques lignes qui sont au Moniteur et qu'on se reporte au discours que Philippeaux voulait prononcer et qu'il fit imprimer.
(1) C'est à propos de cette mission que Michelet lui consacre les pages dont nous avons parlé. La Vendée patriote, de M. Chassin, nous montre l'importance des faits et dires de Philippeaux et la place qu'ils tiennent dans une étude sur la guerre de Vendée.
(2) Ceux de Rossignol, en 1896, par M. V. Barrucand; les notes de
‘houdieu sur la Vendée, en 18S9, par M. Queruau-Lamerie, et en 1897, par M. Barrucand.