LE COMBAT
Gabrielle tint sa parole en vaillante fille : de deux ans elle ne revit pas Célestin. Le sacrifi(e fut en apparence complet, absolu, sans réserve. Si elle souffrit, ce fut à la manière du Spartiate; le calme régnait sur son visage pendant que le regret lui rongeait le sein. La marquise ne comptait pas sur une résignation si entière; elle en fut d'abord étonnée. En bonne mère, elle avait fait, dans ses calculs, une part aux rechutes et comptait les adoucir par redoublement de tendresse. Gabrielle lui épargna ce soin ; jamais une plainte ne s'exhala de ses livres. On eijt dit que ce premier amour était tracé sur .:e
sable et qu'il avait suffi d'un souffle pour en effacer jusqu'aux vestiges.
Célestin ne montra pas la même soumission; ï essaya de lutter contre sa destinée. L'entrée es château lui était interdite, et il respectait les consignes sévères qui la défendaient; mais il fit des environs une étude approfondie et savante, examina les moindres plis du terrain, les touffes de végétatioa qui permettaient des reconnaissances à couvert, se ménagea des perspectives sur l'enceinte habitée; enfin, se livra à cet ensemble d'opérations où se plaît le génie des amoureux, et qui les tient suspeitdus entre des joies puérîies et des terreurs imaginaires. Dieu sait que de fantômes se dressèrent devant lui avec les proportions que donne la distance! Tantôt il voyait l'œil de la marquise plonger dans le fourré qui lui servait d'abri , et si quelques valets s'ébranlaient et se montraient au loin, il les croyait dépêchés à sa poursuite, se troublait et finissait par s'enfuir comme un coupable. Tantôt c'était Gabrielle qu'il apercevait à travers les vitres transpapentes, et son âme était dès lors attachée à chacun de ses mouvements. Que de fois il vint, le soir, aunu>ment où l'ombre s'emparait du vallon, s'asseoir sor un tertre qui dominait le château et assister par la pensée aux scènes de cet intérieur paisible et austère conmie celui d'un cloître! Et quand l'heure du. repos était venue, quelle joie de voir s'éclairer k chambre de Gabrielle, d'y suivre, dans les caprices de la lumière, une ombre adorée et flottante, et d'emporter, avec cette image, du bonheur jusqu'aa lenrbiimaiAl
Ainsi vivait Célestin; son imagination le soutenait contre les mécomptes de Tamour. Cependant le procureur se retrouvait chez lui, heureusement pour ses clientes. Songer à leurs intérêts était encore un aliment pour sa passion, une manière île la rendre manifeste. Jamais Hquidation ne fut poursuivie avec une activité plus grande, un dévouement plus entier. Les dettes du marquis avaient ce caractère onéreux qui résulte d*une situation forcée et de Tinexpérience des affaires; il fallait les éteindre en principal pour n'avoir pas à servir des intérêts écrasants. Sans en rien dire aux dames de la Chênaie, Vauxbelles désintéressa les principaux créanciers et se fit substituer à leurs droits. Il fut facile alors d'apphquerà l'amortissement des autres dettes une grande partie du revenu, de dégrever les biens ruraux des hypothèques dont ils étaient surchargés, et d'écarter les embarras les plus graves et les plus pressants de la succession. Au bout de quelques mois, la position était déjà meilleure; et, ce que le zèle de Célestin avait commencé, Tesprit d'ordre de la marquise suffisait désormais à l'achever.
Un dernier souci restait à Vauxbelles : celui de la créance à recouvrer sur les Simonneau. Il y avait là un procès et une question assez épineuse. Jean Simonneau, le débiteur direct du marquis, était mort depuis plus de trente ans; et, au retour de l'émigration, celui-ci s'était trouvé en face d'une famille très-nombreuse et sans titre formel dont il pût se prévaloir. Le titre était retrouvé; il restait à s'assurer des chances du recouvrement. Dix Simonneau, quatre garçons et six filles, avaient hérité de Jean
Simonneau et s'étaient partagé 700,000 francs, montant de la fortune paternelle, c'est-à-dire 70,000 francs par branche. Les 500,000 livres du fidéi-commis» en y comprenant les intérêts, eussent absorbé cette somme et au delà : c'était un dépouillement complet. Or, dépouiller une famille de procureurs et de magistrats n'était pas une petite entreprise. Dès la première ouverture, les Simonneau l'avaient pris très-haut ; se retranchant derrière le dernier titre du Code civil, ils se déclaraient prêts à subir toutes les conséquences de l'affaire. Pour intimider Vauxbelles, ilsallèrent jusqu'à mettre en doute Tauthenticité de la pièce qu'on leur opposait, et ils ajoutaient que, dans tous les cas, elle ne devait être considérée que comme un acte de complaisance, imaginé entre le marquis et leur auteur, pour que ce dernier pût exercer un droit de revendication sur les biens des Rochemarne, atteints par le séquestre révolutionnaire.
Avant d'engager les hostilités, il fallait peser ces divers moyens et surtout faire entrer en ligne de compte les influences de robe. Le droit strict semblait être du côté des dames de la Chênaie ; la prescription ne pouvait être invoquée contre un fidéicommis formel. Pour prescrire, il faut avoir possédé; or, Jean Simonneau n'avait jamais possédé les cinq cent mille livres que le marquis lui avait confiées à titre de dépôt. Cette somme tombait dès lors dans le rang des valeurs que les articles 2236 et 2237 du Code civil ont entendu soustraire aux effets de la prescription, même lorsque le gage a passé des mains du premier détenteur dans celles de ses hé-
ritiers. La cause des Rochemarne était donc belle, brillante, faite pour tenter un homme de loi. Avec d'autres clients, Célestin n'eût pas manqué de s'en empare/' et de la conduire de vive force à un résultat, heureux ou malheureux. Quel prétexte aux exploits sur timbre, quel champ ouvert au mémoire à consulter! On ne pouvait ruiner une famille sur une question plus digne des trois ressorts et lui faire parcourir pour de meilleurs motifs l'échelle ascendante des frais judiciaires. Vauxbelles se souvint qu'il s'agissait des Rochemarne; il aima mieux transiger. Les Simonneau se montrèrent d'abord intraitables et il fallut, pour les amener à composition, les placer sous la menace de l'audience. Assignés devant le tribunal, ils mollirent et firent des offres. Enfin une transaction eut lieu; chaque branche des Simonneau s'imposa jusqu'à la concurrence de dix mille francs; c'était comme une contribution de guerre. La marquise de son côté retrouva cent mille francs que Célestin avait fait sortir des catacombes du f-hâteau, et qui sans lui y seraient restés à jamais enfouis.
C'était une obligation de plus après tant d'autres, une dette nouvelle pour M"^ de Rochemarne. Le cœur lui saignait de tenir éloigné un homme qui avait acquis tant de droits à sa reconnaissance et à son affection. Pour persévérer dans ses rigueurs, il fallait qu'elle se réfugiât dans les préjugés de famille et l'orgueil du rang. Encore ce mobile s'atïiiiblissaii-il chaque jour, et se sentait-elle peu à peu amenée à des sentiments moins exclusifs. Sans la crainte d'exposer Gabrielle à une rechute, elle aurait
ouvert de nouveau la Chênaie à leur généreux défenseur. La jeune fille avait fait si bonne corjsnsnce contre le chagrin, que la marquise la croyait guérie. L'action du temps semblait nécessaire pour compléter la cure, et ce motif empêcha seul M"'^ de Rocheraaine de lever Tinterdit qui déchirait deux jeunes cœurs.
Un réveil terrible menaçait la pauvre mère. Gabrielle souffrait en silence, mais elle souffrait. Les mois, en s'écoulant, ne faisaient qu'agrandir sa blessure, et, avec un peu plus d'expérience, la marquise eût pénétré ce secret. Élevée aux champs, Gabrielle apportait dans la lutte une constitution vigoureuse, un luxe de santé qui voilaient les ravages du mal , une force de volonté, une fermeté héroïque qui étaient au-dessus de la douleur. Cependant divers symptômes la trahissaient. Un cercle noir entourait ses yeux, dont la fixité et l'éclat causaient une impression pénible. Ses lèvres avaient perdu leur incarnat; ses joues ne se coloraient que par accès. Il régnait dans sa démarche une langueur maladive qui semblait ennemie du mouvement. Être seule était son plus grand bonheur. Rien de ce qui faisait autrefois sa joie, ni ses plantes, ni sa volière, n'avait le privilège de la toucher. Quand sa mèri> semblait la regarder, elle s'animait d'une joie soudaine, et reprenait tous ses airs de jeune fille; m- h une fois seule, la mélancolie reprenait le dessus et s'accroissait de tous les efforts qu'elle avait faits pour se vaincre.
Ce funeste malentendu se prolongea pendant deux années. Quand le mal fut assez apparent pour que
fe marquise ne pût s'y méprendre, elle ne lui assigna pas sa véritable cause. Elle crut que Fisolement Tavait engendré, et se promit de sortir de sa retraite dès que Fétat de ses affaires If sîii permettrait. Gabrielie allait avoir dix-sept ans; c'était le moment de la produire et de lui chercher dans le monde un parti digne d'elle, digne des Rochemarne. La fortune de la maison, relevée par les soins de Tauxbelles, rendait plus facile une grande alliance. Gabrielie n'avait plus pour dot la pauvreté, ni des dettes pour douaire; elle était fille unique, et la aurquise voulait se dessaisir en sa faveur de tous les ÎHcns des Rochemarne. Vivre auprès de sa fille lui ^ffisait ; c'était le seul trésor dont elle fût jalouse et qu'elle ne pût aliéner.
Tels étaient les calculs et les rêves de la malheureuse mère, lorsqu'un événement imprévu vint la frapper de stupeur. Un soir, au retour d'une prome- Bade dans le parc, Gabrielie se plaignit d'un malaise général et de cruelles douleurs de tête. On la mit &a iit. Des frissons violents se déclarèrent. Ce fut une crise horrible et qui, pendant trois semaines, ne fît qu'augmenter d'intensité. La fièvi'e s'acharna sur sa victime avec une fureur qui ne lui laissait pas un instant de relâche. On fit venir à la hâte les meilleurs médecins; leur art fut impuissant. Rien ne calmait le mouvement déréglé du pouls; rien n'arrêtait dans son cours cette destruction évidente. Qu'on juge des douleurs de la marquise : assise au chevet de sa fille, elle ne rsurmontait son accablement que pour lui prodiguer les soins les plus tendres, les plus ingénieux. En vain voulut-on l'arracher à te de\oir,
faire prendre quelque repos ; elle ne quitta pas un seul instant cette couche où son enfant se trouvait aux prises avec une douloureuse agonie. Les yeux fixés sur Gabrielle, épiant ses moindres gestes, mesurant pour ainsi dire sa vie sur les mouvements précipités de son sein et les pulsations de ses artères, elle assista à tous les détails de ce long combat auquel deux existences étaient attachées; car elle sentait bien, aux angoisses de son cœur^ qu'elle n'aurait })as un temps bien long à passer sur cette terre dès que sa fille l'aurait quittée.
Ce fut pendant une de ces nuits fiévreuses que la marquise connut entin la cause du mal dont Gabrielle se mourait. Jamais la malade n'avait été si agitée : son délire, qui ne lui arrachait ordinairement que des mots confus, entrecoupés, ne présentant aucune signification distincte, avait cette fois un caractère précis et lucide, triste privilège accordé aux âmes qui s'en vont et qui accompagne les dernières; heures. A diverses reprises, la jeune fille se mit sui' son séant, comme poussée par une force surnaturelle, et ses yeux, agrandis par la maigreur, semblaient chercher de tous côtés un objet dont elle désirait la présence.
—Où est-il? disait-elle d'une voix animée; où est-il donc*^ je ne le vois pas. Où est-il? répétait-elle avec une impatience fiévreuse.
^Sa mère la contemplait épouvantée; ellesn'osait s'interroger, elle reculait devant le sens de cet appel. C'était un abîme ouvert sous ses pas; elle n'osait en mesurer la profoiideur. Gabriellc s'agitait toujours, en proie à son idée fixe : cependant son œil ne jetait
plus un éclat sombre; il s'était adouci; on eût dit que des larmes allaient en jaillir.
— Pourquoi n'est-il pas venu ? murmura-t-elle. Lui aussi contre moi! qui me l'eût dit?
Et d'une voix plus douce, d'une voix contenue, comme si elle eût craint de se trahir par une indiscrétion involontaire, elle fit entendre un nom; c'était celui de Célestin. Ce nom attv^ra la marquise; elle comprit jusqu'à quel point pesait sur elle la responsabilité de celte mort qui allait s'accomplir sous ses yeux. Par une inspiration de mère, elle entra dans la pensée de Gabrielle au lieu de l'écarter, et comprit qu'une crise pouvait seule la rendre à la vie.
— Mon Dieu, s'écria-t-elle en lui prenant les mains, tu ne l'avais pas oublié, mon enfant! Que ne parlais-tu à ta mère? Tu l'aimes donc bien !
Ces paroles prononcées avec tendresse, semblèrent agir sur la jeune fille comme ces mots magiques qui calment les douleurs et qui jouent un si grand rôle dans les contes des fées. Elle passa les mains sur son front à diverses fois; on eût dit qu'elle voulait écarter un mauvais rêve; puis se retournant vers la marquise et lui adressant un sourire céleste:
— Ah ! c'est vous, ma mère ! dit-elle.
Pour la première fois, elle venait de reconnaître M-e de Rochemarne. Celle-ci s'approcha du chtî\et, et, appuyant la tête de sa fille sur son épaule, elle lui répéta avec intention :
j — Tu l'aimes donc bien !
Gabrielle releva vers elle ses yeux languissants, et comme un ange qui ne tient plus à la terre que par un fil, elle repondit ;
— Si je Taime ! il faut que cela soit, puisque f en meurs.
C'étaient de cruelles paroles : la marquise contint les larmes près de s'échapper de ses yeux et continua :
— Aie bon espoir, lui dit-elle doucement : tu le reverras, mon enfant, tu le re verras.
La marquise n'avait pas prévu l'effet de ces mots; il fut prodigieux. Se relevant avec une force qu'on n'aurait pas dû attendre d'un corps épuisé, la jeune fille se remit sur son séant et regarda en face M"" de Rochemarne comme pour s'assurer qu'elle n'était pas le jouet d'un songe. Un rayon de bonheur était descendu sur son visage; ses membres étaient agités par un tremblement qui trahissait son émotion. A deux reprises, elle essaya de parler; mais on eût dit que les paroles ne pouvaient se faire jour. Enfin la voix arriva jusqu'à ses lèvres frémissantes :
— Vrai î ma mère, dit-elle, vrai !
Elle ne put pas aller plus loin ; son regard suppliant acheva la phrase ; aucune éloquence ne valait celle-là. Il fallait répondre sur-le-champ : la vie de cette enfant en dépendait. C'était un engagement solennel pris en face de la tombe ; quelles qu'en fussent les conséquences, une fois pris, il devenait sacré. La marquise n'hésita pas.
—Tu le reverras, ma fille, lui dit-elle; c'est moi qui te le promets.
L'accent avait quelque chose de solennel qui donnait plus d'autorité aux paroles. Aussi Gabrielle en <îomprit-elle la portée.
— Merci, manière, répondit-elle; quel bien tous
me faites ! Si je survis, c'est vous qui me sauvez.
Cette nuit fut décisive : dès le lendemain la fièvre céda et il n'y eut plus à combattre que l'état d'épuisement causé par cette longue crise. Ce fut pourtant une période rude à traverser. Des ménagements étaient encore nécessaires pour compléter la guérison; la marquise se vit obligée de revenir souvent sur la promesse qu'elle avait faite, et de brûler, pour ainsi dire, ses vaisseaux.
—Est-ce bien vrai, ma mère, que vous consentirez à ce qu'il vienne ? disait Gabrielle avec instance.
Tous leurs entretiens roulaient là-dessus; à chaque moment elle se rattachait à cette pensée avec l'obstination du malade. C'était enfoncer un trait cruel dans le sein de la marquise. Elle avait pris un engagement sans bien se rendre compte de la manière dont elle pourrait le tenir. S'allier aux Vauxbelles était pour les Rochemarne une entreprise difficile et pleine de périls. Gomment ferait-elle accepter cette recherche par la famille? De quels moyens useraitelle pour vaincre des préjugés qui avaient résisté à deux révolutions, et qui se maintenaient encore dans toute leur force? Aussi, quand Gabrielle redoublait ses instances, un sentiment d'amertume était-il près d'éclater chez la marquise. Elle se contenait pourtant, trop heureuse d'avoir sauvé sa fille à ce prix, et répondait avec sa douceur ordinaire :
—Oui, mon enfant, ne t'inquiète pas ; il viendra, je te l'ai promis.
— Bonne mère, que de bonheur je vous dois ! disait Gabrielle. Et quand viendra-t-il ?
—Ne sois point si impatiente, répliquait la mar-
quise. Laisse faire ta mère; nons arrangerons cela.
— Oui, oui, disait la jeune fille, arrangez, arrangez, maman ! Tout ce que vous faites est bien fait.
Ainsi se passaient ces caprices de malade, san§ que la marquise sût à quoi se résoudre ni comment prendre un parti. Ce fut seulement lorsque la guérison parut complète qu'elle s'ouvrit à sa fille au sujet des difficultés de l'exécution. Gabrielle avait autant de sens que de bonté; son esprit était à la hauteur de son cœur. Elle comprit le danger qu'il y aurait à braver les colères de la famille, surtout dans la position où se trouvaient encore leurs intérêts. Renoncer à son amour était un sacrifice impossible. Gabrielle venait d'en faire l'épreuve et la marquise ne voulait pas la renouveler. Mais avec la force de volonté qu'elle apportait en toute chose, la jeune fille pouvait se résigner à ajourner des projets d'union jusqu'au moment où ces difficultés de famille n'existeraient plus, ou seraient amoindries. Il ne s'agissait plus que d'obtenir de Célestin une patience et une persévérance égales. La marquise s'en ouvrit à lui ; il consentit à tout avec bonheur.
Dès ce moment commencèrent pour les deux fiancés ces relations mystérieuses qu'on a entrevues dans la première partie de cette histoire. Il fallait en dérober la connaissance aux désœuvrés de Saint- Sylvain et surtout éviter que le bruit n'en parvînt aux oreilles du général. Plus que jamais c'était devenu un homme intraitable. Loin de décroître avec l'âge, ses préjugés avaient empiré de manière à le rendre à peu près étranger à la génération présente. De temps en temps, il s'étonnait que sa nièce ne fût pas
inariée et avait toujours sous la main quelque duc ou quelque comte sur le retour à qui il se proposait de Tunir. La marquise repoussait doucement ces ouvertures et se retranchait derrière les répugnances de sa fille.
Ce fut au milieu d'une pareille situation que s'écoulèrent plusieurs années. L'ambition vint à la tra-^ verse et offrit à Vauxbelles une diversion qui ne put qu'aider à sa constance. Quant à Gabrielle^ son idéal lui suffisait et elle se laissait bercer dans les rêves de cet amour, doux et pur comme celui des anges.