‹ Le Cornage Chronique Chez Le Cheval Et Son Traitement Chirurgical Par L'Opération De WilliamsChapitre 5 sur 15 · NOTIONS GÉNÉRALES ET SUCCINCTES SUR LE CORNAGE CHRONIQUE · texte numérisé non relu

NOTIONS GÉNÉRALES ET SUCCINCTES SUR LE CORNAGE CHRONIQUE

1° Définition.

Le cornage chronique est un bruit particulier et anormal qui accompagne les mouvements d'inspiration et d’expiration ; il est l’expression d’un rétrécissement ou d’une obstruction plus ou moins accentué des premières voies respiratoires. Les chevaux, ânes et mulets qui en sont atteints sont appelés corneurs.

Le cornage est le plus souvent intermittent, plus rarement rémittent.

Les caractères du cornage chronique sont essentiellement variables. Tantôt, le bruit perçu est sonore, métallique, tantôt il constitue une sorte de sifflement, quelquefois même on n'entend qu’un bruit très léger connu autrefois sous le nom de « halley ».

Les manifestations du cornage chronique varient avec les animaux. Ordinairement intermittent, le cornage n'apparaît généralement que pendant le travail, sous l'influence d’un effort plus ou moins intense et prolongé. Si l'effort demandé est par trop violent ou d’une durée trop longue, l’animal ne tarde pas à présenter de la dyspnée d’abord et des symptômes d’asphyxie ensuite; si l’animal n’est pas immédiatement arrêté à ce dernier stade et si la température est un peu élevée, comme cela se produit en juillet, août, pendant les travaux de la moisson, la mort peut s’ensuivre.

eee Le cornage au repos est beaucoup moins fréquent ; il n’est cependant pas très rare et serait dû, d’après U. LEBLANC, à un œdème de la glotte ; ce cornage au repos s’observe surtout lorsque l’animal commence à manger l’avoine.

20 Causes du Cornage.

Le cornage chronique est généralement dû à la paralysie des aryténoïdes (95 p. 100). Cette paralysie peut être uni ou bilatérale, elle est le plus souvent unilatérale et presque toujours localisée au côté gauche.

Le professeur HoBpaAY n’a, sur plusieurs centaines d’opérés, trouvé qu’un seul cas de paralysie droite; pour notre compte, nous avons quelquefois trouvé des aryténoïdes droits fonctionnant plus ou moins bien (ce que, dans ce dernier cas, l’on pourrait qualifier de parésie), mais jamais nous n'avons observé jusqu'ici de paralysie complète droite seule. Par contre, nous avons rencontré, dans un certain nombre de cas, des paralysies doubles, paralysies qui d’ailleurs n’ont souvent aucun rapport avec l'intensité du cornage.

Ces paralysies aryténoïdiennes, simples ou doubles, surviennent généralement à la suite de bronchites, pneumonies, gourme ; elles sont le résultat de l’inflammation du nerf laryngé iuférieur correspondant, il peut y avoir aussi compression de ce nerf par les ganglions bronchiques hypertrophiés et la différence de rapports des récurrents à leur point d’émergence des pneumogastriques explique la fréquence des paralysies à gauche et leur rareté à droite. Normalement, lorsque les aryténoïdes se rapprochent par l’action des muscles constricteurs (crico-aryténoïdien latéral, thyro-aryténoïdien), les cordes vocales se rapprochent du plan médian et la glotte se contracte ; au contraire, lorsque les aryténoïdes s’écartent par l’action des muscles dilatateurs (erico-aryténaïdien postérieur), les cordes vocales s’éloignent et la glotte se dilate. Dès que par suite de dégénérescence ou d’atrophie les divers muscles ne peuvent plus remplir leur rôle physiologique, l'ouverture supérieure du larynx, dont les dimensions transversales sont déjà diminuées, ne peut plus s’agrandir et elle

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se resserre encore pendant l'inspiration lorsque les mouvements respiratoires sont accélérés. Lorsque la respiration est calme, l’air traverse facilement et silencieusement le larynx, mais dès qu’elle est activée par l'exercice l’aryténoïde gauche, au lieu d’être porté en haut et en dehors par l’action du crico-aryténoïdien postérieur, se déplace en sens inverse, il se porte en bas et en dedans vers la glotte et le cartilage aryténoïde opposé, entraînant la corde vocale ; l’entrée du larynx est ainsi rétrécie, la respiration devient insuffisante et le cornage apparaît.

Ce sont les GUNTHER, père et fils, de l'École de Hanovre, qui, successivement, en 1834 et 1845, entreprennent une série de recherches sur ce sujet et mirent nettement en évidence l’occlusion glottique provoquée par le gonflement du ventricule laryngien consécutif à la flaccidité de la corde vocale. Le mouvement de bascule de l’aryténoïde et sa pénétration dans le sinus de la glotte en sont la conséquence.

Le cornage peut être dû également à d’autres causes (malformation ou tumeurs des premières voies respiratoires, kystes du larynx, resserrement anormal du larynx lui-même etc), mais il est bien évident qu’alors l’opération de WrL- LIAMS n’a plus aucune raison d’être (Observation X.)

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