‹ Le Conventionnel PhilippeauxChapitre 49 sur 78 · VUES DE PHILIPPEAUX SUR L'ARMÉE DE MAYENCE · texte numérisé non relu

VUES DE PHILIPPEAUX SUR L'ARMÉE DE MAYENCE

Après avoir arrêté, de concert avec les généraux, un certain nombre de mesures destinées à mettre Angers à l’abri de toute attaque, Philippeaux partit Pour Nantes et arriva dans la nuit du 30 au 31 juillet à Ancenis, où il passa la journée avec Gillet et Cavaignac. Là il trouva « une transition frappante du mal au bien »; le camp et la garnison d’Ancenis, quoique peu nombreux, faisaient trembler l’ennemi par leur bravoure et leur exacte discipline, (2) Aussi, la petite armée des côtes de Brest qui était à Nantes et à Ancenis avait toujours remporté des succès, tandis que la grande armée de Tours et de Saumur n'avait éprouvé que des désastres. Toutes deux avaient été formées des mêmes éléments et à la même époque, mais un tout autre esprit dans la méthode des chefs les dirigeait (3).

(1) Réponse à tous les défenseurs, p. 36, note. (2) Compte rendu, 2° partie, p. 39.

(3) Réponse à tous les défenseurs, p. #0,

Cependant, Nantes n’était défendu que par une garnison insuffisante; il n’y avait que six ou sept mille hommes pour garder les nombreux postes de la ville et la rive droite de la Loire sur vingt-cinq ou trente lieues. Le 11° bataillon de Seine-et-Oise voulait rejoindre ses foyers et, comme il ne s'était engagé que pour trois mois, jusqu’au 15 août, on ne pouvait le retenir. On attendait avec impatience l’armée auxiliaire, qui devait être formée des forces levées par Philippeaux et ses collègues Méaulle, Esnüe de la Vallée et Fouché, au cours de leur mission ; maïs rien n’arrivait. Les corps administratifs, inquiets, résolurent d'envoyer un commissaire à Saumur et à Tours, pour s’enquérir des causes du retard qu'on mettait à secourir Nantes. Philippeaux proposa d'accompagner ce commissaire pour appuyer sa négociation, ce qui fut accepté (1).

Philippeaux se trouvait à Nantes avec Gillet, Cavaignac et Turreau. Avant de quitter la ville, il eut avec eux un conciliabule sur les moyens de terminer la guerre. Le Comité de salut public avait, dans sa séance du 1° août, décidé l’envoi en Vendée de la garnison de Mayence (2). Ses collègues, ainsi que les généraux Canclaux, Beysser et Grouchy, furent unanimes à déclarer « que le système pratiqué jusqu'alors était aussi détestable en théorie qu'il avait été funeste dans l’exécution; que nous éprouverions toujours des désastres tant qu’on voudrait attaquer par les points supérieurs de la Vendée, tandis qu’en débutant avec vigueur depuis Nantes jusqu'aux Sables, le succès était infaillible (3) ». Le principe était « de porter la principale offensive sur la ligne de Nantes à Niort, en balayant les rives maritimes, pour couper toute communication avec l'Angleterre (4) ». Ils remirent à Philippeaux une dépêche

(1) Compte rendu, 3 partie, p. 19.

(2) Rec. des act. du Com. de sal. pub., t. NV, p. 440.

(3) Compte rendu, 3° partie, p. 20.

(4) Réponse à tous les défenseurs, pp. 40-41. Emm. Grouchy avait

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