MEULES CHIMIQUES
Ces meules sont encore connues sous le nom de meules “‘silicates” parce que le liant qu'on emploie dans leur fabrication est du siticate de soude. Le corindon est soigneusement mélangé au silicate et à certaines substances désséchantes, puis pressé en meules. On cuit alors en four pendant 24 heures et on donne une finition analogue à celle des meules vitrifiées. Certaines meules obtenues par ce procécdé pesaient plus de 2,000 livres
MEULES CiMENT.
Dans ces meules, le corindon est aggloméré par de la gomme laque, de l'huile de lin et diverses autres substances. On obtient ainsi des produits tendres convenant à des travaux spéciaux. Ce qu'on appelk la meule ‘Sterne’ est faitedecorindon collé par du camplicon c'est-à-dire par un mélange d'huile de lin oxydée, de gomme laque ou d'asphalte et de soufre. Dans d'autres meules, le corindon est empâté dans un oxychlorure de magnésium. La célèbre meule “Tanite”’ a comme ciment une soi-disante solution de cuir; en fait la nature exacte de son ciment de son mode de fabrication sont des secrets d'atelier.
La meule de joaillier, en usage aux Indes, est formée d'environ deux tiers de corindon très finement pulvérisé et d’un tiers de résine de gomme laque. La poudre de corindon est chauffée dans un vase de terre. Une fois à la température convenable, on ajoute peu à peu la résine en reniuant constamment la masse fondue. Le mélange est versé sur une dalle de pierre, pétri, roulé et réchauffé plusieurs fois de suite jusqu'à ce qui
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soit parfäitement homogène. On le verse alors sur une table de pierre préalablement saupoudrée de fin corindon et on l'étale sous forme de meule au moyen d'une tige ronde de fer. On perce un trou au centre au moyen d'une barre de fer et on polit finalement la meule en la frottant sur une plaque de fer saupoudrée de corindon. On fait diverses qualités de meules suivant le travail auxquelles elles sont destinées.
Les usines de l'American Emery Wheel Works de Providence, Rode Island, qui sont de gros acheteurs de corindons canadiens et qui ont des intérêts dans nos gisements, produisent les qualités suivantes: 10, 12, 16, 20, 24, 30, 36, 46, 54, 60, 70, 80, 90, 100, 120, 150, en même temps qu'un certain nombre de potées marquées F, FF, FFF, FFFF, et SF d'après la finesse. Les degrés de dûreté des meules vitrifiées sont au nombre de 18. G indique la plus tendre, et Z la plus dure. Les meules au silicate sont numérotées de } à 7 et comprennent 13 qualités. On désigne de la même façon, mais avec la lettre E précédant les chiffres, les meules fabriquées par la méthode “élastique”. Chaque lettre ou chiffre indique un degré de dureté plus granci que la lettre ou le chiffre précédent. Toutes les meules -ont soigneusement comparées à des étalons gardés à l'usine. Les diamètres des meules fournies par la compagnie vont jusqu'à 60 pouces et l'épaisseur jusqu'à 4. Une meule de 60 pouces de diamètre et de 4 pouces d'épaisseur pèse 944 livres. La fabrication des meules vitrifiées occupe environ 90 pour cent des usines. Les meules élastiques sont surtout appréciées pour les travaux exigeant un outil mince, aussi sont elles fabriquées avec des épaisseurs allant de 8 pouces à }$ de pouce, et des diamètres allant de 12 pouces à } de pouce. On en fait également de toutes dimensions, jusqu'à 36 pouces. Elles sont employées aux ouvrages de finition, et ce sont le: seules qui conviennent au polisage de l'aluminium.
1 Geol. Écon. de l'Inde. 1ère Partie. Corindon 1898, p. 56.