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ou absents dans les amas qui contiennent du corindon. Presque toute la magnésie s'est combinée à l’alumine pour former des spinelles et ce n’est que lorsqu'il y a un manque de magnésie qu'il se produit du corindon. De plus, dans les magmas contenant plus de silice qu'il n’en faut pour former les feldspaths, c'est de la cordiérite qui apparaît; comment donc, se demande Teall, de l'alumine cristallise-t-elle au sein d'un magma silico magnésien ? Pourquoi ne se forme-t-il pas au contraire du spinelle et de la cordiérite.
Teall propose d'expérimenter la solubilité de l’alumine dans un magma de péridotite ou de dunite; l’'alumine devant alors, d’après la théorie de Pratt, se séparer à l'état de corindon. Lawson' en commentant également la description de Pratt s'exprime ainsi: les grands gisements de corindon associés à la péridotite de la chaîne Apalachienne et décrits par Pratt semblent être des produits de concentration près de la zone contact, et seraient plutôt d'origine secondaire que d'origine ignée primitive.”
La présence du corindon signalée par Pratt? dans une syénite d’un gros contrefort entre les rivières Gallatin et Madison dans le comté de Gallatin, Montana, rappelle beaucoup les gisements analogues de l'Ontario, de l'Inde et de la Russie. Le facies normal de la roche est un peu gneissoïde; le corindon s'y trouve finement divisé en petits grains et cristaux empatés dans une gangue essentiellement formée d'orthoclase et de biotite. Dans le facies pegmatitique, les gros cristaux de corindon varient d'un pouce à huit pouces de longueur et on en a rencontré quelques-uns qui pesaient jusqu’à 2 livres. Les faces les mieux développées sont celles de la zone du prisme. La couleur varie du gris bleuâtre à l'incolore. La proportion de corindon est forte; certaines petites veines sont du corindon presque pur; les grosses en contiennent de 10 à 70 pour cent. La syénite à corindon forme une bande de 8 à 10 pieds de large et peut contenir en moyenne de 5 à 10 pour cent de corindon.
En Russie, Morozewicz a décrit une roche à anorthite et corindon contenant, en outre, du spinelle et de la biotite, et, comme produits accessoires, de l’apatite et du zircon.
Les produits de formation secondaire sont de la muscovite, de la chlorite, du kaolin et du minerai de fer chromé. Les éléments primitifs ont cristallisé dans l'ordre suivant au sein du magma; zircon, spinelle, corindon, anorthite et biotite. Cette roche, que Morozewicz a proposé d'appeler “Kyschtymite”# se rencontre en stocks ou en très gros dykes, accompagnée de granite et de serpentine, au voisinage de la rivière Borsowka, ausudd’Ekaterinebourg, dans les monts Oural. Elle se présente
1 Bull. Dept. Geol. Univ. Cal. Vol. III, n° 8, p. 221.
: Bull. n° 269, U.S.G.S. 1906, pp. 48 et 133. 4 D'après le dristrict de Kytschtym dans les monts Oural, où se trouve cette roche.
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avec un grain moyen ou fin, et c'est au milieu d'une grisâtre que l'on aperçoit les cristaux de corindon, tantôt en longs prismes hexagonaux, tantôt en petites pyramides. Cette pâte d'ancrthite fut une des premières gangues qu'on ait décrite pour le corindon, et une de celles qui a attiré le plus l'attention des géologues: par contre c'est une des plus rares. On en a signalé également dans l’Inde et aussi dans l'Ontario, mais partout cette roche particulière est évidemment beaucoup moins répandue que les syénites et les anorthosites acides à corindon.
À côté de cette roche à anorthite, Morozewicz a décrit d’autres types de roches riches en corindon, qui sont plus acides et qui ressemblent très étroitement aux types analogues qu'on a décrits récemment dans le Montana, l'Inde et l'Ontario. Ce sont des roches feldspathiques, particulièrement acides, auxquelles il donne le nom de pegmatites à corindon et syénites à corindon. Le feldspath y est presque toujours de la microperthite, composé d'orthoclase et albite souvent maclés Carbsbad. Le feldspath enchasse de longs cristaux hexagonaux de corindon bleuâtre qui parfois atteignent 4 pouces de longueur par près d'un demi pouce de largeur. En outre du corindon, cette gangue de feldspath contient de petits cristaux de rutile et des espèces de courts batonnets d’apatite et de zircon. Comme produit secondaires, il y a du kaolin et de la limonite. Quelques petits prismes brillants et d'un noir opaque minéral inconnu apparaissent également au milieu de l'orthoclase et du corindon.
La syénite à corindon est essentiellement composée de corindon, d'orthose et de biotite et forme des ségrégations au milieu du granite; certaines variétés sont riches en biotite et d’autres pauvres. Dans les premières variétés le corindon est en larges plaques foncées, tandis que dans les dernières il est en courts cristaux prismatiques d’une couleur bleuâtre. On considère que le corir.don joue là le rôle du quartz dans les granites ordinaires.
On n'a encore jamais trouvé de corindon dans la syénite à néphéline (miascite), mais comme cette roche fait partie du même complexe igné, et, par son origine, se rattache, suivant Morozewicz, aux roches habituellement riches en corindon, il est raisonnable de supposer qu'on pourra trouver une syénite à néphéline contenant du corindon.
Morozewicz considère que la plus grande partie des roches ignées sont des produits de magmas alumino-siliceux, et, en partant de ces
deux éléments, il divise les roches en deux groupes qu'il désigne respectivement par A et B.
Groupe ‘A’.
(1) Magmas sursaturés d'alumine tels que les syènites à corindon.
(2) Magmas saturés d'alumine, tels que les syénites. (3) Magmas non saturés d'alumine, tels que les gabbros.
Groupe ‘‘B”.
(1) Magmas sursaturés de silice, tels que les granites.
(2) Magmas saturés de silice tels que les syénites.
(3) Magmas non saturés de silice, tels que les syénites à néphéline,
Il serait imprudent, dans l'état actuel de nos connaissances d'affirmer catégoriquement que le corindon doit être considéré comme un élément primitif de certaines roches ignées. On peut concevoir, et c'est même probable, que certains gisements de corindon sont secondaires, mais les travaux de ces dernières années ont montré l'existence de gros amas de roches très alumineuses, du type syénite ou gabbro, dans lesquels le corindon est un élément essentiel et très important. Ces gisements ne sont pas limités à une seule localité; on les a signalés et décrits avec détail en Russie, aux Indes, en Californie, dans le Montana, dans le Colorado et dans l'Ontario. On sait aussi qu'il existe dans la chaîne des Apalaches des roches de composition semblable, couvrant probablement de très grands territoires.
À côté de ces gisements de corindon, qu'on doit considérer comme issus directement et sans intermédiaire de magmas silico-alumineux, aussi bien naturels qu'artificiels, il existe des gisements dans lesquels le corindon, provient de phénomènes métamorphiques de contact autour de certains massifs ignées. Le corindon se rencontre ussi en inclusions dans certaines roches plutoniques, dykes, produits volcaniques, laves et conglomérats. L'origine ignée du corindon étant prouvée, il semble raisonnable d'admettre qu’un certain nombre de gisements erratiques de corindon sont des produits de cristallisation de magmas.
Les résultats des brillantes expériences synthétiques et des travaux de Joseph Morozewicz, bien que publiés seulement en 1899, sont bien antérieurs aux conclusions que nous venons d’énoncer et qui proviennent de l'examen de gisements naturels de corindon. Ces expériences, qui durèrent près de six ans, et qui furent faites dans un four Siemens de verrerie de Varsovie, apportent une explication complète et rationnelle des phénomènes qui accompagnent la formation du corindon dans les magmas feldspathiques ou syénitiques. Par ces expériences, Morozewicz non seulement démontre l’origine ignée du corindon, mais encore, indique clairement les particularités de composition de la roche mère encaissante.!
La simplicité des gisements canadiens de corindon, qui forment en
1 Experimentelle Untersuchungen über die Bildung der Minerale im Magma” Techermak's Min. und.
pet. Mitth.tome XVIII Vol. 12 et 13 pp. 1-90, 105-240; 18 planches, 1898. Revu par T. A. Jaggar. jun. Journ. of Geol. Vol. VII, 1899, pp. 300-313.
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même temps un tout complet, le caractère de fraîcheur et de conservation des minéraux associés, enlèvent immédiatement tous les doutes sur le caractère igné et primitif de ce minéral. Toutes les analyses chimiques qu'on a faites confirment remarquablement l'accord entre les gisements naturels de corindon et la loi énoncée par Morozewicz à la suite de ses observations sur la façon dont se consolident les magmas artificiels.
Morozewicz a montré par l'expérience directe que dans les magmas sursaturés de silice et d'alumine, dont la composition générale est RO, m Al:Os, n SiOs (où R = K3, Nas ou Ca et ou n = 2) tout l'excès d’alumine se sépare soit à l'état de corindon, s’il n'y a pas beaucoup de MgO ou de FeO, et si n n'est pas infériew à 6; soit à l’état de sillimanite et corindon si n est supérieur à 6; soit à l'état de spinelle ou spinelle et corindon si le magma est riche en magnésie et si n est inférieur à 6; soit à l'état de cordiérite ou de cordiérite avec un ou plusieurs autres minéraux, si le magma est riche en magnésie et si n est supérieur à 6. L'absence de «rindon dans les syénites à néphéline de l’Inde s'explique, pour Holland, par le fait que ces roches contiennent trop de FeO et de Mgo, ainsi qu'on peut s'cn assurer par l'analyse. Pour lui, l'abondance de fer et de magnésie dans la syénite à néphéline, et la rareté de ces mêmes minéraux dans la syénite à corindon, suffisent à expliquer l'abondance d’alumine libre dans cette dernière roche et l'absence dans la première. On observe une même pauvreté en fer et alumine dans les syénites canadiennes à œrindon, ce qui avec la h.ute teseur en alumine du magma, explique le développement du corindon dan ieur sein.
Nous donnons ci-dessous, d’après les analyses, la quantité moléculaire des divers oxydes dans les roches à corindon du Canada, ainsi que dans les syénites et pegmatites à corindon de la Russie et de l'Inde; il en sera facile de faire la comparaison.
Le rapport de K:0 à Na:0, en molécule, varie de à à 4 dans les anorthosites à corindon. Dans les pegmatites à corindon de la Russic
Pegmatite à corindon P:ymatite à corindon
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(Anorthosite à oligoclase) Hi (Anort
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