NEURASTHÉNIQUES (FAIBLESSE IRRITABLE
1° Rég-ime alimentaire réduisant au minimum les fermentations anormales, source fréquente d'empoisonnement pour le cerveau. Ce régime supprime l'alcool et les excitants du système nerveux (vin, café, liqueurs, etc.), les sucreries, les aliments acides, les aliments gras, les conserves alimentaires, les viandes faisandées, les mets épicés, les poissons lourds, les crudités, les légumes indigestes.
L'enfant ne boira que de l'eau ou du lait.
Les accès de colère étant, chez lui, des réactions nées sur un fond de faiblesse, il faut lui donner une alimentation assez riche en principes nutritifs, des œufs, des poissons
légers, de la cervelle, du ris de veau, des purées de lentilles et de légumes verts, de la viande plutôt un peu cuile (veau, poulet, bœuf et mouton), du pain rassis ou grillé, enduit de beurre de bonne qualité et fortement saupoudré de sel gris.
2° Son petit règlement de vie devra être fixé une fois pour toutes et exécuté avec une parfaite précision. 11 s'éveillera, mangera, travaillera, s'amusera, se promènera et s'endormira toujours à la même heure. Le dimanche même, il faudra lui faire faire, le matin, une heure de travail. J'ai connu un petit garçon qui n'avait guère d'accès de méchanceté que le dimanche : son humeur s'est montrée beaucoup plus égale depuis que j'ai conseillé de lui donner une leçon supplémentaire ce jour-là.
La régularil*' de vie osl ici d une importance primordiale. L'ciifatil, sachant que, quoi qu'il fasse, telle heure de la journée appelle tel genre d'exercice, ne se révoltera
bientôt plus contre l'inévitable : combien fréquemment ces jeunes cerveaux ne se laissent-ils aller aux démonstrations violentes que dans l'espoir secret qu'on cédera pour obtenir la paix! La seule façon de n'avoir jamais à se fâcher contre un enfant, c'est de ne pas laisser naître en lui l'espérance inutile de jouer une demi-heure de plus ou de se coucher un quart d'heure plus tard.
3° Le petit nerveux se trouvera bien de pratiques hydrothérapiques (tub quotidien, drap mouillé, friction au gant de crin suivie d'une lotion à l'eau alcoolisée). La gymnastique et le jeu au grand air le fortifieront méthodiquement, tout en faisant dérivatif à ses excès momentanés de tension nerveuse.
4° Comme médicaments, un peu d'huile de foie de morue en hiver, quelques préparations phosphatées en été.
C'est en lui donnant progressivement de la force, c'est en procurant du ton et, comme
"on dit, de l'assielte à son syslènie nerveux qu'on meltra fin à ces réactions vives dont la faiblesse même est la cause prédisposante. Guérir un de ces jeunes neurasthéniques de sa débilité, c'est le guérir du même coup de son irritabilité.
B. — Traitement de la colère chez LES enfants hyperstuéniques.
i° Régime alimentaire moins tonique que le précédent; alimentation quasi végétarienne (à l'exception, bien entendu, des légumes indigestes, comme les asperges, les choux, les haricots, etc.).
2° Vie au grand air. Exercices physiques fréquents, marches un peu prolongées.
3" Comme médicaments, du bromure de potassium, donné à la façon moderne, c'està-dire associé à des toniques du cœur (digitale, adonis vernalis), ou mieux aux injections hypodermiques de sérum arliliciel.
4° Donner au moins trois fois par semaine
un bain électrique statique, ou d'eau salée.
Soignés un peu comme des névropathes à convulsions musculaires — -Maudsley appelle leurs colères des « convulsions psychiques » — ces méchants petits hommes s'améliorent ordinairement d'une manière inespérée.
Quand ils sont nés d'un père trop imprégné d'alcool, leur maladie résiste quelquefois aux traitements les plus actifs. N'oubliez pas cela, jeunes hommes qui ne savez plus vivre sans apéritifs, rouges-bords, petits verres, bocks entassés à votre table de café. Vous aurez un jour des enfants dont la méchanceté vous surprendra et vous irritera très fort, et que vous fouetterez violemment pour les punir des excès que vous aurez commis dans le temps où vous leur avez communiqué la vie.
Nous ne serons que d'abominables sauvages tant que nous ne prendrons pas conscience des devoirs que nous impose, dès notre adolescence, notre paternité future.