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LES OPÉRATIONS DE SEPTEMBRE ET LES CRITIQUES DE PHILIPPEAUX

Le 3 septembre, Rossignol et Canclaux concertèrent le plan de campagne de l’armée des côtes de la Rochelle et de l’armée de Nantes. La première devait se tenir sur une défensive active, sauf la division des Sables, qui opérerait offensivement jusqu’à sa jonction avec l’aile droite de l’armée de Nantes et l'aile gauche de la division de Chantonnay. La marche des autres divisions était réglée de manière qu’en avançant toutes à la fois à partir du 10 septembre, elles cerneraient l'ennemi sur tous les points et se trouveraient réunies le 16 autour de Mortagne, après avoir balayé devant elles ce qu’elles trouveraient de Vendéens sur leur passage.

(4) Arch. nat. AFn 267, — Rec. des act. du Com. de sal, pub., p. 264.

On areproché à ce plan de disséminer les forces républicaines (1). « Ce que vous appelez une dissémination de forces, répond Philippeaux (2), ne faisait au contraire que les rapprocher et centraliser leurs mouvements. Ne fallait-il pas cerner les brigands pour les vaincre (3)? »

La seconde armée, c’est-à-dire l’armée de Mayence réu-

(1) Hentz en particulier (Observalions sur la guerre de la Vendée, pp. 11 et 17). Ses critiques peuvent se résumer ainsi : le plan soutenu par Philippeaux disséminait ies forces des républicains : il y avait vingt, trente, quarante lieues entre chaque corps d'armée; l'ennemi, placé au centre, à Mortagne, pouvait se porter à volonté sur les corps d'armée qui le cernaient, vu la facilité avec laquelle il se mouvait, n'ayant ni train, ni suite, presque pas de canons, de caissons ni de chariots; tandis que les armées républicaines, trop éloignées les unes des autres, ne pouvaient se porter aucun secours. Les Vendéens pouvaient ainsi battre deux et même trois corps républicains le même jour. — C'est celte « dissémination de forces » qu'ont surtout vue, dans ce qu'on à appelé « le plan Philippeaux », les biographies courtes et mal informées. Par exemple, la Biographie Michaud dit, au mot Philippeaux : « Etranger à toutes notions de l’art militaire, il avait eu la prétention de concevoir un plan de campagne... qui consistait principalement à disséminer les forces opposées aux insurgés. » La Biographie Didot lui attribue un système de « colonnes mobiles qui frapperaient les rebelles à l'improviste et sur plusieurs endroits dans un court espace de temps », tandis que « le plan de l'état-major de Saumur était de marcher en colonnes imposantes, d'occuper les grands centres et de ne combattre l'ennemi qu'avec certitude de succès ». :

(2) Réponse à tous les défenseurs, p. #1.

(3) En quoi, du reste, les forces républicaines auraient-elles été moins disséminées dans le plan que Ronsin avait fait passer le 29 août au Comité de salut public, que dans celui qui fut adopté ? Dans le plan Ronsin (Savary, t. Il, pp. 85-87), l'armée était divisée en cinq colonnes, de 7000 hommes chacune, dont la marche était calculée « de manière qu'elles se soutiennent et attaquent l'ennemi en même temps de tous les côtés >. Une colonne, formée de troupes cantonnées à Doué, à Saumur et aux Ponts-de-Cé, se concentrait à Brissac et dirigeait sa murche sur Clisson par Chemillé, Jallais et Beaupréau ; une seconde colonne, rassemblée à Doué, gagnait Cholet par Vihiers et Coron; la troisième, prise comme la seconde dans l'armée de Mayence, partait de Doué pour Mortagne, pa! Argenton et Châtillon. La quatrième se portait de Chantonnay sur Montaigu; la cinquième enfin, colonne de réserve, campée entre les Sables et Machecoul, devait couvrir la Rochelle et se porter sur les rebelles, s'ils tentaient de se réfugier vers la mer.

nie à celle des côtes de Brest, sortirait de Nantes le 11 ou le 12 septembre et se trouverait également, le 16, devant Mortagne, qui était le point de concentration de toutes les forces républicaines et que Rossignol se réservait le droit d'attaquer s’il le jugeait convenable.

Les choses ainsi réglées, Philippeaux partit pour Nantes, le 4 septembre, avec l’armée de Mayence. Il y resta jusqu'au 10 octobre. Choudieu lui reproche d’être demeuré bien tranquille à Nantes pour. garder les bagages. « Il n’est pas défendu d’être prudent », ajoute-t-il ironiquement (1). Philippeaux ne resta pas inactif à Nantes; nous avons vu combien il y fut occupé par l’esprit de rébellion qui soufflait sur cette ville; ne se fût-il donné qu’à la lutte contre le fédéralisme, elle aurait suffi à l'empêcher de rester « bien tranquille »; mais les événements politiques ne l’absorbèrent pas seuls; il eut aussi, avec Gillet, à donner ses soins à l’administration et ce ne fut pas une mince besogne. Tout était à créer. L'armée de Nantes n'avait ni subsistances, ni fourrages, ni fonds pour en acquérir (2); elle manquait d’habits, de souliers, de chemises, d'armes ; le service des charretiers d’artillerie n’était pas organisé. Le ministère s’obstinait à tout envoyer à l’armée de la Rochelle; les équipages de vivres, les effets de campement, envoyés par Tours, étaient

(1) Mémoires, p. 428. Philippeaux lui répond: « Quant à Nantes, si je ne suivis point l’armée, nos collègues Gillet, Merlin, Cavaignac, Reubell, T'urreau et Ruelle te diront que ce fut de ma part un sacrifice à leur décision formelle. Ils savent combien je fis d'instances pour accompagner nos braves soldats et que, me jugeant plus utile pour l'administration dans une ville où j'avais déjà fait quelque bien, ils m'y clouèrent avec mon collègue Gillet. Mais lorsque nous apprimes la malheureuse déroute de Mortagne.…., nous ne craignimes point de voler à la rencontre des brigands, de rallier les fuyards, de pénétrer plus d’une lieue au delà du point où le général nous avait croisés et de rester à l’arrière-garde jusqu'à ce qu'il n'y eût plus de danger à craindre. > (Réponse à tous les défenseurs, p. 51.)

(2) Zbid., p. 57.

arrêtés à Angers et à Saumur. La commission des habillements n’envoya pas une seule aune de drap; on ne reçut que des souliers qui ne pouvaient servir. Il fallut pourvoir à tous les besoins sur les lieux mêmes. C’est là ce que Choudieu appelle « garder les bagages ». Gillet et Philippeaux s’occupèrent aussi d'établir des hôpitaux (1).

Mais, tout en restant à Nantes, Philippeaux n’en suivit pas moins la marche des opérations (2), et la direction qui leur était donnée ne tarda pas à remplacer la satisfaction qu’il avait éprouvée le soir du 2 septembre par un véritable désespoir.

L'armée de Nantes exécuta le plan du 3 septembre tel qu'il avait été arrêté : elle se mit en marche le 10 et s’avança sur Mortagne en s’emparant de Port-Saint-Père, Pornic, Bourgneuf, Machecoul, Villeneuve, Aigrefeuille, Légé, Palluau, Montaigu et Clisson. Elle était le 15 à la hauteur où la jonction devait s’opérer entre toutes les divisions des deux armées pour assiéger Mortagne ; elle apprit alors que le 11, un nouveau conseil de guerre tenu

(1) Compte rendu, 3 partie, pp. 46-47 ; 4 partie, pp. 25-26. Hentz déclare que, quand il arriva à Nantes, « Philippeaux faisait un catéchisme pour convertir les rebelles; Gillet s'occupait utilement des subsistances et des parties administratives ». (Observations sur la guerre de la Vendée, p. 13.) Philippeaux répondit que son catéchisme était fait depuis longtemps quand Hentz arriva à Nantes. Pendant son séjour dans cette ville, en effet, il y fit imprimer le Catéchisme moral et religieux qu'il avait déjà publié dans son Défenseur. Nous verrons plus loin que Hentz arriva le 8 octobre, avec Prieur et Bourbotte, pour installer Léchelle à la place de Canclaux, trois jours avant le départ de Philippeaux. « Ce n’est donc point, continue celui-ci, à faire un catéchisme que Hentz me trouva occupé, mais à entendre, conjointement avec mes collègues Gillet et Ruelle, les réclamations multipliées des citoyens qui se succédaient chaque jour par centaines depuis sept heures du matin jusqu'à dix du soir. » (Réponse à tous les défenseurs, p. 17.) Le nombre des arrêtés pris, des lettres écrites, des proclamations faites en commun par Philippeaux et ses collègues à Nantes prouve la véracité de ce qu’il avance.

(2) Le récit de la campagne de septembre est dans son Compte rendu, 3° partie, pp. 48-59, et 4° partie, pp. 5-A7.

à Saumur avait complètement changé le plan de campagne du 3 et que les divisions soumises au commandement de Rossignol, au lieu d'avancer de leur côté, avaient reculé sur l’ordre du général en chef.

Ce recul eut les conséquences les plus graves (1). D'abord, profitant de l'incertitude où ce changement de tactique mettait l’armée’ de Nantes, les Vendéens attaquèrent et battirent son avant-garde à Torfou, le 19 septembre; puis ils se tournèrent contre la colonne de Beysser, stationnée à Montaigu. Chalbos et Mieskowski l’auraient secourue s'ils

(4) Aussi les défenseurs de Rossignol l'ont-ils nié. « Il est faux, disent Choudieu et Richard, que Rossignol ait jamais donné l’ordre à une seule colonne de rétrograder. » (Les représentants du peuple près l'armée de l'Ouest, réunis à Saumur, aux représentants du peuple composant le Comité de salut public de la Convention nationale.) C'est une « imposture avancée par Philippeaux », dit Choudieu (Mémoires, p. 432.) Ils ont pu nier d'autant plus facilement que cet ordre fut détruit. « Le texte de l’ordre a disparu, dit M. Chassin ; sans doute il a été anéanti aussitôt après les événements qui en ont été les conséquences funestes, car il pouvait servir de preuve capitale aux formidables accusations de Philippeaux. » (La Vendée patriote, t. II. p. 79.) Mais un document aussi grave y supplée: c'est un arrêté de F'ayau et Bellegarde (La Chataigneraie, 17 septembre) qui demandent à Rossignol pour quels motifs il a ordonné le mouvement rétrogade que doit opérer la division à laquelle ils sont attachés, — c'est-àdire la division Chalbos. (Min. de la guerre, armée des côtes de la Rochelle.) V. sur cette question Chassin, l& Vendée patriote, t. III, p. VL et pp. 79-82. — Enfin Chalbos écrit à Mieskowski de la Chataigneraie, le 17 septembre : « D'après la lettre que je reçois à l'instant du général en chef Rossignol, l'arrêté du conseil de guerre tenu à Saumur le 11 septembre doit avoir lieu. » En conséquence il donne des ordres pour une série de mouvements rétrogrades. « Vous voyez, ajoute-t-il, que l’ordre du général en chef annule l'arrêté du conseil de guerre tenu à Saumur [le 2 septembre]. (Compte rendu, 4° partie, pièces justificatives, n° 7,) — Parlant des preuves que M. Chassin a données de cet ordre de recul, M. Barrucand dit, dans son édition des Mémoires de Choudieu: « Les explications de Choudieu en deviennent moins décisives, mais cela ne légitime pas les accusations inconséquentes de Philippeaux.» Il nous semble que ces preuves détruisent complètement les dires de Ghoudieu, et nous ne voyons pas ce qu’il y a d'inconséquent dans l'accusation de Philippeaux, quand, d'accord avec Merlin, il attribue les désastres des républicains au recul des divisions qui devaient soutenir l’armée de Mayence.

. avaient rejointe, comme il était convenu ; mais l’ordre de Rossignol les ayant forcés à rétrograder, Beysser fut accablé par l’ennemi (21 septembre). Enfin, le lendemain, Mieskowski, attaqué à Saint-Fulgent par 40.000 Vendéens, se replia sur Chantonnay, pensant y trouver la colonne de Chalbos; mais le mouvement rétrograde ordonné par Rossignol lui fit trouver, au lieu d’une armée amie, les Vendéens qui en avaient pris la place (23 septembre).

Philippeaux et Gillet étaient accourus près de Beysser pour le soutenir; ils avaient l'intention d'attaquer Montaigu, quand une dépêche de Rossignol sur la situation de Saumur et d'Angers vint de nouveau changer la marche et décider la retraite de Clisson sur Nantes (1). L'armée partit le 22 au matin ; le 23, de nouvelles dépêches de Ross'gnol et des représentants près de son armée l’engagèrent à reprendre son ancienne position et à investir Mortagne, ajoutant que Chalbos recevait l’ordre de la seconder avec un corps d'armée considérable (2). L'armée de Nantes se remit donc en marche, s’empara de Montaigu le 27 et de Clisson le 28. Elle attendait la division Chalbos qu’on lui avait promise. Mais Rossignol réunit un troisième conseil de guerre, qui, de nouveau, changea les dispositions (3), arrêta un troisième plan de campagne et

(1) Compte rendu, 4 partie, pièces justificatives, n°° 9, 10, 12.

(2) Ibid., n° 13, lettre de Choudieu, Richard et Bourbette aux représentants près les côtes de Brest. « Comptez peu sur les divisions stationnées à Saumur et à Angers. Il n’en est pas de même du corps d'armée aux ordres de Chalbos, il doit vous seconder efficacement. » N° 15, lettre de Bourbotte et Richard (Saumur, 27 septembre):«Chalbosrecoit l'ordre de réunir un corps d'armée considérable pour vous seconder, »

(3) Le récit de Philippeaux est confirmé par la lettre de Merlin (de Thionville) à la Convention (Arch. nat., ADxvir1 a, 55 ; Rec. des act, du Com. de sal. pub., t. VII, p. 161; Compte rendu, 4° partie, pièces justificatives, n° 16.) « Ainsi, disait Merlin, nous nous trouvons pour la seconde fois à portée de tomber sur les principaux repaires des brigands et en force pour les écraser, quand on nous arrache la

rappela Chalbos sur Bressuire. C'était la seconde fois que Rossignol donnait à Chalbos un ordre de recul (1). Les fautes commises par suite de l’ineptie de Rossignol inquiétèrent sans doute ses amis. Ronsin vint à Paris faire au Comité de salut public des « rapports fabuleux» (2) et aux Jacobins des discours dans lesquels il faisait retomber tous les échecs des républicains sur Canclaux et Aubert- Dubayet (3). En vain Philippeaux et ses collègues pres-

moitié des forces nécessaires. >» V. également sa lettre au Comité de salut public [Saint-Fulgent, # octobre] (Rec. des act. du Com. de sal. pub., t. VII, p. 217) et la discussion à laquelle elle donna lieu à la Convention, le 16 vendémiaire (Moniteur, t. XVIII, p., 71). La lettre que Philippeaux et Gillet écrivirent de Nantes, le 7 octobre (1biq., p. 91-92 ; Rec. des act. du Com. de sal. pub., t. VII. p. 285) est de tout point d’accord avec celles de Merlin.

(1) Ge second ordre ne put être nié, comme le premier. « Que l’on fasse, dans ce moment même, rétrograder ces colonnes (celles de Chalbos et de Mieskowski), l'arrêté dont je joins copie en est lapreuve », écrit Merlin. Cet ordre est dans le Compte rendu de Philippeaux, 4° partie, pièces justificatives, n° 17 (copie de la lettre de Rossignol à Canclaux [Saumur. 2 octobre] et copie de l'arrêté du même, ordonnant la concentration des divisions Santerre, Chalbos et Rey sur Bressuire). — Pour défendre Rossignol, Hentz accusa Canclaux. « La querelle qu'il (Philippeaux) élève, écrivait-il plus tard, roule sur l’inexécution du plan arrêté au conseil de guerre tenu à Saumur; il prétend que Rossignol et ses collègues Richard, Bourbotte et Choudieu y ont contrevenu dans tous les points. Mais ceuxci font le même reproche à Canclaux et à Philippeaux; et si Philippeaux accuse Rossignol de ne s’être pas trouvé au jour marqué à Cholet, celui-ci accuse Canclaux de ne s'être pas trouvé lui-même le premier à Mortagne, ainsi qu'il en avait pris l'engagement .> (Observations sur la guerre de la Vendée, p. 16.) «Il est constant que Canclaux ne s'est pas plus trouvé à Mortagne au jour indiqué que Rossignol à Cholet; donc l’un et l’autre ont manqué au rendez-vous; et si quelqu'un était coupable, ce serait celui qui a manqué le premier, c’est-à-dire Canclaux. » (Ibid, p. 17.) Ces allégations donnent la mesure de la mauvaise foi des adversaires de Philippeaux. Rossignol manque au rendez-vous fixé parce que, par un second conseil de guerre tenu en l'absence de ceux qui avaient assisté au premier, il bouleverse le plan arrêté dans ce premier conseil, — plan que Canclaux exécutait fidèlement de son côté; — et c'est Canclaux que Hentz déclare le plus coupable ! s

(2) Compte rendu, 4° partie, p. 12.

(3) Moniteur, t. XVIII, p. 10. Ronsin déclare aux Jacobins (27 sep-

saient-ils le Comité d'envoyer sur les lieux deux de ses membres pour vérifier les faits ; en vain trois d’entre eux allèrent-ils l’en conjurer, lui portant une collection de preuves matérielles ; le Comité ne voulut rien voir, rien entendre, et le 6 octobre arriva, par un courrier extraordinaire, la destitution de Canclaux et de Dubayet. L’armée resta deux jours sans chef, abandonnée à elle-même au centre du pays ennemi. Le 8, Prieur et Hentz, envoyés par le Comité, vinrent avec Bourbotte installer Léchelle dans le commandement des deux armées réunies en une seule sous le nom d’armée de l’Ouest. Philippeaux approuva cette réunion. De toutes les mesures adoptées pour la Vendée, dit-il, c’est la plus sage.

Jugeant le fédéralisme terrassé à Nantes, il quitta cette ville le 10 octobre et vint à Paris solliciter son rappel. Le 13 octobre, la Convention lui aecorda satisfaction et rappela en même temps Choudieu, Richard, Ruelle, Bourdon (de l'Oise) et Goupilleau (de Fontenay) (1). Le

tembre) que l’armée des côtes de la Rochelle est dans le plus déplorable état par la faute de Canclaux et de Dusayet.

(1) Décret du 22° jour du 1 mois de l'an II [13 octobre 1793] (Rec. des act. du Com. de sal. pub., t. VII p. 395). Choudieu se trompe quand il écrit: « Nous fûmes tous contents d'être rappelés, excepté Philippeaux, qui provoqua dans l'Assemblée de nouvelles divisions », etc. C'est Philippeaux qui demanda lui-même son retour: « Je partis de Nantes le 10 octobre, dit-il, pour solliciter mon rappel et l'examen de la conduite de mes bourreaux. J'obtins l’un et l’autre.» (Philippeaux à ses collègues et à ses concitoyens, p. 15-16.) « Je n'étais plus à Nantes quand les brigands passèrent la Loire; dès le 12 [octobre], j'étais à Paris pour solliciter mon rappel. » (Réponse à tous les défenseurs, p. 66.) Philippeaux était donc de retour à Paris la veille du décret de rappel. Au contraire, Choudieu, ainsi que Richard, resta à l’armée de la Rochelle longtemps après ce décret. Il dit bien: « Je partis le jour même où le Moniteur m'annonça mon rappel. » Le 21 octobre, il écrit d'Angers au Comité de salut public (Rec. des act, du Com. de sal. pub., t. VIL, p. 547). Le même jour, Richard écrit, de Saumur : « Il ne nous est pas possible de quitter ce pays dans ce moment : nous connaissons le décret qui nous rappelle... mais il faut avant tout sauver la République », etc. (Rec. des act. du Com. de sal.

lendemain, 14 octobre, Philippeaux annonçait à la Convention les mesures qu’il avait prises à Nantes pour y rétablir l’ordre (1).

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