LA DANSE OFFICIELLE
L'hôtel de la sous-préfecture était un ancien couvent qu'on avait approprié tant bien que mal à sa nouvelle destination. Le réfectoire et la chapelle, qui occupaient jadis le rez dechaussée, avaient été convertis en deux vastes salles de récejUion, assez pauvrement meublées, tandis q'ii\ Tétage supérieur se transformait partie en chambres à coucher, partie en bureaux. Cette restauration , incojuplètement faite, n'avait pu enlever à l'édifice le caractère
' sombre inhérent aux débris de l'existence claustrale. L'aspect nu du pignon, les dimensions exiguës des croisées, leur distribution dépourvue de symétrie, l'épaisseur et la solidité des murs, tout, jusqu'à l'arceau ténébreux qui donnait entrée dans le vestibule, portait l'empreinte austère du passé et protestait contre une métamorphose profane.
C'est ce réduit qu'Octave de Freissac avait entrepris de changer en un lieu de féeries. Pour en venir à bout, il lui fallut invoquer tpi^s-sos souvenirs en matière ^'illumiûatipns çt (Je décors, combiner le Ranelagh et Tivoli, emprunter quelques idées à l'Opéra, et les compléter par le souvenir des bals de la liste civile. Aucun des ouvrior*? que Saint-Sylvain possédait ne lui parut digne de comprendre ses plans et de s'y associer : il fit venir du chef-lieu le meilleur glacier , le meilleur tapissier , Je lueilleur lampiste. Le gaz manq<iait; on y suppléa en prodiguant l'huile. Les pièces du rez-de-
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chaussée, avec leurs solives en relief, ne se prêtaient guère aux embellissements; mais elles s'ouvraient sur un jardin où la végétation étalait un luxe naturel. Il ne s'agissait plus que de prodiguer sur ce point les lanternes chinoises, les arabesques en verres de couleur, de faire ruisseler la lumière sur cette verdure, d'animef ces arbres, ces bosquets, ces pelouses, sous des feux de bengale artistement disposés. Quant à l'orchestre. Octave avait promptement reconnu l'insuffisance des clarinettes du pays; il fît un appel au régiment le plus voisin, qui lui fournit son corps de musique. Des vases de fleurs garnissaient les salons et se prolongeaient jusqu'au vestibule pour y former deux haies embaumées. Ainsi, tous les sens avaient leur part dans cette masse de séductions ; l'œil, l'oreille, l'odorat, le goût. Le programme était complet; ajoutons qu'il était passablement onéreux. Dans le cours d'une «oirée, le sous-préfet allait voir disparaître six mois d'appointements. Octave
faisait ce sacrifice aux exigences politiques. Dès cinq heures du soir les ouvriers travaillaient à la transformation de l'hôtel. On avait recruté, par la ville, les serviteurs les moins gauches pour les former à la circulation des plateaux. Vingt paires de gants de coton devaient couvrir leurs mains altérées par le hàle. Ces braves gens eurent quelque peine à s'introduire dans cet accessoire de l'emploi ; plusieurs d'entre eux ne le firent qu'avec effraction et aux dépens des mailles. Cependant la tenue n'en souffrit pas, etGérenflot, qui avait formé ce corps, ne put se défendre d'un mouvement de satisfaction quand il le passa en revue. C'était le moment critique ; l'affoire allait s'engager; tout le monde se trouvait sous les armes. La plus grande activité régnait dans les salles, et Octave se multipliait pour donner des ordres. Il allait du jardin au vestibule, du lampiste au glacier, faisait disposer les caisses d'orangers, inspectait les verres de couleur, s'inquiétait
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des orgeats et se préoccupait des limonades. Rien n'est petit en pareil cas ; rien n'est au-dessous du coup-d'œil du maître. La victoire ne s'obtient qu'a ce prix, et que de batailles ont été perdues par des négligences de détail !
Le rendez- vous avait été donné pour neuf heures; la province est ponctuelle : dès huit heures, il arriva du monde. C'étaient des dames appartenant au camp des Graindorge : Octave les reçut et les plaça. Chacune d'elles avait amené sa suivante , coutume patriarcale qui associe les serviteurs aux plaisirs des maîtres. Personne ne dérogea à cette loi, et il y eut ainsi, dans l'enceinte de la sous-préfecture , deux compagnies, l'une pour les salons, l'autre pour les offices. 11 fallut même ménager à la domesticité, par un système de portes toujours ouvertes, des perspectives sur les illuminations du jardin, sur les contredanses, sur les moindres incidents de la fête. Douce tolérance, usages bienveillants qui disparaissent trop vite de nos
D^urs, et quoa aiçae à retrouver çà et là coi^j^ , un des meilleurs legs du passé et ]Ç()t^i?)je une des mille attentions qui liaienl au- ^içfpis le serviteur à la famille !
A l'appui de ses plans de fusion et de paix perpétuelle, Octave s'était proposé de répartir l^s dames sur tous les points du salon, sans tenir compte de leurs répugnances ou de leurs sympathies. Il espérait amener ainsi des rappfoch^nents forcés et une harmonie de, voi- ^in,age. En effet , sa manœuvre eut d'abord quelque résultat; mais pçu à peu oa vit dans C|ç\^^, foule les affinités se révéler et s'attirer d'une manière irrésistible, tandis que les corps réfraciaires, obéissant à leur nature, se fuyaient, ^.jî^qparaient nQvi mojps impérieusement. Au bout d'un quart-d'heure, la combinaison ima+ gini^ç «paj* \^. ^qsTpréfet avait fait place à une ^§^fij^^^l^)lVéf^cu4i>rlnti am lois des cii^i|i^ations provinciales. Tous les Simonneau étaient d'un côté, tous les Graiudorge de l'autre, et
eûtre les deux cette fraction flottante qui se j^^pose des nullités de tous ks partis. i,;Rej3elIes au rôle qu'on leur destinait, les deuxiCaraps se mesuraient de Toeil et engageaient les hostilités par une inspection géûëJ raie des toilettes. Pas un ruban ^ pas une plume^ pas un bijou n'échappait à cette foudroyanto revue : un nœud mal attaché, une épingle fabsçnte étaient à l'instant même remarqués, dénoncés, signalés. Quoique cette surveillance régnât surtout d'un parti à l'autre et y prit ua caractère d'acharnement, cependant, de voisine à voisine, d'amie à amie, s'exerçait une autre inspection plus 'bienveillante, mais tout aussi scrupuleuse. Deux femmes ne peuvent pas se trouver en face sans s'examiner de la tête aux pieds ; c'est une loi organique. Qu'on juge de ce que devient cet instinct^ quand i^ s'exalte par la jalousie et s'échauffe au levain d'une vieille rivalité. C'est ce qui arriva dans les salons de la sous-préfecture, au moment
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où les deux partis furent en présence et se mirent à compter leurs fleurs artificielles, leurs grenats et leurs coraux, leurs dentelles et leur satin, sans pouvoir dire au juste qui l'emportait en pierreries, en plumes d'autruche, en oiseaux de paradis, en torsades, en turbans et en colifichets.
L'émotion était vive ; elle fut portée à son comble par l'apparition des chefs naturels de cette croisade. Madame Victor Simonneau et Mademoiselle Anaïs Graindorge firent leur entrée dans le salon presque simultanément.
Rien de plus fabuleux que la toilette de madame Victor. C'était le plus bel étalage que Ton pût voir. Décolletée *à l'anglaise, elle était chargée de caparaçons comme un mulet andaloux , et semblait avoir voulu se donner une valeur de superflcie. Non contente de s'être inondée de perles fausses, d'en avoir semé dans les nattes de ses cheveux , de les avoir suspendues en grappes sur divers points de sa coiffure, sur vses
épaules, sur sa poitrine, sur son corsage, partout, elle avait encore abondé dans les marabouts, dans les nœuds de rubans, dans les volants, dans les bouillons, dans les crevés, enfin dans tout ce que Tesprit d'une femme peut imaginer d'accessoires odieux et desuperfluités révoltantes. On eût dit qu'elle avait voulu résumer en elle tous les ridicules des toilettes du ressort, tant elle avait prodigué les couleurs impossibles et les ornements invraisemblables.
Anaïs Graindorge avait eu le bon sens de ne pas s'engager dans cette région des falbalas et des panaches; elle s'était fiée à sa jeunesse et à sa fraîcheur.
Elle avait une robe de mousseline blanche, une rose dans les cheveux et des souliers de satin noir , rien de plus. Une taille charmante , des yeux vifs comme les reflets de l'acier, une carnation pleine de sève, un visage vermeil, relevaient la simplicité de ce costume
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et lui prêtaient un charme infini. Ainsi armée, elle pouvait attendre sa rivale et se fier à la nature pour vaincre les excès de l'art.
Cependant la fête ne s'animait p^as, et lapacffic^tion universelle, rêvée pai* WîVéiiife^ptéfet, menaçait de dégénérer en un rëdoûbleraérit dé colères. On continuait h s' Observer,' i échanger èes regards menaçants. Evariste avait été accueilli, H son entrée, par une œillfildfe terrible^ de madame Victor Simouneau. G^êtait'f^lus que jamais la guerre , une guerre à outrance. Les quadrilles , parleurs combinaisons imprévues, auraient pu rompre cette froideor et jeter quelque diversion dans cette s'éèrie frtlètlS OmVe voulait que la danse fût ouverte par'^le député efl-Vhonneur de qui il donnàKsa fê • , et Celestiii Vâuxbeîles n'iàrrivaiijia^. A diverses reprisés On avait envoyé chez lui' sans obtenir de réponse, et; pour se tenir en haleine, Torches- Éfe en était réduit h exécuter des marches, à jouer des fanfares qui exaltaient les passion^
guerrières de l'assemblée. Cette situàiiëti' ne pouvait se prolonger sans péril.
Enfin Vauxbelles parut; son retard était volontaire, il avait voulu se donner le temps de là réflexion. La fatalité avait fait de Saint-Sylvain uh pays rempli d'embûches ; chaque jour amenait avec lui son embarras. On ne pouvait pas î?'y agiter d'une façon ou d'une autre, sans que le député ne fut placé à l'instant entre le double éeueil contre lequel il luttait avec plus de persévérance que de succès. Un autre que Yauxbelles eût pris hardiment son parti; il eût donné k main aux uns et rompu avec les autres. Célestin était trop irrésolu pour adopter ce moyeu extrême ; il se flattait de rester l'ami de tout le monde en ménageant chacun tour à tour, ' et [Wféi'ciit à une position tranchée ce système de bascule : c'était moins du calcul chez lui que de l'instinct. Une bienveillance naturelle lui faisait écarter les idées de lutte ; il aimait mieux désarmer ses ennemis que de les combattre.
Pour le moment, c'était avec les Simonneau qu'il avait à compter; la candidature d'un membre de cette famille, ouvertement déclarée, ne lui permettait pas de s'aveugler sur leurs dispositions! Quand il entra dans les salons de la sous-préfecture, cette pensée faisait des ravages dans sa tête et pouvait influer sur ses inspirations. A son arrivée, un frémissement circula dans les rangs des dames : c'était un hommage indirect ; Vauxbelles s'en montra touché. 11 fit le tour du cercle en distribuant les mots gracieux, en les mesurant surtout par doses égales, et alla ensuite vers les hommes, auxquels il prodigua les poignées de main, cette monnaie du régime parlementaire.
L'instant critique arrivait : il s'agissait de savoir avec qui le député ouvrirait le premier quadrille. C'était un acte décisif; les danies s'en préoccupaient toutes; on en parlait à la ronde ; Tatlention était en suspens. L'opinion générale pendiait pour mademoiselle Grain-
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dorge. Quant à Evariste, il ne supposait pas qu'il y eut matière à hésitation.
— Vois donc cette Anaïs , disait-il à Vauxbelles, comme elle est jolie ce soir! une rose, mon cher, une rose !
Au moment où Graindorge achevait ces mots, l'orchestre exécuta la première mesure du quadrille. Un silence général s'établit; tous les yeux se tournèrenlducôtéde Vauxbelles. Anaïs s'était levée involontairement; madame Victor, plus maîlrosse d'elle-même , affectait de causer avec sa voisine. Le député balança pendant une minute ou deux; puis, comme s'il eût été poussé par une résolution violente, il marcha rapidement vers le camp des Simonneau et présenta sa main à celle qui en était la souveraine. Madame Victor se leva avec majesté; l'orgueil dilatait ses narines. Sa phalange l'applaudissait du regard pendant que la consternation se peignait sur les visages des Graindorge. Anaïs, émue jusqu'aux larmes, prit le brasdeRieussec,
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tandis qu'Evariste, craignant de ne pouvoir se contenir, se précipitait vers le jardin et égarait sa colère dans les allées les plus sombres. Jamais blessure ne Tavait éprouvé à ce point et pénétré si avant :
— Voilà une leçon, se disait-il, et publique encore ! Il est délicieux, ce Célestin ! Changer une fille jolie comme un cœur pour une fée Urgelle ! C'est un affront qu'il a voulu faire aux Graindorge : à la bonne heure ; les Graindorge l^lui rendront.
Le quadrille s'acheva et fut suivi d'un second où Célestin Vauxbelles figura avec Anaïs. Mais le coup était porté et la réparation arrivait trop tard. La soirée ne s'animait pas; il y avait du froid dans 1 atmosphère. Le député commençait à regretter d'avoir suivi son inspiration et mécontenté ses amis sans désarmer ses adversaires, lorsque le sous-préfet l'entraîna vers le jardin, merveilleusement illuminé et lui dit :
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'nti^ Vous ne savez pas , monsieur dé Vauxbelles?
— Quoi donc? répondit celdî-cî!'
— J'ai ménagé une surprise à Saint-Sylvain, une véritable surprise ; vous verrez celia.
— Mais encore, dit Vauxbelles.
— Que leur manque-t-il ici? poursuivit le sous-préfet, des personnes qui leur imposent. Ces gea$-Jàj sont tous égaux, et entre égaux on se dispute volontiers l'empire; mais qu'il vienne des personnes d'un rang plus élevé, et à l'instant vous verrez nos bourgeois se confondre
dans un même sentiment, celui de Tadmiration. C'est dans la nature humaine, monsieur de Vauxbelles, ajouta Octave croyant devoir honorer son député de la particule.
— J'accepte la thèse philosophique, répliqua Célestin ; mais je n'en vois pas l'application.
— La voici, dit le sous-préfet. J'ai entrepris d'amener ce soir chez moi de grands noms
pour subjuguer ces petites gens, et je puis me flaller d'en être venu à bout.
— Qui attendez-vous donc , monsieur de Freissac P
— J'attends les dames de Rocbemarne, monsieur de Vauxbelles, dit le sous-préfet ea y mettant un peu d'emphase.
— Les dames de Rocbemarne! s'écria le député ne pouvant maîtriser un premier trouble.
— Elles-mêmes, ajouta Octave, et voici comment. Vous savez que ma lamille est alHée à la leur. Je suis allé les voir bier, j'ai invoqué les privilèges de la parenté, j'ai fait valoir l'obligation où je me trouve de me poser décemment dans le pays, et en raison de tout cela, au nom dos liens qui existent entre nous, je les ai suppliées de vouloir bien parailre à ce bal, ne fiMce qu'une demi-heure, un quart-d'heure, dix minutes. Elles ont résisté, m'ont fait mille objections; mais j'y ai mis tant d'opiniâtreté, tant de persévérance, que j'ai fini par emporter
une promesse. Elles viendront, monsieur de Vauxbelles.
« — En êtes-vous bien sur, monsieur de Freissac?
— Elles viendront, vous dis-je, et vous serez témoin de l'effet que cela va produire parmi ces petites gens. Il n'y aura plus parmi eux ni de Simonneau, ni de Graindorge ; le nom de Hochemarne effacera tout, absorbera tout. Vous verrez cela, monsieur de Vauxbelles; ce sera notre triomphe. Tenez, j'aperçois quelque émotion parmi les quadrilles; peut-être est-ce la famille Rochemarne qui m'arrive. Permettezmoi de l'aller recevoir?
Le sous-préfet quitta le député sur ces mots et regagna les salons. Les choses en étaient au point où il les avait laissées. Au lieu de s'embellir, rhorizon semblait s'être rembruni. Les Simonneau ne dansaient qu'avec les Simonneau, les Graindorge avec les Graindorge. Ainsi ce bal , donné en vue d'une conciliation
générale, pienaçait de jeter dan^ le pays de nouveaux ferments de discorde. Tant de frais en l'honneur de la paix n'auraient servi qu'à rendre la guerre plus ardente. Ces lampions, ces verres de couleur, ces lanternes , ces feux de bengale auraient été des brandons de discorde ; les limonades et les orgeats auraient attiré l'incendie; les violons et les trompettes à clef auraient rendu l'harmonie impossible ; mille écus consacrés à une fête , dans un coin
delà province, n'auraient pu consolider un
sous-préfet et l'acheminer dans |e^ voips de ravaucement.
Cette pers|»ective était désespérante , et Octa^vene pouvait y ci;oire^ Il disait que la seule apparition de Uochemarne ,fj[^flJLrait pour chaiv> ger du toi^l au J^ut J.çs (Jispo^ition^ de sjçs i^yi-^ tés. pour renjrç à rillumination, aux rafraichisseraeuts , à l'orchestre leur prestige i^atu-^ relj a^oufir les mççjirs des indigènes, et les, jeter dans les bras les uns des autres. Ainsi, il
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ne lui restait plus que cet espoir , cette aucre de ^alut. Un valet l'appela ; il crut que ses parents arrivaient , et s'élança du côté du vestibule. Une lettre Vy attendait; il la décacheta avec une certaine émotion, la lut avidement, et laissa retomber ensuite sa main par un geste d'abattement. ^
Vauxbelles le surprit dans cette attitude pensive et douloureuse :
— Ehbieu! dit-il.
— Tenez , lisez.
Le député prit la lettre, s'approcha d un flambeau et lut ce qui suit :
« Mon cousin ,
€ J'aurais tenu ma parole , comme, q^e f^\0' (( chemarne, si un événement imprévu n'eiH « troublé notre solitude et dérangé nos pro- « jets.
€ Le général est venu nous surprendre; ; il € est arrivé ce soir. Vous savez quelles sont
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c ses répugnances pour le nouveau régime ; il « fallait, en allant a Saint-Sylvain, encourir sa c colère : j'ai préféré y renoncer, pensant que « vous nous excuseriez.
« Vous voici de nouveau à Tétat de blocus, t Plaignez les deux recluses et croyez-moi
€ Votre affectionnée parente ,
« La marquise de Rochemarne. »
A la lecture de cette lettre , le sous-préfet et le député firent entendre deux exclamations presque simultanées.
— Elles ne viennent pas! dit Octave; allons , j'en suis pour mes lampions.
— Le général ! s'écria Vauxbelles. Quelqu'un m'aurai t-il trahi!