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CHAPITRE X

USAGES DU CORINDON.

Le corindon est le plus riche minérai d'aluminium, e de temps à autre on a signalé qu'on pourrait en extraire lemétal aluminium. Jusqu'à présent, l'emploi du corindon dans la métallurgie de l'aluminium a rencontré plusieurs difficultés. La première est que le corindon a beaucoup plus de valeur comme abrasif que comme minerai métallique, et ilen sera de même aussi longtemps, sans doute, que les gisements d’oxydes hydratés tendres comme la bauxite, ne seront pas épuisés. De plus, il faudrait pulvériser le corindon, après concentration, en une poudre impalpable, si on veut qu'il se dissolve facilement dans le bain, d'où une dépense supplémentaire.

De plus, les usines d'aluminium ont besoin de minerais d'une grande pureté; on a essayé plusieurs fois et à grand peine par des procédés délicats d'obtenir une concentration et une purification suffisantes des corindons de l'Ontario. Le professeur de Kalb réussit, après de nombreux essais, à obtenir un produit contenant plus de 99 pour cent de corindon pur, avec 0-4 pour cent de silice 0:39 pour cent d'oxyde ferrique. Des grains de corindon, provenant des concentrés les plus riches, ont été triés avec une lentille et débarrassés des silicates adhérents: ils ont donné 0:07 pour cent de silice et 0-36 pour cent d'oxyde ferrique, alors que le minerai primitif contenait 5 pour cent de magnétite.

Le corindon canadien, d'après les analyses qu'on possède, contient de 0:32 à 2-10 pour cent d'oxyde ferrique. Wells trouva de 0:05 à 0-09 pour cent de silice dans le corindon du canton de Carlow tandis que Connor signale que le corindon de Craigmont et de Dungannon n'ont absolument pas de silice. Goodwin! trouva 0-87 pour cent de silice dans un corindon de Craigmont. Les fabricants d'aluminium ne reçoivent actuellement pas de minerai contenant plus de 0:10 pour cent de silice et 0-05 pour cent d'oxyde ferrique; s'ils continuent à maintenir ces chiffres, les concentrés de corindon, même les plus riches devront subir une purification baucoup plus complète avant de pouvoir entrer en Concurrence avec la bauxite également purifiée. L'obtention de produits aussi purs est évidemment possible, mais au prix d’une diminution plus

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grande du grain des concentrés de corindon, si bien que, dans les con. ditions actuelles, il est très peu probable qu'on puisse, à brève échéance, utiliser le corindon pour l'obtention d'aluminium.

On s'est cependant servi du corindon comme source d'aluminium dans la fabrication des alliages de cupro-aluminium et de ferro-aluminium.

Dans cette fabrication, on chargeait le corindon sans préparation préalable dans un four électrique, avec un mélange de carbone et de cuivre, ou de carbone et de fer, suivant qu'on voulait obtenir un bronze d'aluminium ou un ferro-aluminium.

Depuis 1890, cependant, cette méthode a été abandonnée, et le corindon a été remplacé par un oxyde artificiel coûtant relativement moins cher et convenant mieux à la fabrication.

Le marché relativement restreint du corindon comme abrasif et le danger de surproduction ont causé, dans les premières années, de gros soucis aux fabricants aussi a-t-on cherché par des enquêtes et par des expériences des moyens de répandre son emploi. Lorsque le gouverne ment dè l'Ontario accorda à la Canada Corundum Co., ses concessions et privilèges, il stipula, entre autres, que la Compagnie s'engagerait à dépenser 3 ans $1,000 par an pour faire des recherches portant sur les méthodes de fabrication de substances industrielles à partir de la roche à corindon, autres que le corindon en grain; de plus des recherches spéciales devaient être entreprises pour l'obtention de l'aluminium métal. Ces dernières recherches ont été certainement faites; elles ont utilisé non seulement le corindon, mais encore les néphélines associées, riches en alumine. La nature exacte et les résultats de ces recherches sont restés confidentiels, d'accord d'ailleurs avec les termes du contrat qui liait la compagnie Canada Corundum et le Gouvernement de l'Ontario, bien qu'il ait été stipulé que les autorités compétentes, recevraient, le premier juillet de chaque année, un rapport des travaux effectués. Le seul rapport préliminaire qui ait paru, jusqu'à présent, est celui de M. B. A. C. Craig, qui conclut: “La fabrication de l'aluminium à partir du corindon, demandera des recherches non seulement coûteuses, mais encore longues et pénible:.”’

Le corindon, à l'heure actuelle, s'emploie surtout comme abrasif; nous avons discuté longuement plus haut, les qualités ou les propriétés nécessaires à cet emploi. On peut cependant r+:‘ionner, à ce point de vue, que la valeur d'un gisement de corindo: ‘estiné à l'industrie du ;lissage, ne dépend pas seulement de son étendue ou de sa richesse relative, mais encore de la nature du minéral lui-même qui doit, tout d'abord, posséder la propriété particulière de se briser sous la pression, ou au cours de son emploi, en grains irréguliers à angles vifs et coupants. Cette propriété précieuse doit se retrouver, en partie au moins, dans les

plus petits fragments écrasés; c'est elle qui, à quelque degré que ce soit, donne au corindon sa valeur spéciale.

On a remarqué quelquefois que seuls les gros grains possédaient cette propriété, les petits grains restant généralement à contours adoucis; la substance est alors d'une qualité tout à fait inférieure. Aussi les fabricants de meules insistent-ils d'une façon toute spéciale sur cette propriété. Il est donc extrêmement important, avant d'entreprendre les grands travaux de développement sur une propriété minière, de faire des essais complets et bien compris pour déterminer non seulement le pouvoir abrasif de la substance, mais encore sa convenance à la fabrication de produits industriels. Or le seul moyen pratique c'est d'agglomérer le corindon en meules et d'essayer les diverses variétés de meules. De plus, il est essentiel de rechercher toutes les impuretés du minerai qui souvent lui enlèvent une grande partie de sa valeur. Les impuretés sont toujours plus tendres que le corindon, et quand elles sont nombreuses, elles diminuent beaucoup son pouvoir d'usure. Une fois les impuretés connues, il faut rechercher des méthodes de purification aussi complètes que possible. Certains gisements ou partie de gisements contiennent | un excès de silicates lourds, tels que de la scapolite ou de la labradorite: d'autres parties sont très chargées de bisilicates tels que de la hornblende, biotite, ou muscovite; de même la présence en quantités anormales de minéraux lourds tels que la magnétite, la spinelle et l'apatite rendent particulièrement difficiles et coûteuses les méthodes de concentration. Par contre, lorsque la gangue du corindon est presque entièrement faite de feldspaths légers, orthose ou microperthite, les concentrés sont relativement plus purs et plus abrasifs; plus la différence de densité est grande entre le corindon et les fedslpaths associés, plus la concentration donnera un produit pur. À côté des minéraux qui abaissent le pouvoir d'usure du corindon, il existe certains minéraux, comme le grenat, qui sont particulièrement nuisibles. En effet, non seulement le grenat est extrêmement difficile à enlever par les méthodes habituelles de concentation, mais encore il empêche, même en très petite quantité dans les concentrés, d'employer le corindon dans la fabrication de meules vitrifiées.

Le corindon s'emploie comme abrasif dans les conditions générales k SuiVantes: Li

(1) À l'état de grains de corindon isolés, classés suivant des types ou grosseurs définies.

(2) Mélangé avec de la colle ou d'autres agglomérats tendres et appliqué sur toile, papier, etc.

(3) À l'état de meules ou de blocs, de tailles et de formes diverses. Le corindon en poudre est classé d’après la grandeur des trous des tamis au travers desquels il passe, et on trouve dans le commerce plusieurs

60, 70, 80, 90, 100, 120, 150, 180, et 200.

L'emploi du corindon collé sur papier, sur toile ou sur bois, est si universellement connu que nous n'avons qu'à le signaler en passant.

Les meules et blocs de corindon ont des dimensions et des formes extrêmements variées qui sont déterminées dans l'ensemble par la nature du travail qu'on leur demande. Les meules de corindon travaillent d’après le même principe que les limes circulaires, et on a dit très juste.

ment qu'une meule de corindon est une lime dont le mordant ne s'use jamais. En réalité, la comparaison n'est pas exacte en tous ses points, car, en fait, une meule d'émeri finit toujours par perdre un peu de son mordant. En choisissant judicieusement la substance agglomérante, ou ciment qui maintient ensemble les grains de corindon, on obtient une certain mordant ou dureté assez constante: le ciment s’use un peu plus vite que le corindon, et la meule est toujours garnie de grains de corindon à angles vifs qui attaquent la substance à user. La meule de corindon est par suite fabriquée de telle façon qu'elle conserve d’une façon constante son pouvoir tranchant ou abrasif jusqu'à ce qu'elle ait perdu au moins 90 pour cent de son poids, tandis qu'une lime est rejetée quand elle à perdu 5 pour cent de son poids. D'après Holland’ on estime à 2 sh. 6 pences le prix de l'usure d'une livre de fer à la lime; avec la meule à émeri, la dépense tombe au septième du chiffre précédent, et le travail se fait en huit fois moins le temps.

Des usines anglaises ont fait des essais d’affutage d'outil à la meule de grès et à la meule d’émeri; la dépense est réduite au cinquième et le temps à la moitié quand on travaille à la meule d'émeri ; de plus le danger d'éclatement de meules tournant à grande vitesse, qui est si fréquent avec les meules de grès, est devenu pratiquement nul avec les meules d'émeri.

1 Econ. Geol. India, Part 1, Corundum (2ème Ed. Revised) 1898, p. 55.

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On fabrique habituellement trois types de meules, connues dans le commerce sous des noms qui rappellent la façon dont elles ont été fabriquées.

(1) Meules vitrifiées.

(2) Meules chimiques.

(3) Meules ciment.

La fabrication de ces meules exige que le corindon soit d'un grain uniforme, la grosseur du grain variant naturellement suivant la catégorie dela meule. La meule vitrifiée est la plus répandue, mais pour certains travaux, on préfère un des deux autres types. Le procédé chimique convient surtout à la fabrication de très grosses meules. Pratt: signale que la Norton Emery Wheel Company de Worcester, Mass., fabrique 408 tailles différentes de meules si bien que les dimensions des grains sont presque en nombre infini. Chaque meule est généralement fabriquée en vue d'un emploi spécial, et a une forme, un ciment et une dimension de grain appropriés.

Le corindon employé dans ces usines de meules, est classé sous les N° 12, 14, 16, 20, 30, 36, 40, 50, 54, 60, 70, 80, 90, 100, 120, 150, 160, 180, 200; il y a en plus quatre catégories de potée de corindon. Le liant, ou ciment, a 26 degrés de dureté, représentés par les lettres de l'alphabet, mais on emploie rarement des ciments plus tendres que ‘‘E"” ou plus durs que “M.”

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