INTRODUCTION XI
bilités dans la guerre de Vendée, une polémique qui mettait en cause le Comité de salut public, devait fatalement aboutir à une lutte politique dans laquelle l’advorsaire qui succomberait paierait sa défaite de sa vie. Cette dernière partie de notre travail nous montre par quelles machinations on attaquait l'ennemi qu’on voulait perdre, dans quel réseau d’intrigues on l’enlaçait, comme dans un filet dont les mailles, en s’enroulant autour de lui à mesure qu'il s’y débattait, lui enlevaient toute possibilité de résister et de se défendre. Nous assistons à la série des manœuvres qui ont pour but de se débarrasser d'un adversaire gênant : dénonciations dans les grands clubs, Jacobins et Cordeliers; — attaques dans les elubs secondaires, qui emboîtaient le pas aux premiers : Club électoral, Société de l’Ami du Peuple, Société des Gobelins, Société populaire des Défenseurs des Droits de l'Homme et du Citoyen, etc., — insultes dans les pam-' phlets, comme ceux de Vilain d'Aubigny et de Levasseur, et dans les journaux : Père Duchesne, Journal de la Montagne, Journal des Hommes libres, ete., — diffamation dans des placards affichés à profusion sur les murs, — Création d’un parti factieux auquel on donne son nom (on a dit les philippotins, comme on avait dit les rolandistes et les brissotins), — entin, pour le coup de grâce, fabrication d’une conspiration en provincé, dont on le fait le chef et l’instigateur. Injurié par ses collègues Levasseur, Choudieu, Hentz, abandonné par la Convention qui, à ce moment, abdique toute volonté devant celle du Comité de salut public, Philippeaux succombe accablé, écrasé par la toute-puissance de Robespierre.
Il n’y a peut-être pas eu, dans toute la Révolution, d'homme contre lequel tous ces moyens de perte aient été machinés avec autant d'art, employés avec autant d’acharnement. Il y a là tout un aspect de la Révolution