CANAUX DE GAERTNER
J'ai déjà signalé la très grande inégalité qu'on observe chez les mammifères, même d'espèces fort voisines, dans la précocité et le degré de l'atrophie que subissent les différentes parties du corps de Wolff.
Cette inégalité n'est nulle part plus prononcée que pour les canaux de Gaertner qui, après avoir existé, on est en droit de l'afllrmer, chez les embryons femelles de tous les mammifères, ne se retrouvent cependant que chez un très petit nombre de ces derniers parmi lesquels nos espèces domestiques ^solipèdes, ruminants, porcins, rongeurs) ont été surtout étudiées à ce point de vue.
Si je limitais mon élude à l'espèce humaine, je n'aurais rien à dire de ces canaux puisqu'ils n'existent pas chez la femme (du moins normalement après la naissance, car j'ai rappelé l'intéressante observation de Beigel qui les a déco»Jverts chez le fœtus de huit et neuf mois), mais je ne dois pas négliger les données, que fournit ici l'anatomie comparée à l'histoire des corps de Wolff. Toutefois, après les développements (|iie j'ai donnés à propos de la destinée du canal de Wolff (Voy. chap. IV), je n'aurai ici que peu de chose à ajouter.
Vus par Malpighi, décrits par Gaertner et par Jacobson, déterminés par Rathke, par Cosie et par FoUin, les canaux de Gaertner, chez la vache par exemple, sont deux longs conduits ou cordons logés dans l'épaisseur des parois latérales du vagin et de l'utérus, puis longeant dans le ligament large la corne de l'utérus et la trompe, et venant se terminer dans ou près un organe de Rosenmuller plus ou moins développé.
A leur extrémité inférieure, ils s'ouvrent par un orifice voisin du méat dans lésinas uro-génital ou vestibule du vagin.
Dans leur portion utérine inférieure, et vaginale, ces conduits présentent des diverticuleslatéraux glanduliformes qui rappellent, comme l'a indiqué Banks, la portion glandulaire des canaux déférents.
Ces canaux offrent des renflements et des rétrécissements irrégulièrement disposés, rétrécissements qui peuvent même interrompre la continuité du canal et sont dûs à l'atrophie complète en ces points du canal primitif de Wolff.
Chez les rongeurs \ par une raison semblable, les canaux de Gaertner, limités à une certaine longueur du vagin, sont ouverts à leurs deux extrémités.
Les parois de ces canaux sont formées, d'après Follin par une enveloppe externe fibro musculaire et une couche interne d'épithélium pavimenteux. — On retrouve des débris de cet épithélium dans le liquide qui existe dans ces canaux.
1. Ahlot>g. — Etude sur les organes génitaux du Jièvre, du lapin et du epnride, Journal (T Aiiat. de Ch. Robin, 1868,
Vùult.