CHAPITRE IX
Les facultés de l'âme. — Le libre arbitre chez l'enfant.
Sommaire. — L'Intelligence ; ses conditions essentielles. — Mécanisme de la Conscience. — La Personnalité. — La Volonté: vouloir pour agir: vouloir pour refréner une impulsion. — Le libre vouloir chez l'enfant. — Conséquences au point de vue de Tinstruction et de l'éducation.
L'effort d'attention que j'ai réclamé de vous, en vous promenant, pendant deux causeries, dans ce pays nouveau pour vous qu'est le cerveau de voire enfant, va maintenant avoir sa récompense. Vous allez pouvoir vous faire une idée toute simple, toute tangible, toute pratique des facultés de l'àme, et comprendre du même coup com-
ment leurs maladies — car elles ont des maladies — sont à portée de votre main, et peuvent être atteintes par une hygiène bien entendue.
Remémorez-vous un instant cette géographie de l'écorce cérébrale, cette structure et cette disposition des cellules, des neurones et de leurs modes d'association que nous venons d'explorer ensemble, et, de vousmêmes, vous en tirerez les définitions qui vont suivre. Ces définitions, toutes physiologiques et nullement métaphysiques, ne s'appliquent, bien entendu, qu'au mécanisme cérébral où l'iime est contrainte de se mêler étroitement pour le temps de sa vie terrestre.
Partout éparse dans la substance grise, l'Intelligence estsimplementle vasteenscmble des Images apportées au cerveau par les nerfs sensilifs, et conservées par cette pro-
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priété de la cellule cérébrale qu'on nomme la Mémoire; c'est la possibilité, pour ces imag-es, de se comparer, de se difFérencier, de s'ajouter, et de devenir ainsi des Idées, lesquelles ne sont que des synthèses, que des abréviations d'images groupées et fondues ensemble. C'est vers l'âge de trois ou quatre ans que commencent ces premières ébauches de synthèse, de généralisation, d'abstraction, et c'est aussi vers cette époque qu'apparaît, dans l'écorce grise, ce vaste réseau ou — pour parler plus exactement — ce feutrage de fibres transversales, de neurones d'association, dont Flechsig en Allemagne, et Pitres en France, nous ont révélé la fonction. La richesse d'une intelligence est dans le nombre de ces fibres, c'est-à-dire dans le nombre des associations d'images et d'idées dont elle peut disposer. Mais, pour qu'elle soit puissante, toujours éveillée, constamment disponible, il faut encore une condition : un haut degré de vitalité, une nutri-
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lion vigoureuse de l'organe cérébral. Nous verrons par la suite quelles ressources la thérapeutique et riiygiène mettent à notre disposition pour raviver un esprit d'enfant 1 attardé, lourd, endormi.
Mais poursuivons notre nomenclature des facultés de l'âme.
Depuis que nos mondaines se sont éprises de romans psychologiques, depuis qu'elles hsent Bourget et Barrés, les mots de Conscient et d'Inconscient fleurissent souvent sur leurs lèvres. Elles en comprennent le sens — tout le monde en comprend le sens — que je demande cependant la permission de préciser un peu, au point de vue du mécanisme cérébraldontnousdémontons ensemble les rouages.
Il y a Conscience quand une sensation actuelle, apportée au cerveau par un nerf do