‹ Le Conventionnel PhilippeauxChapitre 6 sur 78 · X INTRODUCTION · texte numérisé non relu

X INTRODUCTION

l'amitié et aussi par la communauté de vues sur certains points ; mais ses ennemis ne purent le comprendre dans l'accusation de « modérantisme » qui fut lancée contre les Dantonistes, dans le reproche qui leur fut fait de vouloir avant l’heure un « comité de clémence (1) ». Les pamphlets de Philippeaux qui l'ont conduit au Tribunal révolutionnaire ne respirent point la clémence; il demande, au contraire, toutes les sévérités de la justice contre ses adversaires et ses contradicteurs; il ne parle que d'envoyer à l’échafaud ceux qu’il accuse d’être les auteurs des désastres de la République en Vendée. Il ne tient donc aux Dantonistes que par son amitié avec Danton et Desmoulins et la communauté du sort qu'il subit avec eux, en même temps qu'eux ; mais dans ce groupe, il joue son rôle spécial, il a sa physionomie à part et son histoire distincte ; les moyens employés pour le perdre ne sont pas les mêmes que ceux qui servirent contre ses compagnons.de lutte.

Les six derniers mois de sa vie nous permettent d’étudier avec quelque détail les procédés de polémique sous la Terreur. Une polémique sur la question des responsanon comme eux par ses fautes, mais martyr du devoir, victime de sa véracité courageuse, de son éloquence héroïque et de sa vertu. » (Histoire de la Révolution, iv. XI, ch. 11.)

(1) C'est ce que n’a pas vu Mignet, quand il le range dans le < parti modéré de la Montagne, qui demandait la cessation du gouvernement révolutionnaire et de la dictature des Comités ». Les Dantonistes, dit-il, « cherchèrent à rétablir l’ordre légal et l'indépendance de la Convention; ils voulurent abattre la faction de la Commune, arrêter l'action du Tribunal révolutionnaire, vider les prisons remplies de suspects, réduire les pouvoirs des Comités ou les dissoudre. Ge projet : de clémence, d'humanité et de gouvernement légal fut concu par Danton, Philippeaux, Camille Desmoulins, Fabre d'Eglantine, Lacroix, le général Westermann et tous les amis de Danton. » (Histoire de la Révolution française, t. IT, p. 34) Nous ne voyons nullement que Philippeaux, dans ses écrits, ait demandé la cessation du gouvernement révolutionnaire, ni qu'il ait tenté d'arrêter l’action du Tribunal

révolutionnaire, où il voulait faire envoyer les hommes auxquels il imputait nos désastres en Vendée.

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