DESCRIPTION DE LA PEAU
Au point de vue de l'inspiration puisée dans la forme humaine, la beauté des madones de Raphaël et les admirables peintures des Vénitiens nous impressionnent peut-être encore plus que la statuaire. Sous le pinceau des grands maîtres, c'est l'homme même que Ton voit. Quoi de plus beau que la Vierge à la Chaise ou que cette Violante, peinte par Giorgion et dont Venise possédait autrefois la resplendissante image ?
Dans la sculpture, la forme seule nous apparaît ; la peinture ajoute au modèle l'illusion de la couleur et la transparence des tons; les figures du statuaire ont la justesse du mouvement, la correction et la souplesse des formes; le peintre anime les siennes, il donne à leurs yeux la lumière et la vie, enfin il fait circuler le sang dans la peau, qu'il semble dérober au modèle vivant.
La peau est un tissu membraneux, résistant et flexible, d'une épaisseur et d'une densité variables suivant les régions, qui revêt tout le corps et complète sa forme en adoucissant les contours. Elle adhère et s'unit intimement au tissu cellulaire sous-cutané par des prolongements fibreux. Sur quelques points elle reçoit des insertions aponévrotiques, comme à la paume de la main et à la plante du pied; sur d'autres, comme au cou, les fibres musculaires s'insèrent au tégument et se mêlent aux fibres de sa couche profonde. On remarque sur la peau des plis, temporaires ou constants, qui, résultant de la flexion des parties ou de la contraction des muscles, deviennent plus prononcés avec l'âge et sont plus ou moins nombreux et profonds suivant la maigreur ou l'embonpoint des sujets.
La peau ghsse sur les organes dans des limites va-
riables, selon que le tissu cellulaire qu'elle entraîne avec elle est plus lâche ou plus serré, suivant aussi qu'elle-même est plus mince ou plus épaisse. C'est ainsi que, mobile à la face dorsale de la main et des pieds, à la face antérieure du col, à la surface des membres,^ elle est presque fixe au crâne, à la paume de la main, à la plante du pied, etc.
Elastique, très extensible et très-résistante, elle supporte, sans se déchirer, des pressions et des chocs violents, kmbi dans certaines blessures par arme à feu, on voit le projectile pénétrer à travers les vêtements jusqu'^à la peau et broyer les organes qu'elle recouvre, san& l'entamer elle-même.
La peau est l'organe du tact, toute sa surface est douée d'une sensibilité qui devient très-délicate sur plusieurs points. Constamment en rapport plus ou moins immédiat avec l'atmosphère, elle transmet à l'économie rinfluence des agents extérieurs; enfin, c'est à travers son tissu que sont éliminés en partie les liquides et les gaz qui doivent être rejetés au dehors comme produits ultimes et abandonnés de la nutrition.
Cette fonction d'exhalation continuelle fait de la peau un régulateur de la température du corps. Lorsque, soit par le mouvement, soit par une aulre cause interne ou externe, la température de l'organisme s'élève, aussitôt la sueur apparaît, et le refroidissement que détermine son évaporation ramène la température du corps à ses limites normales. Lavoisier a donné le premier cette juste appréciation du rôle de la transpiration, rôle doublement important par ses résultats utiles et par les conséquences fâcheuses qui peuvent résulter de sa perturbation.