HISTORIQUE
Comme le fait remarquer BischofF, c'est un fait des plus curieux de l'embryologie que la formation des organes génitourinaires soit précédée dans les trois classes supérieures des animaux vertébrés, et cliez l'homme, du développetïient d'un orgaD? pair, extrêmement remarquable, qui a les rapports les plus l/itimes avec eux et qui pourtant n'existe que pendant la vie embryonnaire, en grande partie même durant ses |)ermières périodes seulement. 11 est possible que les anciens observateurs, Malpighi, Fabrice d'Acquapendente, elc, aient vu cet organe, mais les traces de leurs connaissances à ce sujet sont si incertaines et si équivoques qu'on est fondé à considérer WoKf conime le premier qui s'en soit fait une idée exacte.
On nous pardonnera de donner ici quelques renseignements biographiques sur cet homme d'un génie profond, dont le nom est inscrit en tête de cette thèse et reviendra si souvent dans le cours des pages qui vont suivre. Cette digression his-
torique ne saurait être déplacée au début de ce travail, et elle en sera comme l'Invocation préliminaire.
Parmi les hommes qui ont joué, dans les sciences biologiques, le rôle ingrat de précurseur, un des plus grands sans contredit et un des plus longtemps méconnus fut Gaspard- Frédéric Wolff, né en 1733 d'un humble tailleur allemand, mort en 1794, presque ignoré quoique médecin de l'impératrice Caiherine de Russie, et auquel la postérité a rendu enfin la place qui lui est due dans l'histoire des progrès de la science de l'homme. Car Wolff, i>ir sempiternae glorise, comme dit Baër, a d'autres titres à la gloire que le mérite relativement facile d'avoir découvert l'organe auquel on a donné son nom. Il est, en effet, le véritable fondateur de l'embryologie et il y a déjà plus de cent vingt ans, en 1759, à peine âgé de vingtsis ans, il posait dans sa thèse doctorale intitulée Theoria generationis les bases d'une doctrine nouvelle du dévelo[>pement qui devait être la doctrine de l'avenir, mais qui, à celle époque, ne réussit pas à délruire la théorie alors régnante de l'emboîtement des germes. D'autres travaux qui suivirent cette thèse fameuse et notamment le traité de fonnatione inlestinorum nous étonnent encore aujourd'hui par l'exactitude des observations et la profondeur des vues générales de leur auteur. Mais ces vues restèrent ignorées ou furent violemment combattues et ce n'est que plus de cinquante ans après que les savants, échappant à la tyrannie scientifique d'IIaller « le pape de la physiologie comme on l'a appelé », commencèrent à rendre enfin aux travaux de Wolff une réparation méritée, mais doublement tardive, car elle était postlunne.
C'est donc Wolff qui le premier a découvert chez les oiseaux ces organes si intéressants qui se montrent vers le 4* jour sur les côtés de la colonne vertébrale sous l'aspect d'une masse polypiforme, et qui pour lui étaient les reins eux-mêmes eu voie de développement. Il les figura d'abord dans sa thèse inaugurale — Theoria generaiionis — soulenue à Halle en 1 759, mais ce n'est que plus tard qu'il en donna une description détaillée dans son mémoire De formatione intestinorum (St-Pétersbourg 1767). Toutefois les observations de ce grand pbysiologiste sur ces organes nouveaux restèrent incomplètes, car il ne suivit pas les diverses phases de leur évolution.
Dzondi ' les observa pour la première fois chez les mammifères en 1806 et les prit aussi pour les reins. La même année Oken' publiait aussi des observations fort exactes sur ces mêmes corps qu'il avait étudiés chez les mammifères, et moutrait que chacune de ces deux glandes est pourvue d'un canal propre. Bien que ses études ne l'aient amené qu'à des présomptions sur le rôle de ces corps dans la formation des organes génitaux internes, il arriva néanmoins à cette conclusion formelle que les reins définitifs sont tout à fait indépendants des corps de Wolff, tandis que les organes sexuels ont avec eux des relations plus directes.
.T. Fr. Meckel (1812) qui s'était pénétré de la valeur des travaux embryogéniques de Wolff et qui avait traduit en allemand le ménïoire de ce dernier sur la formation des intestins, proposa le premier une hypothèse qui paraît avoir été le point de départ de recherches si importantes, dans l'histoire de ces corps, de Ralhke et de Muller. Il admit, en effet, que les ban-